‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 290 sur 312 · D’après un renseignement que je dois à M. Pottier · texte numérisé non relu

D’après un renseignement que je dois à M. Pottier

2. Sur notre pl. XVI, b, la photographie a déformé les jambes du guerrier qui se présente de face.

3. Voici, à titre d’exemple, la description du bol égpytien en forme de calice, qui se trouve au Musée Fol à Genève : « Coupe... à glaçure rosée, brune, violacée, bleuâtre et argentine... » ( Catal . Mus. Fol, II, p. 521. n° 3695).

des nuances dégradées, qui donnent à penser que les potiers égyptiens n’avaient pas encore la maîtrise de ce procédé.

Dans leur ensemble1, les autres vases, skyphoi, « modioli », etc..., ont un émail parfaitement uni et sans accident de cuisson. Quand un même vase présente des teintes différentes, ces teintes ne se dégradent pas, mais s’opposent nettement et de la façon qu’a désirée le potier.

Aucun de ces vases ne provient d’Egypte. Le fait est essentiel. S’il s’agissait de spécimens rares, s’il s’agissait d’une industrie passagère et due à quelque caprice de la mode, il n’y aurait aucune importance à attacher à cet « argumentum ex silentio ». Mais les Grecs d’Alexandrie ont eu pour les porcelaines le même engouement que les anciens Egyptiens ; et l’Egypte ptolémaïque nous en a fourni des exemplaires innombrables. Or, parmi tous ces exemplaires, il ne se trouve pas un seul skyphos à décor végétal, pas une tasse à squelettes, pas le moindre vase qui puisse pour la technique être rattaché aux skyphoi.

Il faut donc évidemment chercher hors d’Egypte l’origine de ce deuxième groupe. Les provenances connues sont les suivantes : Smyrne (trois skyphoi et une tasse à squelettes), dans le commerce à Constantinople (deux skyph.), collection privée des Dardanelles (un skyph.), Syrie (un skyph.), Angora (un lécythe), Macédoine (une tasse à squelettes et une cruche), Russie Méridionale (deux skyph., deux canthares) 2, Italie (P) (deux cruches), au total huit exemplaires d’Asie Mineure et de Cos, deux de Macédoine, quatre de Russie Méridionale 3.

Ni la Macédoine, ni la Crimée ne peuvent être envisagées ici. Qu’il y ait eu dans ces pays des potiers produisant des vases de faïence, cela est des plus probables ; certains des exemplaires qui en proviennent présentent des caractères

1. Un skyphos de Smyrne ( Arch . Anz., 1917, p. 55, fig. 1) fait exception.

2. Ajoutons qu’un vase décoré de squelettes a été trouvé en Troade (Schmidt, Schliem.-Samml., n>° 3996).

3. M. Zahn (op. I., p. 292) connaît d’autres vases émaillés de cette prove-

nance.

LES VASES ÉMAILLÉS

très particuliers, dus sans aucun doute à une fabrication locale. Mais il est à peine besoin de dire que ni la Macédoine, ni la Crimée ne peuvent avoir été les centres d’une industrie assez active pour se livrer à l’exportation.

En revanche, des arguments sérieux militent en faveur d’une origine asiatique. La glaçure plombifère s’est introduite d’assez bonne heure en Asie, où elle semble d’abord avoir servi surtout à revêtir des terres cuites : on connaît des figurines de faïence provenant de Smyrne \ de Cymé 1 2, de Tarse en Cilicie 3, dont certaines sont probablement antérieures aux vases émaillés.

On remarquera de plus que certaines particularités des skyphoi à décor végétal nous ramènent vers l’Asie Mineure, et plus particulièrement vers Pergame. Nos skyphoi émaillés sont très semblables de forme à ceux de Pergame (comparer notre fig. 112 et notre pl. XVI, a) ; les anses d’un type si particulier, avec leurs anneaux garnis de languettes, ne se trouvent, en dehors des vases de faïence, que dans les vases à reliefs pergaméniens (voir fig. 99) ; les tasses à squelettes ne sont pas sans analogies avec des tasses cylindriques de Pergame (voir fig. 97, I). Et surtout, dans l’une et l’autre série, l’esprit de la décoration est pareil ; ces guirlandes de feuilles, si exceptionnelles dans la. céramique ou la toreutique d’inspiration alexandrine, sont caractéristiques au contraire des skyphoi, qu’ils soient revêtus d’émail ou de glaçure ; la différence tient uniquement au procédé : ce que les potiers pergaméniens ont exécuté d’une manière quelque peu hâtive et par des moyens «industriels», ce qu’ils ont produit « en séries », comme on dirait aujourd’hui, les fabricants de skyphoi émaillés l’ont accompli avec plus de goût, en y mettant plus de temps, en véritables artistes ; mais, entre les œuvres des uns et des autres, il n’y a aucune différence essentielle. On peut donc admettre, avec la plus

1. Mazard, op. I., p. 36, 71 ; Pagenstecher, Calen. Relieflteram., p. 171 ; Furtwângler, Vasensamml. Berlin, n° 2886.

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