ATELIERS D’ITALIE
part, à soutenir les pithoi, avec lesquels ils ont été trouvés.
Ce sont là deux types de vases que nous avons rencontrés à la fois à Athènes et dans l’Italie Méridionale. Cette ressemblance ne peut s’expliquer que par une influence de la Grèce sur l’Etrurie et non pas par une influence en sens inverse : outre qu’une action étrusque quelconque sur Athènes reste encore à démontrer, on notera que les pithoi athéniens, étant plus simplement décorés, attestent une date plus ancienne, et l'on notera surtout qu’un emprunt de Caeré à Athènes, en ce qui concerne la forme des vases, fait partie d’un ensemble de faits qui attestent le sens et la direction des relations artistiques et industrielles entre les deux pays. Le seul point sur lequel on puisse douter, c’est le chemin pris par cette influence. S’est-elle exercée directement, par des importations d’Athènes, ou indirectement par des importations de Sicile et de Grande-Grèce ? C’est ce qu’on ne peut dire pour le moment.
Dans la décoration des vases de Caeré se juxtaposent des éléments d’origine orientale et des éléments venus d’Athènes et de Corinthe.
On a relevé entre les pithoi et plats de Caeré et certaines œuvres phrygiennes 1 des analogies évidentes, jusque dans certains détails de dessin et de rendu. Mais c’est surtout sous la forme « ionienne » que l’influence orientale s’est fait sentir à Caeré ; c’est à l’art ionien « orientalisant » 2 qu’on peut comparer en effet les torsades, les enroulements, les fleurs-de-lotus et les palmettes, les rosaces, les griffons, les sphinx, les Gorgones, les centaures et Héraklés, les lions, les sangliers, les cervidés, les luttes de taureaux et de fauves, les chars avec roues à huit rayons... L’action exercée par l’art attique et corinthien paraît y être moindre. A l’art attique et corinthien on peut rapporter certains types de r
guerriers coiffés du casque à haut cimier, et des sujets
1. Athen. Milt., XX///, 1895, 15 et J31 ; Arch. Iahrb., XV, 1900, p. 82 et siiiv. : Kôrte, Gordion, (Ves Suppl. Arch. Iahrb.), p. 157 et suiv.