‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 73 sur 312 · C. — Vases ornés de figures en haut-relief · texte numérisé non relu

C. — Vases ornés de figures en haut-relief

Ils présentent quelques particularités communes. La technique de la figure rouge s’y est maintenue d’ordinaire par la couverte noire lustrée qui constitue le fond sur lequel se détachent les sujets en relief, et par les motifs de palmettes, de méandres ou de godrons peints en noir sur rouge ou rouge sur noir qui encadrent le sujet principal. Mais il est à noter que le vernis n’a plus que rarement la belle teinte uniforme de la bonne époque, et qu’il est souvent verdâtre et taché de coups de feu.

La plupart de ces vases sont des lécythes « aryhallisques » à panse sphérique2 qui représentent Dévolution d’un type très rare dans le style à figures rouges. Le col est d’ordinaire élancé et étroit, et se termine en un goulot conique et évasé différent de celui des lécythes funéraires. Le col porte en règle générale un ou deux cercles réservés en rouge à mi-hauteur et, plus bas, une zone de godrons noirs sur fond rouge. Les figures en relief s’arrêtent, à droite et à gauche, à une certaine distance de l’anse ; l’intervalle laissé ainsi libre est souvent garni de palmettes, d’enroulements

1. Ce style italien est caractérisé par une polychromie plus violente, par l’usage plus abondant des dorures (quelques figures se détachent entièrement en or sur le fond noir), par la cannelure de la face postérieure des vases, et par la forme élancée des lécythes.

2. Le lécythe oblong est un produit des fabriques italiennes.

et de volutes réservés en rouge ou peints en barbotine rose ou dorée sur fond noir. Une large bande, sans décor ou décorée de godrons, souligne le sujet L’épaule est souvent ornée de quelques rosettes en relief, disposées en une zone. La base est plate et saillante.

Un type de vases moins courant est celui des petites oenochoés, à panse ventrue, à col large et bas avec un bec trilobé et à base plate1'. Sur le col courent fréquemment, des rameaux de lierre à baies dorées, qui sont particulièrement en usage dans certains ateliers régionaux (Cabirion, Chypre). La pyxis, le deinos, l’hydrie sont des formes tout à fait exceptionnelles.

Les figures sont recouvertes soit d’un engobe diversement coloré, soit, plus rarement, d’une pellicule d’or 2. Dans les vases de la classe C, elles ont été confectionnées par le même procédé que les figurines en terre cuite ; dans les vases des classes A et B, elles étaient obtenues de la façon suivante : l’argile était d’abord poussée dans des matrices, puis retirée, encore molle, et découpée suivant les contours du motif. On avait ainsi une mince lamelle que l’on collait à la barbotine sur la panse encore dépourvue de vernis. Le vernis noir du fond était passé au moment de l’ enfournement, et les couleurs des reliefs au sortir du four. Les couleurs employées dans les trois classes de vases étaient le rose pâle sur les chairs, le brun rougeâtre ou l’or (soutenu par une couleur ocre jaune) pour les chevelures, le bleu pâle, le rose, le rouge, le lilas, le vert ou l’or pour les détails du vêtement et des accessoires ; le vêtement gardait parfois le ton du lait de chaux et ne recevait de touches colorées que dans ses ornements.

Certaines remarques ont conduit M. Brückner 3 à l’opinion suivante : on constate que la surface du moule n’était pas arrondie de manière à épouser la forme convexe d’une panse, mais plane ; il en résultait que l'application de la

1. Les bases hautes semblent spéciales aux lécythes italiens.

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