Ainsi qu’en Italie
3. Anakalypteria, p. 10, 11 (64s Berlin Winckelm.-progr., 1904).
LES VASES A RELIEFS POLYCHROMES
minoe lamelle sur cette panse n’allait pas toujours sans dommages. Ces reliefs étaient donc faits pour décorer des surfaces plates, telles que les faces d’une cassette à bijoux par exemple et non point des objets sphériques comme nos lécythes.
Gette supposition est inexacte ; si l’on examine l’un des vases 1 sur lesquels ont porté les observations de M. Brückner, on constate que le bord inférieur du groupe principal est arqué et sensiblement adapté à la courbe de la paroi ; de plus, pour s’en tenir à ce même spécimen, on voit que, si le relief était sorti d’un moule plat, il se serait considérablement déformé dans le haut et sur les bords ; les têtes des personnages auraient été rejetées vers le centre du sujet ; des plissements se seraient produits. Que l’on considère également le lécythe de Delphes représentant une « Ilioupersis » (n° B 7 et pl. IV a). On y voit trois personnages réunis si étroitement dans le haut que le contour se serait sans aucun doute fortement plissé, si le relief, qui épouse une courbure très accentuée en cette partie, était sorti d’un moule à surface plane. Il faut donc admettre que les reliefs ont bien été confectionnés pour l’usage exclusif des vases, et non pas empruntés au décor d’autres objets ; ce qui reste à retenir de l’observation de M. Brückner, c’est que la concavité des moules ne s’ajustait pas toujours avec une exactitude parfaite à la surface des vases.
Il y a lieu de croire que ces vases, dont la polychromie était délicate et le décor fragile, ne figuraient pas plus dans la vaiselle usuelle que sur les tables de festin : ils devaient répondre à certains usages déterminés et ne servir qu’exoeptionnellement. Tels d’entre eux étaient des souvenirs, par exemple les lécythes qu’offrait le mari à sa femme au lendemain des noces (n08 B 1, 2, 2 bis ) ; d’autres étaient peutêtre des flacons pour les parfums et onguents de la toilette féminine qu’évoquait leur décoration ; d’autres devaient avoir, à en juger par leur décor (par ex. nos B 5 et 6)