‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 76 sur 312 · Saglio-Pottier, Dict. Antiq., s. v. Cavea · texte numérisé non relu

Saglio-Pottier, Dict. Antiq., s. v. Cavea

2. C.-R. 1860, pl. I ; Festschr. für Benndorf, p. 188 et 309 ; Stackelberg, Gràb. Hell., pl. 29.

EN ATTIQUÈ APRÈS 425

3° — Lécythe signé de Xénophantas 1. Musée de l’Ermitage.

(Bibliogr. dans S. Reinach, Répert. Vases I, 23 et Ducati , Memorie Accad. Line., XV, 1916, p. 295. — Principales reproductions : Stephani, C.-R., 1866, pl. IV ; S. Reinach, Ant. Bosph., pl. XLV et XL VI ; Rayet-Collignon, Céramique gr., II, p. 264, 265 ; J. Clark-Hoppin, Handb. attic red-fig. vases, II, p. 474 ; Ducati, Mem. Accad. Line., 1916, p. 295).

Provenance : Russie méridionale.

Sous l’attache du col, en lettres dorées peu saillantes, la signature du potier :

Ssvoçavxoç £TuofY)(j£V ’AG^v(aïoç)

Sur l’épaule, une frise en relief doré comprenant trois fois un groupe composé d’un bige marchant à gauche, d’une Niké et d’un guerrier qui décoche une flèche. Entre les deux groupes, à gauche, un centaure qui se défend à l’aide d’une bûche contre deux guerriers nus. A droite, Athéna al laquant deux guerriers nus, dont l’un est déjà terrassé.

La panse porte des scènes de chasse dont les acteurs sont les uns en reliefs polychromes et dorés (ce sont ceux qui forment les sujets médians), les autres en style à figures rouges (ce sont ceux qui se trouvent sur les bords, de chaque côté). Les chasseurs sont des Scythes : ils sont coiffés du bonnet scythe, vêtus de la blouse à manche serrée à la taille et du pantalon collant, et chaussés de souliers ; quelques-uns portent un manteau court. Un anneau doré à la cheville et un « torques » au cou complètent cet ajustement. Les figures en relief sont peintes des tons suivants : rouge, bleu ou brun pour les diverses parties du costume ; l’or est réservé aux bonnets, aux bijoux, aux armes, et aussi à la chevelure ou à la barbe. Les figures rouges ont des vêtements parsemés de dessins divers et bondés de bandes brodées, complétés par des bijoux dorés. Les animaux sont blancs (chevaux, chiens), bruns (cerfs), noirs ou dorés (sangliers), bleus (griffons).

La plupart des personnages sont désignés par des inscriptions en lettres blanches.

Registre supérieur. — Au milieu, A[a]PEIOS à cheval frappant de sa lance un cerf abattu. A gauche, KYPOS à pied marchant vers un valet qui tient un chien en laisse ; derrière ce groupe, à gauche, un chasseur (figure rouge) portant une hache sur l’épaule droite. A droite, chasse au sanglier : l’animal, happé par un chien, est attaqué à coup de lance par EYPYAAOS. par un personnage placé en arrière (dont il n’y a plus que des restes) et par un troisième personnage (figure

1. Le Musée de Naples (n° 2992) possède une imitation de ce vase (Walters- Birch, Ane. Pott., I, p. 447, n° 5).

LES VASES A RELIEFS POLYCHROMES

rouge), désigné comme KAYTIOS, armé d’un arc et d’une lance, et dont on aperçoit seulement la moilié supérieure (les jambes sont dissimulées derrière un monticule).

Registre inférieur. — Au milieu, ABP0K0MA2 sur un bige, frappant de sa lance un sanglier. A gauche, ATPAMIS frappant à coups de hache (disparue) un griffon bondissant vers lequel accourt un chasseur (figure peinte) avec pelta au dos et deux lances à la main droite. A droite, groupe identique, en relief, d’un chasseur et d’un griffon ; 2EI2AMH2 (figure peinte) avec la pelte et la lance, et un autre chasseur avec l’arc, attaquent le monstre.

Sur le fond de la scène se détachent : un palmier à tronc doré et feuilles blanches ; à droite et à gauche, une colonne de feuilles de sylphium (blanche ou rouge) portant un trépied doré, et des tiges de lauriers.

Un ornement de palmettes, en rouge réservé, couvre toute la hauteur de la panse, au-dessous de l’anse.

4° — Grande hydrie. Musée de l’Ermitage.

(Bibliogr. dans S. Reinach, Répert. Vases I, 37 et Ducati. Memorie Accad. Line , XV, 1916, p. 242. — Principales reproductions : Stephani, C.-R. 1872, pl. I ; Rayet-Collignon, Céram. gr., II, p. 36 ; Walters-Birch, Ane. pott., II, pl. L ; Svoronos, d>wç £TÙ TOU HaoOcVwvoç, p. 214, fig. 7 ; Ducati, Mem. Ace. Line. 1916, p. 242).

Provenance : Kertch.

Le sujet principal du décor est emprunté au fronton occidental du Parthénon.

A gauche, Athéna (entièrement en relief ; il manque la tête qui était modelée en ronde-bosse) s’apprête à frapper le sol de sa lance (relief doré) ; elle est vêtue d’un péplos vert, à plis menus, et armée de l’égide, du casque et du bouclier (à épisème étoilé). — En face d'elle, Poséidon nu (en relief brun clair), fait le même geste avec le trident (relief doré) ; un manteau cramoisi flotte sur son dos. De la main gauche, il maîtrise un cheval (peint en blanc avec harnachement doré) qui représentait sans doute à lui seul le quadrige du dieu. En arrière des deux divinités et au centre, se dresse l’olivier sacré (en relief doré) au tronc duquel s’enroule un serpent (en relief jaunâtre) ; une Nike ailée (en relief blanc avec ailes dorées), vêtue d’un ample himation, descend parmi les branches. Aux pieds du dieu, deux dauphins (l’un en relief, l’autre réservé en rouge). A gauche d’Athéna, Dionysos (réservé en rouge) arrive à la rescousse ; son visage est imberbe ; ses longs cheveux couronnés de baies dorées flottent

au vent ; il est chaussé de hautes bottines et vêtu d’une tunique courte à manches, brodée de disques et de larges bordures, sur laquelle est jetée une peau de panthère -serrée à la ceinture 1'. La panthère familière (engobe blanc, taches brunes) est à son côté. Le dieu se sert de son thyrse (relief doré) contre le serpent. Ce geste, et l’a dj onction: même de Dionysos sont probablement dus à un contre-sens du peintre, qui semble avoir représenté plutôt une lutte des dieux contre des monstres, que la querelle de Poséidon et d’Athéna. En arrière de Poséidon, en haut, une figure féminine assise (réservée en rouge), le torse nu, avec deux bandes croisées sur la poitrine, se retourne vers la scène, en relevant son himation de la main droite. Colliers, bracelets, boucle-s d’oreilles et diadèm-es sont dorés. — Derrière le cheval de Poséidon, une autre femme (engobe blanc sur les chairs, bijoux dorés) se précipite effrayée vers la droite, les yeux fixés sur le combat. Elle porte un chiton rougeâtre et un himation vert qu’elle ramène avec la main droite sur son épaule ; la main gauche est levée dans un geste 'de crainte 2. Au-dessous de cette figure, un personnage masculin barbu (en rouge) est assis sur un rocher (engobe blanchâtre) ; le bas du corps est couvert d’un himation qui remonte -derrière le dos vers le bras gauche. Il retourne la tête vers la scène centrale. Au sceptre (en relief doré), qui repose dans le creux de l’épaule gauche, on reconnaît soit un dieu, soit plutôt Cécrops 3. Enfin, dans le haut à droite, un petit édifice hypostyle indiqué schématiquement (les cinq colonnes cannelées, la toiture et les acrotères sont en relief, les murs étaient coloriés), qui évoque peut-être le Parthénon 4.

A en juger par la rareté des spécimens énumérés ici 5, le style hybride que représentent ces vases et où se mêlent le procédé de la figure réservée -en rouge, la peinture polychrome et le décor en relief ou même en ronde-bosse n’a pas dû jouir d’une grande faveur ; trop singulier pour être vivant, pour constituer un « genre » et déterminer des

1. Cf un personnage identique, dans la même attitude, et avec le même vêtement et attaquant une panthère, représenté sur une coupe à emblema de Cales, Arch. Zeit., 1873, pl. VII, 3 = Pagenstecher, die Calenische Reliefkeramik, p., 97, n° 192.

2. D’après Svoronos, Ibid., p. 27 et ’Eôvixbv Moucsîov P- 603 et suiv. cette figure personnifierait la ville d’Athènes.

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