‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 75 sur 312 · Anakal , pl. I · texte numérisé non relu

Anakal , pl. I

une destination funéraire identique à celle des lécythes blancs; d’autres, surtout les petites oenochoés1, devaient être des jouets2; d’autres enfin, sans doute, étaient uniquement destinés au mobilier de la tombe.

A. — VASES A RELIEFS ET A DECOR PEINT Provenance grecque :

1° (Fig. 23). — Vase allongé en forme de loutrophore (Stackelberg, Graber der Hellenen, pl. 30 ; O. Iahn, über bemalte Vas. mit Goldsckmuck, p. 4, n° 4). Prov. Athènes.

Figures rouges, polychromes et dorées.

Fig. 23. — Scène de Toilette (d’après Stackelberg, Grâb. Hell., pl. 30)

Au centre de la composition, une jeune femme assise sur un fauteuil à pieds moulurés ; le haut du corps est nu jusqu’à la ceinture (peint en: blanc). Sur le vêtement qui lui recouvre les jambes, on aperçoit quelques traces de couleur.

Elle porte au cou nn collier doré et sur la tête une couronne de feuillage également dorée. De la main gauche, elle soutient

1. Cf. Walters-Bireh, Ane. Pott., I, p. 137, fig. 15, où l’on voit un enfant jouant avec une oenochoé de ce genre.

2. Ces vases servaient peut-être aussi à la fête des Anthestéries (Fivel, Gaz. Arch., 1879, p. 6 ; Benndorf, Griecli. u. Sicil. Vasenbild., p. 64).

LES VASES A RELIEFS POLYCHROMES

sur les genoux une sorte de cage cylindrique, formée d’un large treillis doré, que semble déposer un jeune Eros ailé (en relief doré) volant à son côté. A sa droite, un autre Eros. ailé (en relief doré) est occupé à agrafer le collier. A droite et à gauche do la figure centrale, deux servantes, l’une en chiton à apoplygma, l’autre drapée dans un himation à bordure brodée, apportent des cassettes d’où pendent de larges rubans. Au-dessus, des godrons noirs soulignés de points dorés ; dans la zone inférieure, une suite de godrons effilés noirs.

La date à laquelle on doit rapporter le vase ne permet pas de voir dans cette scène le sujet, si fréquent plus tard, de l’évasion d’Eros hors de la cage où il était enfermé1'. L’objet que tient la femme assise se rencontre quelquefois, sur les vases à figures rouges2, dans les scènes de toilette ; l’explication n’en a d’ailleurs pas encore été donnée.

On comparera avec cette loutrophore un vase à figures rouges dont le sujet est identique jusque dans les détails (S. Reinach, Antiq. Bosph. Cimrri., pl. 44 et 52).

Provenance criméenne :

2° — Deux fragments d’un grand vase. Musée de l’Ermitage. (Stephani, C-R... 1862, pl. I, 1 et 2 et p. 5, 6 = Stephani, Catal. Vas. Ermitage, nos 1913 et 1916). Proven. Kertch.

Les figures principales sont deux femmes entièrement nues (chairs peintes en blanc), portant des colliers et des boucles d’oreilles dorées ; l’une a un bracelet d’or et l’autre un diadème également en or. L’une, agenouillée à terre, tient dans chaque main un gobelet doré. L’autre, légèrement inclinée vers la première, ramène en avant une draperie et tient sur l’avant-bras gauche replié un objet oblong et doré, . qui représente peut-être une plume arrachée à l’aile d’un Eros. En arrière de la première femme, restes de deux Eros ; de l’un, il ne demeure plus qu’une aile ; l’autre (blanc, ailes dorées) est assis et fait jouer le pogëoç magique de la sorcellerie amoureuse. A droite et à gauche, on aperçoit les restes de deux femmes traitées dans le style des figures rouges.

Sur l’autre face, au-dessous de l’anse, Eros ailé, entièrement doré et en haut-relief (la tête est presque en ronde-bosse), entre des palmettes dorées à peine saillantes et des enroulements noirs.

Page 1