‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 78 sur 312 · Milchhôfer, Arch. Iahi'b., IX, 1894, p · texte numérisé non relu

Milchhôfer, Arch. Iahi'b., IX, 1894, p

3. Combats de Grecs et de centaures ; attitude d’Abrokomas sur, son char, avec chevaux bondissants. Les deux Scythes frappant les griffons rappellent le i< Phidias» du bouclier à l’Amazonomachie.

4. Pour la spectatrice accoudée dans un angle supérieur du tableau, cf. Nicole, Meidias, pl. III ; pour le personnage assis sur un tertre, cf. Ni-

si plein de grâce, est certainement due au pinceau d’un peintre athénien.

Mais déjà la réaction du goût criméen se manifeste d’une certaine manière sur chacune de ces œuvres. Que l’on compare le vase à la scène magique et la loutrophore d’Athènes ; les ressemblances sont grandes ; de part, et d’autre, ce sont des scènes de gynécée en compagnie d’Eros ; de part et d’autre, la polychromie est étalée en teinte plate ; mais on notera que la loutrophore d’Athènes est à peine un vase à relief ; le relief y consiste en une mince couche de barbotine ou de stuc, juste assez épaisse pour faire valoir la dorure ; tandis que le vase criméen, ou l’Eros doré est traité en haut-relief et partiellement en ronde-bosse, paraît dénoter l’influence de quelqu’une de ces œuvres en or pour lesquelles les Scythes avaient l’engouement que l’on sait. On pourrait en dire autant des deux autres vases : la juxtaposition de trois techniques, — figures réservées en rouge, figures peintes en teintes plates, figures en reliefs polychromes, — dénote une déformation de goût que n’a pas connue la céramique attique, même à son déclin ; ce caractère hybride est probablement de « l’exotisme », et ne s’explique guère en dehors du milieu à demi-barbare qui a dénaturé les pures traditions d’Athènes.

B. — VASES DÉCORES UNIQUEMENT DE RELIEFS POLYCHROMES. — Sur les vases précédents, les personnages qui font partie du décor se ramènent tous à une scène unique. Il n'en est pas toujours de même pour les vases dont la description va suivre. Certains portent des figures isolées et juxtaposées, et sans rapports entre elles. D’autres représentent, dans leur partie centrale, un épisode bien caractérisé et qu’il est aisé de reconnaître ; mais, à droite et à gauche, apparaissent d’autres personnages dont l’atti-

cole, Ibid., pl. I ; pour la forme de l’olivier, cf. Nicole, Ibid., fig. 27, pl. II 1 et 2. A noter aussi que les proportions élancées des personnages sont bien dans le style de Meidias.

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tude est surprenante et contraste avec la scène principale : une scène de chambre conjugale a pour spectatrices des femmes pensives ou toutes à leur toilette ; une femme faisant ses adieux aux siens est flanquée de servantes accourant tumultueusement, ou de divinités. C’est que le potier, qui avait à sa disposition un jeu de poinçons, y découpait parfois des motifs avec une fantaisie un peu déconcertante, et uniquement pour remplir le champ vide et étoffer un décor un peu maigre. Il y a là, en germe, le procédé qui sera cher aux potiers hellénistiques.

I. — Lécythes. — Ces vases sont presque tous de petites dimensions; leur hauteur varie entre 0m15 et 0 m 20. Le vernis y est souvent de mauvaise qualité, craquelé et olivâtre. L’exécution en est d’ordinaire des plus hâtives.

1° — Musée de Berlin (Ane. Coll. Branteghem, n° 274) (Brückner, Anakahjpteria pl. I et p. 7, (64s Berl Winckelm., progr.). Proven. Apollonia de Thrace.

Scène nuptiale. — (De droite à gauche) : Un homme imberbe, le torse nu, les jambes couvertes d’une draperie rose, à demi couché sur un lit, répand de l’encens dans un « thymiatérion » doré, en l’honneur d’Aphrodite, cependant que la jeune mariée, encore enveloppée de ses voiles, regarde vers lui, une main au menton. Elle repose sur les- genoux d’une matrone qui la rassure en lui prenant la main, et ramène sur les épaules de la jeune femme un coin de son voile. La matrone est assise sur le coussin, le TtapaêuaTOç sur lequel la mariée avait été amenée au domicile de son mari et que l’on plaçait ensuite auprès du lit nuptial ’.

Une femme, dont le rôle paraît être surtout de remplir un vide, regarde pensivement la scène. Dans l’angle de droite, un petit Eros accroupi, joue avec un animal (ou une loutrophore ?).

Ornements accessoires : godrons peints autour du col et rosettes en relief ; palmettes peintes sur la panse.

2° (Fig. 24). — Musée de Berlin (Furtwângler, Berlin Vasensamml., n° 2704 ; Brückner, op. L, pl. II et p. 8 et 9). Proven. Athènes.

Scène qui est la suite de la précédente. — Au milieu : Un homme imberbe, le torse nu, à -demi couché sur un lit, attire

L Pollux, III, 43.

à lui une femme une qui retient sur son épaule le pan de sa longue tunique. A droite el à gauche, deux femmes assises, paraissant n’avoir aucun lien avec la scène nuptiale : l’une agrafe des deux mains le pan de son péplos ; l’autre se recoiffe devant un miroir.

Ornements comme sur le vase précédent. Traces de couleur rose sur le lit et sur le vêtement du jeune homme.

2° bis. — Moule pour un vase du type précédent. Musée Nat. d’Athènes (Ann. Inst. 1871 ; Brückner. Ibid. , p. 12). Proven. Athènes.

Un homme et une femme, à demi-nus, assis sur un lit ; l’homme cherche à dévêtir entièrement la femme, qui, la tête baissée pudiquement, essaie d’arrêter le geste.

3° (Fig. 25). — (Arch. Anzeig., XXIIU 1908, col. 175 et suiv., fig. 10 a et 6). Prov. Kertch.

Scène de toilette féminine. (De gauche à droite) : Une servante, légèrement inclinée, apporte vers la droite un coussin d’où pendent des rubans ; une femme drapée dans un himation, se tient debout, sans lien apparent avec le reste de la scène ; une autre femme rattache sa sandale, avec le geste bien connu de la Niké de la balustrade ; mais, ici, le tabouret est remplacé par des volutes peintes ; une femme apporte vers la gauche un coffret enrubanné ; une servante court précipitamment vers la droite, dans l’attitude de l’Athéna du groupe d’Athéna et Marsyas, tenant un coffret et une couronne.

Ornements accessoires, appliqués en retouche : collier de réseaux à l’attache supérieure de l’anse ; traits verticaux à la base

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du col ; bande de lauriers sur l’épaule. Au centre de la composition, des volutes peintes.

4° — (Benndorf. Gr. u. Sicil. Vasenbild., pl. LX, 2 a et b ; Dumont, Céramique..., Il, p. 61 ; Potlier, Mon. Grecs, 1885-1888, p. 58, n° 31). Prov. Corinthe.

A gauche, femme assise, la tète penchée en avant, dans une attitude pensive. Une servante, debout devant elle, l’évente avec un grand flabellum. A droite, une autre femme assise, en chiton et himation, examine une paire de chaussures.

5° (Fig. 26). — Musée National d’Athènes n° 2174 (Collignon- Couve, Catal., n° 578 ; Nicole, SuppZ*, n° 1267). Proven. prob. Attique.

Au centre, une femme debout, vêtue d’un chiton blanc et la tête voilée d’un himation rose, penche tristement son visage vers un enfant qu’elle tient dans se-s bras ; à droite, un homme debout (chiton rouge et chlamyde bleue) tend la main vers l’enfant pour le caresser, ou pour le prendre à son tour. De chaque côté du groupe, une femme : celle de gauche, assise sur un tabouret, enveloppée d’un himation blanc, regarde la scène dans une attitude pensive ; celle de droite, assise sur un cippe, vêtue d’un chiton blanc et d’un himation (blanc ?), portant un collier doré, tient dans la main droite élevée un objet allongé en forme de sceptre ou de lance.

On a pensé qu’il s’agissait ici de quelque épisode die la légende, adieux d’IIeclor et d’Andromaque, ou (comme le supposait Colli-

Fig. 25. — Scène de Toilette (d’après Arch. Anzeig., 1908, p. 174, fig. 10 b.)

gnon), Maïa montrant à Apollon le jeune Hermès, la femme de droite étant Pleioné, fille d’Okéanos, appuyée sur une rame. Ces explications, qui ne rendent pas compte de tous les détails de la scène, doivent sans doute être rejetées. Nous croyons qu’il s’agit simplement ici d’une scène d’adieux à une morte ; les deux femmes assises sont de simples spectatrices, comme celles qui se voient dans les scènes nuptiales ; pour figurer l’une d’elles, le potier ne s’est fait aucun scrupule d’emprunter un moule qui représentait sans doute une déesse tenant un sceptre.

Palmettes et godrons rouges. Rosettes dorées. Dorure sur les cheveux.

6° (Fig. 27) h — Bibliothèque nationale, n° 481 (De Ridder, Catal. n° 481, p. 360 ; Raouil-Rochette, Mon. inéd., pi. XLIX, 3 ; de Witte, Cabinet Durand, n° 1379). Prov. Nola (Grande-Grèce), mais très probablement attique.

Au centre, une femme assise sur un autel, vêtue d’un chiton rose, enveloppée dans un himation blanc, penche tristement la tête. De chaque côté, accourt une femme ; celle de gauche est vêtue d’un chiton vert et d’un himation rose ; celle de droite (vêtue d’un chiton bleu et d’un himation blanc) tient dans ses bras un enfant.

On a pensé qu’il s’agissait d’Andromaque entre Hécube et la nourrice d’Astyanax. Il est probable qu’il s’agit simplement d’une scène d’adieux, analogue à la précédente.

1. Je n’ai pas hésité à identifier ce vase avec celui qu’a publié Raoul- Rochette, bien que la gravure des Mon. Inéd. soit inversée : l’identité des attitudes et des détails est telle en effet que cette inversion ne peut être due qu’à l’inadvertance d’un graveur.

Fig. 26. — Scène Funéraire (?) (d’après un croquis)

Fig. 27. — Scène Funéraire (?) (d’après un croquis)

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Palmeltes et godrons rouges. Rosettes dorées. Dorure sur les cheveux.

7° (PL IV, a). — Musée de Delphes (Perdrizet, Delphes, V, p. 166, n° 363, pl. XXVI, 3-5). (Probabl. attique).

Scène de 1’ « Ilioupersis ». « Au centre de la composition, le Palladion de face, la droite brandissant la lance, la gauche tenant levé le bouclier rond : noter la forme du panache. A droite 1', un Grec, en costume d’hoplite (Ajax ?), le bouclier au bras gauche, a saisi de la main droite une Troyenne par la chevelure et pèse sur elle du genou droit ; un siège, ou peut-être un instrument de culte roule à terre, à droite. Devant le Palladion, est accroupie une Troyenne échevelée (Cas sandre ?) dans une attitude désespérée. A gauche, un Grec, le corps nu, son manteau flottant derrière lui, enlève en la serrant des deux bras passés autour de la taille une Troyenne (Polyxène ?) qui se débat en vain.

Bleu et rouge sur la tunique d’Ajax ; rouge sur les robes des Troyennes. Trois rosaces en relief au-dessus de l’applique ; l’une d’elles a disparu, comme la tête du Grec de gauche. » (Perdrizet, Ibid., p. 166.)

8° — ( Arch . Iahrb., IX, 1894, p. 62 et fig. p. 162; S. Reinach. Ant. Bosph. Cimrn., pl. XLVM, I, 2, 3). Proven. Kertch.

Scène de 1’ « Ilioupersis ». Néoptolème (nu, casque à haut panache, bouclier, chlamyde jetée sur le dos et traînant à terre) se précipite, le glaive à la main, sur Priam qu’il a saisi par les cheveux. Priam (nu, son vêtement tombé sur la cuisse droite) est à genoux sur l’autel de Zeus Herkeios ; la main droite est abaissée, la paume ouverte dans un geste de supplication ; la main gauche cherche à écarter l’étreinte du vainqueur. A droite 2, un autre guerrier grec (nu, casque empanaché, bouclier, manteau long) poursuit une femme (Hécube ?) qu’il a saisie par l’épaule au moment où elle se réfugiait sur l’autel.

Palmettes et godrons rouges. Rosettes saillantes. Il ne reste sur les figures que l’engobe blanc qui soutenait les couleurs.

9° — British Muséum (Walters, Catal. Fas. Br. Mus., IV, G. 23) Provenance attique ?

Scène de 1’ « Ilioupersis». Autel et Palladion au centre. A gauche, un Troyen, vu de face, imberbe, coiffé d’un bonnet phrygien

1. A ce groupe comparer une scène toute semblable des tables Iliaques, Arch. Iahrb., 1894, p. 102, 35.

2. Cf. une scène identique des tables Iliaques, Arch. Iahrb., 1S94, p. 102.

et vêtu d’un chiton court, est tombé sur les genoux, les bras levés. A droite, un Grec en ehlamyde (Ajax ?) va frapper de la main gauche une Troyenne agenouillée qu’il a saisie par la chevelure. Plus à droite, un archer de face, imberbe, avec draperie sur le bras gauche et la cuisse droite, tient dans la main gauche un arc avec lequel il vient de tirer sur le Troyen agenouillé.

10° — Bibliothèque Nationale, n° 482 (De Ridder, Calai. Vas. Bibl. Nat., n° 482). Provenance probable : Attique.

Amazonomachie. « Cheval fuyant à gauche. Guerrier casqué, à droite, armé du bouclier, la lance dirigée vers une Amazone qu’il prend aux cheveux de la main gauche (tunique courte, casque corinthien). Amazone à genoux, la tête sur l’épaule droite, le bras droit baissé, la main gauche à la tête. Au-dessus, arbre fourchu. » (De Ridder, Ibid., p. 360, n° 482).

Palmettes et godrons rouges. Trois rosettes en relief.

11° (PL IV, b). — Musée de Delphes (Perdrizet, Delphes, Y, p. 166, n° 364, pl. XXVI, 2). Probablement fabrication attique1.

Arimaspe 'et griffon. « Arimaspe à cheval, fuyant à gauche devant un griffon qui a bondi sur le cheval et lui déchire T arrièretrain. L’Arimaspe, retourné, lance au griffon un javelot, qui n’est pas figuré. Jaune et trace d’or sur la crinière du cheval ; bleu sur les ailes du griffon et le bonnet de L Arimaspe ; rouge sur la crête du griffon2. » (Perdrizet, ibid., p. 166.)

Palmettes et godrons ; rosettes en relief dorées.

12° — Fragment d’un lécythe. Musée Nation. d’Athènes, n° 1265 (Watzinger, Athen. Mitt., XXYI, 1901, p. 54, n° 7 ; Nicole, SupplénC, n° 1265). Proven. Athènes.

Cavalier nu, une ehlamyde sur l’épaule, tourné de face, sur un cheval au galop. (Est-ce Béllérophon combattant la Chimère, comme le pense M. Watzinger ?)

13° (Frôhner, Coll. T-yszkiewicz, pl. XXY A et B). Proven. Grande-Grèce (mais probablement attique).

Scène inexpliquée. A gauche, un groupe de deux personnages nus qui luttent, et entre lesquels une femme s’est précipitée : le personnage de gauche porte une peau de lion (ou de panthère) enroulée au bras gauche et un bâton dans la main droite : son adversaire (manteau sur le bras gauche) élève une massue ; la

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