‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 85 sur 312 · VASES DE DIVERSES FABRIQUES · texte numérisé non relu

VASES DE DIVERSES FABRIQUES

A peu près vers l’époque où Athènes fabriquait des vases à reliefs polychromes, certaines régions virent apparaître une mode analogue. Les très rares exemplaires que l’on en connaît, tous différents les uns des autres, ont surtout l'intérêt d’attester cette dispersion des ateliers, qui avait été la loi de ta céramique à reliefs archaïques et qui allait l’être de nouveau.

1° — Coupe à pied haut, entièrement dorée. Musée de Berlin (Furtwângler, Berl. Vasensamml, n° 2884). Proven. Tanagra.

Le décor se distribue en cinq zones. (De bas en haut). Une étoile rayonnant autour de l’attache du pied. — Une bande étroite avec trois paires de canards se faisant face. — Sur la zone principale, femme nue vue de profil, tournée vers’ la droite, et élevant dans la main gauche un objet indistinct ; en face d’elle, adossée à un pilier, une femme dévêtue jusqu’à mi-corps ; à droite, une autre femme tournée vers la droite, présente un coffret à une femme assise. — Suite d’Eros enfants, l’un jouant de la flûte, l’autre dansant, deux autres se faisant face et se baissant simultanément pour saisir un petit animal. Bande étroite : bucrânes et coupes h

2° — Amphore à couvercle, avec anses surélevées. Musée de Berlin (Furtw., Ibid., n° 2883 = Coll. Sabouroff, pl. LXX, 2). Proven. Tanagra.

Sous chaque anse, deux masques appliqués : masque de Méduse à cheveux dorés et lèvres rouges, d’un type noble et calme, et petite tête du type des figurines tanagréennes, avec le manteau

1. A comparer avec un vase du Louvre, découvert en Sicile (Kekule, Terracott. Sicil., pl. LIX) vase à fond bien et à figures dorées (femmes nues, Eros enfant, fleurs et fleurons, masques barbus).

156 LES VASES A RELIEFS POLYCHROMES

lié sous le menton. Autour de la pause, des colliers dorés (appli qués) entrecroisés, avec pompons et ganses. Le vase était entièrement recouvert d’engobe crayeux : traces de rouge aux anses et sur le couvercle ; traces de rouge et de violet pâle sur la panse.

La présence sur l’un de ces vases d’une tête de figurine, de style tanagréen, indique que nous avons à faire à des produits locaux, contemporains de l’industrie coroplastique de Tanagra (fin du iv® siècle environ).

3° — Hydrie. Musée- de Constantinople (S. Reinach, Mon. Piot , X, p. 39-47, pi. YI et VII). Proven. Lampsaque.

Haut. 0m 52.

Trois anses, une sur le col, deux au haut de la panse, col à embouchure évasée. La forme rappelle, pour les proportions et la précision du galbe, les hydries de bronze. Le corps du vase était entièrement couvert de dorure ; les reliefs étaient polychromes.

Chasse au sanglier. A gauche, un chasseur nu (trace de rose sur les chairs) portant une chlamyde rouge sur le bras gauche, enfonce dans 1a. gorge de l’animal un épieu qu’il tient à deux mains : un filet de sang s’échappe de la plaie. A droite, un autre chasseur, vu de dos (traces de brun rouge sur la chevelure) vêtu d’une chlamyde bleue à bordure rouge, tient deux javelots dans la main gauche et en brandit un troisième avec la main droite. Un chien bondit vers le groin de la bête, un autre lui mord une patte postérieure. Une figure féminine placée sur l’épaule du vase (exomis rose, chlamyde brune, sandales), le haut du corps en ronde-bosse, brandit un javelot dans la main droite ; à sa droite accourt un lévrier L

On sait que Lampsaque, comme toutes les colonies athéniennes de l’Hellespont, était restée en rapports avec la métropole pendant tout le cours du iv® siècle. Notre hydrie, qui, à en juger par le style des figures, doit être attribuée au milieu de ce siècle, a certainement subi l’influence des vases attiques à reliefs polychromes. Faut-il aller plus loin, et y voir un produit attique, comme le donnerait à penser le rapprochement avec un vase attique de Benghazi1 2 à décoration toute semblable ? Cela est douteux, et l’on préférera avec M. S. Reinach3, attribuer ce vase à une

1. Comparer avec un moule pour terre cuite, ^trch. Anz ., VII, 1892, p. 107.

Page 1