‹ Les Veber's, les Veber's, les Veber'sChapitre 14 sur 32 · LA POLITIQUE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE

La loi ne rassure peul-êtrc pas aussi complètement qu'on le voudrait les craintes de la bourgeoisie. Les capilalistes, déjà si éprouvés par les grèves, les chômages et les attentats anarchistes, vont sans doute achever de perdre toute sécurité et redouteront de trop menaçantes représailles; l'émigration du capital est imminente, du jour où on ne le protège plus en le protégeant mal.

D'un autre côté, n'cst-il pas curieux de voir des républicains restreindre les libertés qu'ils se sont donné tant de peine à conquérir? Les hommes de 70 se font ermites. Ils ne réfléchissent pas qu'il peut être dangereux d'exciter les anarchistes et de les pousser à bout.

Somme toute, notre guenille nous est plus chère que la dignité de la République; mais est-ce la préserver que de frapper la presse? Il est douteux que les pauvres qui n'ont pas un sou l'emploient à acheter les violents réquisitoires de M. Tel ou Tel.

D'ailleurs, si on la reconnaît défectueuse, on fera subir à la nouvelle loi le sort de toutes les lois d'exception ; on la gardera dans l'arsenal du Code pour calmer l'émoi de la bourgeoisie, cl on ne l'appliquera pas pour éviter de sévir contre les libertaires.

Les clic/ics Je cet article sont

extraits de l'Illustration »

Le JPetiWoiirnal, .

CHRONiyUE

On m'a demandé mon avis sur la nourelle loi. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? On peut bien voler toutes lois qu'on voudra, ce n'est pas moi qui m'en préoccuperai.

Ça saute aux yeux des hommes de bon sens, les lois ne sont faites que contre les coupables; les braves gens n'ont que faire de s'en préoccuper. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je n'ai pas l'habitude de me mêler de ce qui ne me regarde pas. Un des esprits les plus fins de ces dernières années, Edmond About, me disait un jour ; • Quand on crie au voleur, je me garde bien de me sauver, on me poursuivrait. > Il y a du vrai là dedans. La nouvelle loi vise, parait-il, les fauteurs de violence; ce n'est pas moi que l'on vise, n'est-ce pas? Non? Alors, laissez-moi cultiver mon jardin, et aller au théâtre en paix.

Le journalisme est l'art des préparations, on a Irop méconnu ce précepte fondamental. On en est arrivé à l'injure ; des abus se sont produits, de plus en plus forts, comme chez Nicolel. Moi qui vous parle, je suis insulté, raillé, vilipendé dans cinq ou six journaux. On me traite de vieille baderne, de vieil enfant gâteux, de pompier idiot ; au fond, ça m'est égal, parce que je ne suis que le papa Sarcey; mais si j'étais le gouvernement, ça finirait par m'agacer et je me dirais: • Tant pis, on en pensera ce que l'on voudra, mais j'y vais de ma petite loi restrictive. •

Francisque Sarcey.

m Le Gaulois *

M. Dufeuille, secrétaire des commandements de Monseigneur le duc d'Orléans, est parti hier pour Sheen-IIouse, Monseigneur s'est entretenu longuement avec lui; il a été décidé que l'on garderait une attitude irrévocablement expectante. L'héritier du trône est plus quejamais résolu à ne pas abandonner une parcelle de SCS droits, et il se tient à la disposition de la France dès qu'elle aura besoin de lui. On a aussi décidé de supprimer trois journaux de combat.

M. Dufeuille a présenté les respectueuses adresses des comités de l'Ouest. Monseigneur a paru très touché. Il partira demain pour l'Ecosse, où il chassera le grouse en compagnie de Mgr le duc de Luynes.

Madame la comtesse de Paris a envoyé à notre directeur un splendide crucifix en argent plaqué, d'une valeur de trente deniers.

Page 1