DES ÉGOUTS
Sans assainissement, pas de bonne culture possible. Aussi, c’est par l’ouverture de nombreux fossés que vous devrez commencer la mise à exesution de votre système perfectionné, Je vous ai dit, précédemment, en quel endroit de la terre et à quelle époque de l’amnée il convenait d’effectuer ces travaux ; il me reste à vous dire comment ils doivent être faits.
Les fossés, qui conviennent plus particulièrement aux terres du Canada, sont les fossés ouverts ; ce sont, à mon avis, les seuls que la majorité des cultivateurs de ce pays puisse entreprendre, car, pour les fossés couverts ou souterrains, il faut une certaine pente, que toutes les terres n’ont pas ; de plus, ils ne produisent de bons effets que dans des terrains de certaine nature ; ils exigent, pour leur confection, de grands soins, beaucoup d’habitude, des matériaux que le cultivateur n’a pas toujours sous la main, des machines assez coûteuses, en un mot, de grandés dépenses peu en rapport avec les moyens pécuniaires du plus grand nombre des cultivateurs de la province.
Ma terre est parfaitement égoutée, et cependant je ne me suis servi pour son assainissement que de fossés ouverts. J’ai commencé par élargir mes fossés de ligne, et leur donner de la profondeur, afin que les eaux des autres fossés puissent s’écouler rapidement ; et je les ai fait tailler en talus, de manière à ce que la
gelée ne puisse les combler par les éboulements de terre qu’elle occasionne. Leurs dimensions sont celles-ci : de 6 à 7 pieds d’ouverture, 3 à 4 pieds de profondeur, deux pieds d’assiette ou largeur dans le fond.
Quant aux fossés Qui traversent ma terre et qui la coupent en six soles, je ne leur ai donné que 4 pieds de largeur, deux pieds de profondeur et un pied d’assiette.
Les terres, provenant des uns et des autres, ont été étendues sur les champs, et ont servi à leur amélioration, Vous ne voyez point chez moi ces buttes de terres amoncelées, que l’on trouve tout le long des fossé: de la majeure partie des terres de nos voisins, et chez “ous tout le premicr ; et qui ne servent, le plus souvent, qu’à empêcher l’ouverture des saignées ou rigoles d'assainissement, et qu’à favoriser la production des chicorécs sauvages, des chardons et autres plantes nuisibles.