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PRÉFACE
'Oici un chef-d'auvre inconnu, un [petit chef'd'auvre, d'un auteur entière" ^ ment oublié aujourd'hui , qui eut, de son ^vivant y auprès des critiques délicats et des gens de goùt^ une réputation sinon éclatante, du moins bien établie et incontestée. C'était un savant et un philosophe; c'était un poète et un dramatiste; c'était surtout un écrivain ingénieux. C'était aussi un connaisseur habile, un juge excel" lent, en matière de littérature. On a lieu de s'étonner qui des^ talents aussi variés et des qualités d'esprit aussi supérieures n'aient pas sauvé de l'oubli le nom de Villeterque,
Ses ouvrages, peu nombreux, sont très remar^ quables et intéressants à divers points de vue : ils n'avaient pas obtenu, il est vrai, quand ils parU" rent, ces succès brillants qui s'imposent et qui laissent une trace lumineuse dans la mémoire de
II PRéVACE
plusieurs générations d'amis des lettres : on les avait lus sans doute avec plaisir , on les avait placés dans quelques bibliothèques d'amateurs; mais on ne les réimprima point de manière à les répandre dans le public, qui ne les eût peut-être pas compris et appréciés à cause des raffinements mfinis de la pensée et des recherches excessives du style de Vauteur.
Alexandre^Louis de ViUeterque, né le 3 1 juillet 1 759, d'une famille noble, à Ligny, dans le duché de Bar, fit ses études classiques à Metz et entra à l'âge de seize ans dans le régiment de Normandie, où son oncle était lieutenant^colonel. Il devint capitaine dans ce régiment et n'abandonna la carrière militaire qu'en 1790, lorsque V insubordination de ses soldats affolés par l'esprit révolutionnaire le força de déposer son épée. Il dut chercher alors des distractions et des consolations dans les lettres, qu'il avait toujours aimées et cultivées : il fut bientôt obligé de leur demander des ressources,et il se fit journaliste. Malheureusement, il n'a pas rassemblé en volumes les innombrables articles littéraires qu'il publia dans une foule de journaux y notamment dans le Journal des Arts tt dans le Journal de Paris. Il eut voulu se con^ sacrer à la littérature dramatique, mais sa maiivaise santé l'empêcha de tourmenter sa vie dans