L'ANGE, LA JEUNE FILLE, LE FRÈRE
(Le jardin reprend son premier aspect ; le frère s'éveille et se lève. )
l'ange.
Rosa, ton heure est venue; repose ta tête sur mon bras.
LA JEUNE FILLE, s'éveilla^it et comme sortant d*un songe.
Frère ! frère !
LE FRÈRE
Que désh es-tu, Rosa?
LA JEUNE FILLE
Hâte-toi; prends sur mes joues un baiser d'adieu pour toi et un pour notre mère.
LE FRÈRE
0 Rosa! tu ne nous quitteras pourtant pas aujourd'hui, n'est-ce pas?
LA JEUNE FILLE
Vois, voilà Fange gardien; ma tête repose sur son bras : il m'enveloppe de ses ailes d'or... Écoute, les
chœurs célestes chantent mon arrivée... Ah! je pars pour la grande patrie.
LE FRERE
Tiens, chère sœur, voici deux baisers.
LA SŒUR
Adieu, frère; dis à ma mère qu'elle vienne bientôt; ne tarde pas non plus : je retrouverai notre père dans le ciel... Et quand vous serez venus tous deux, nous chanterons ensemble devant le trône du Seigneur. Adieu, l'ange déploie ses ailes; — je monte avec lui vers la route de lumière !
LE FRÈRE
Morte !
(LAMBERT HENSMANS)