Tome IIL
464 LBS VENDÉENS
La loi du â7 vendémiaire an lil (et plus tard celle du 17 fjoréal an IV) vint r^ler d'une façon uniforme^ pour toute la République, la position et les indemnités des réfugiés, et établir parmi eux des catégories. Les infirmes et ceux qui n'avaient pas le moyen de vivre de leur état, reçurent des allocalions plus élevées que les autres réfugiés (3 francs par jour;. Le taux des indemnités les plus généralement accordées est de 75, 30 et ^ francs par mois. Ceux dont l'emploi leur donnait un produit de 4,000 livres ne devaient avoir aucune part ni aux indasmités, ni aux. secours.
Aux réfugiés de ventôse et de germinal an II étaient venus en Tan III, et plus tard encore, se joindre de nouveaux émigrés de la Vendée, de même que plusieurs des anciennes détenues qui, après leur sortie de prison en pluviôse an III, étaient restées dans le Maine et avaient été assimilées aux réfugiés , bien que ne partageant pas les mêmes opinions politiques; elles avaient déclaré se soumettre aux lois de la République. On retrouve, sur les listes des ayants-droit aux indemnités, plus d'un nom qui a fait son apparition sur la liste des prisonnières, les Bonpas, les Rochard, Marie Moreau veuve Grénouilleau, restée à La Férié avec son fils, etc. A La Flèche, deux enfants abandonnés par les brigands, Auguste Bruneau et Rosalie Beaufrelon, dont s'étafent chargés le citoyen Georges Couchot et la citoyenne veuve Forey, figuenl aussi parmi les personnes secourues.
La plupart des cantons de la Sarthe, en Tan IV, avaient encore des réfugiés; sur les listes dressées au printemps de 1796, on en compte cinquanteneuf dans le canton de La Ferté, vingt dans celui de La Flèche, vingt- trois dans celui de Mamers, qbarante-cinq dans celui de Bonnétable, quinze ,<lans celui de Sillé. Les contrées plus essentielle-
bkm LA SÂftTfiË. 46^
Oient a2fncole& m ont beaneoup moins; le canton de Ghâteau^u-Loir n'en compte qne quatre, celui de Marollesdeux seulement.
^Dans Tétat inouï de détresse financière où se trouvait ia République, les secours n'étaient pas payés a\'ec une régularité exemplaire ; les réfugiés' se plaignaient souvent des retards qui étaient apportés au payement de leurs indemnités, et restaient des trimestres entiers sans être secourus. Les départements avaient beau assaillir le ministre de rintérieur de leurs réclamations incessantes pour l'arriéré et le courant dus aux réfugiés, ils avaient grand'peine à en arracher des sommes un peu importantes, eu égard surtout à la dépréciation effrayante des valeurs nominales d'alors.
Enfin arriva, après la mort de Stofïlet et de Gharelte, une paix plus réelle que celle qui avait suivi l^& conférences de la Jaunais ; plusieurs réfugiés se montrèrent dè3 lors disposés à rentrer dans leurs foyers (1).
Le 15' thermidor an iV,^ 12 août 1796, le ministre de rintérieur, Beuezech', écrivait au département de la Sarthe que la paix allait ramener les réfugiés dans là Vendée, que beaucoup étaient déjk rentrés^ et que cet état de choses allait soulager le trésor. L'art. 7 de la loi de vendémiaire portait que les secours cesseraient pour ceux qui pourraient rentrer dans leurs foyers. 11 invitait donc les autorités à veiller à ce que ceux qui ne rentreraient pas dans la Vendée ne reçussent des secours que jusqu'au !«' vendémiaire prochain ($2 septembre). Cette prolongalion de secburs devait leur tenir lieu des frais de route de 20 sous pai' lieue, ou de 10 sous pour les enfants, que leur avait accordés un arrêté du Comité de salul
' (1) Voir, l*!* tiiermidor an IV, appel aux réfugiés d6 Gholet par uo de leurs compatrioiea.
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public du 1«' ihennidor an IL €k>nnaids&iMSe de ces dispositions devait être donnée aux féftigiés, et i'on verrait enfin cesser « une dépense aussi «considérable dans ses résultais qu'affligeante
« dans son objet L'effet de vos soins à cet
tt égard, disait Benezecb en terminant, sera encore a de contribuer à éloigner de votre esprit le sou- « venir douloureux des désastres auxquels ont « été en proye les déparlements qui vous avoi- « sinon i et dont le lerme, si longtemps désiré, est « enfin arrivé. »
Le 8 frimaire, le ministre autorisait le payeur à verser au département 50,000 francs, valeur nominale équivalente à 2,1 âo fi^ncs, valeur métallique, pour secours dus aux Vendéens jusqu'au 4" vendémiaire an V, époque fixée pour leur cessation.
Il était temps pour les finances de TEtat. Il y avait plus de deux ans et demi déjà que la cruauté, la folié furieuse de Turreau et des commissaires auprès de Tarmée de rOuest, avaient mis toute cette population d'émigrés d'un nouveau genre k la charge de la République. Amis et ennemis n'avaient pas eu à se louer des procédés des représentants du peuple envoyés par la Convention dans la Vendée.
BiKtk>alts des Mémoires de Besnard.
Gr^ce à la bienveillance de M. Port, jepuisdonner ici quelques extraits des Mémoires de Besnard, ancien curé de Nouans, dont j'ai parlé page 461, à foccsTsioa de la manufacture ^e mouchoirs de Choie t qu'il établit au Mans, lors de l'arrivée des réfugiés. Avant de reproduire ces extraits relatifs aux Vendéens, je crois devoir dire quelques mots de ces
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Souvenirs cCun nonagénaire qui sont vraiment très-inléressant9.
Leur auteur n'a guère été jugé, dans la Sarthe, que d'après les doubles attaques de ceux qu'il appelle « les ultra-républicains et les chouans » ; il gagne singulièrement à se faire connattre par sa curieuse autobiographie. Ses mémoires (1), en ce qu^ils ont trait au Maine (p. t07 à 192), sont en outre très-précieux, par les renseignements intimes et variés quMts donnent sur l'état de cette province à ta veille de la Révolution. La société du temps, la vie des presbytères de campagne, la vie rurale, la physionomie des dignitaires de la grande abbaye de Saint-Vincent, y sont dépeintes en traits piquants par la plume d'un observateur minutieux, plein de finesse et de charme. G*est une photographie aussi -vraie qu'aimable de laconirôe de Nouans à cette époque; elle met sous nos yeux la vie des châtelains de la paroisse, N. et Mme Bulot, les mœurs, les habitudes, les vêlements des paysans, Tétat de la culture, et la manière devivre des membres du clergé dans ces temps où la discipline était si relâchée dans plus d'une paroisse. Besnard est à la fois un homme d'esprit, un lettré et un savant ; ses confrères le prennent pour un abbé de cour. Mais il est imbu jusqu'à la moelle des doctrines philosophiques d* alors, bien différent en cela d'un autre prêtre de son voisinage, M. Ducastel, curé de Marolles-les-Braux, un des hommes les plus éminents de l'ancien clergé, ayant gardé comme un parfum de la cour à laquelle était attachée sa famille, mais ayant conservé intacte aussi la foi de ses pères à laquelle n demeura fidèle, sans dévier du droit chemin, peV dant toute la Révolution (2).
(I) Ils contiennent S90 pages d'ane écriture flne et serrée. (9) On a récemment publié une intéressante vie de M. Do*
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Les relations de BeâaaM valurent à Noiums plus d'un célèbre visiteur ; Volney, entre autreiB,. vînt y voir son amf à la fin du printemps de 1791, dans le but de se concerter avec lui sur le projet de fondation d'un établissement agricole dans nie de Corse. Le récit de ces visites, les portraits des visiteurs, les livres aimés de Fauteur, ses voyages en Anjou, à Paris, à Versailles, à Enhénonville, etc., rempliss^t agréablement de nombreuses pages. Mais la Révolution était venue troubler la tfanquillité du curé «philosophe, (yii avait été un des rédacteurs des cahiers de sa paroisse, et avait assisté à Versailles au début des Etats généraux. L'assassinat de M. Cui'oau, parent du ch&lelain de Nouans, et celui de M. de Montesson dés la fin de juillet 1789 vinrent terrifier Besnard, eft'rayé aussi par les cris' des émeutiers hurlant dans les rues du Mans, mais cantenus encore alors par Vatem^e et ses dragons. La punition des assassins de M. Cureau rendit un instant le calme à la contrée voisine de. Nouans; mais une mesure néfaste, le serment à la constitution civile du clergé, fut bientôt un nouveau brandon ^e discorde et une source de tristes événements* Besnard, comme je lai dit plus haut, fut un des premiers à prêter serment ; il resta dans Sa paroisse et ne cessa ses fonctions de prêtre que lors die la suppression du culte, à la fin de 1793.
11 se disposait à quitter Nouans, et avait vendu son mobilier, lorsque Talerte causée par l'arrivée des Vendéens au Mans vint précipiter son départ.
caste!. Tout en rendant pleine justice aux mérites de ce livre^- Je regretfe*'que son savant auteur n'ait pas plutôt songé i reproduire uniquement les Mémoires de M. Dacastei; en Ifs complétant par des notes.— Voir page 184 les quelques renseignements donnés par le ruré de Marolles sur Ie5 Vor»léens da9£ le Maine.
Il 8*enftiit du eôtë d'Alençon; après avoir brûld toute sa correspondance et ses manuscrits, (cmémé celui de Xénophon à Scillonte. » Le fatigue et la peur Tempéciiant dé marclier, il achète sur la route « un bidet » dont Téquipage consistait en un bridon à rênes de corde et une bàtine rem-* . bourrée d'une toile à paillasse. Quant à lui, il portait un pantalon, une veste à la carmagnole et une vieille carnassière qui contenait son denuit. C'est en cet équipage que, par la route de Grande champ, il se rend à Alençon, où il apprend « la mise eu déroute complète des Vendéens, avec uue perte énorme en tués, blessés, prisonniers et bagages de toute espèce* »
Ses effets avaient été adressés au Mans par sa gouvernante; il se met aussilôt à leur recherche. Je lui laisse la parole pour retracer le tableau que présentait Le Mans à son arrivée :
4t Je me, rendis au Mans par la grande route, avec un passeport qui me donnait la qualité de cultivateur; mais quoiqu'on montât la garde dans tous les bourgs par lesquels j*eHS k passer, gr&ce à mon costume et à Taccoutrement de ma chétive monture, on ne me le demanda en aucun endroit.
« Lorsque j'arrivai au Mans, chez Tami Che^ vallier, alors vicaire épiscopal, tout y était dans le trouble et Pagitation, d'abord dans sa maison où une trentaine de Vendéens qui y avaient log^, la plupart atteints de la dyssenterie, avaient couvert les planchers et Tescalier de leurs ordures, excepté sa chambre occupée par un de leurs ofil'-. ciers, M. de Saint-Hilaire, qui, flatté de ce qu'on n'en avait rien enlevé, et que même on lui avait laissé sur une table une pile de linge à son usage, avait défendu le pillage aux siens, sous peine de mort, et étabU uue sentinelle à la porte de la cave dont on lui avait laissé la def ; puis dans toutes les rues de la ville dans laquelle on
ramenait sans cesse des tratnards fugitifs, que Ton entassait dans les églises avec les autres prisonniers, dont on fusillait tous les jours un assez grand nombre.
« Entré dans une église qui servait de prison aux femmes, je fus frappé du spectacle le plus lamentable qui puisse être offert aux regards. • €es malheureuses, couchées à demi nues sur un peu de paille, et surtout les dames à qui on n'avait laissé qu'un simple jupon, n'attendaient que la mort, manifestant le désespoir dont elles étaient atteintes, moins par les larmes et les sanglots que par le sombre accablement sous lequel on eût dit qu'elles étaient prêtes à succomber. Cet horrible tableau n* est jamais sorti de ma mémoire.
<x Ce fut à la sortie de cette église que j*appris l'arrivée de trois commissaires envoyés d'Angers parles représentants du peuple; je me déterminai à les aller trouver sans autre butque de l^ur parler^ si j'étais admis à leur audience, de ce que je venais de voir, et de m*informer de ce qu s'était passé à Angers où j'éfais dans Tinteotion de me rendre.
« Je fus agréablement surpris de trouver, en les abordant, deux de mes anciennes connaissances, Allain, ci-devant procureur et camarade de collège à Doué, et Proust, apothicaire, frère du célèbre chimiste avec lequel il savait que j'étais intimement lié ; je ne me rappelle pas le nom du troi- ' sième,mais je reçus le meilleur accueil de tous et surtout l'assurance de faire cesser les fusillades à l'égard des femmes, et ils tinrent parole.
« Un nouveau spectacle hideux m'attendait sur la route d'Angers, surtout depuis Ponllieue, au sortir du Mans, jusqu'à Arnag'e où le combat avait commencé à s'engager. Je voyais de distances en distances très-rapprochées, dans les fossés qui bordaient le chemin, des cadavres à demi enterrés, dont on apercevait distinctement quelques membres.
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« En arrivant h La Flèche, je trouvai la ville encombrée de troupes républicaines qui allaient rejoindre le gros de Tarmée commandée par le général Marceau, avec lequel j'eus l'honneur, étant logé à la même auberge que lui, de souper et dont je ne pouvais me lasser d'admirer les manières Simples et le caractère de douceur, qui présentaient un contraste si frappant avec li guerre impitoyable qu'il avait à poursuivre. Ce fut aussi dans celte soirée que je vis pour la première et dernière fois l'adjudant général Ganuel, qui, dévenu général sous Bonaparte, s'est fait si tristement remarquer en commandant une fraction d'armée vendéenne, à la tête de laquelle il vint piller, dix ans après, la ville de Thouars, aux portes du lieu de sa naissance. »
Besnard poursuit sa roule jusqu'à Angers qu'il trouve terrifié par la guillotine en permanence et se retire chez sa belle-sœur aux Alleux. Vient l'arrêté qui ordonne aux habitants de la Vendée, restés fidèles à la République, d'évacuer le pays voué à la ruine et à la dévastation ; « pour en assurer Texécution, un incendie général des propriétés avait été prescrit, et tous les soirs nous avions sous les yeux le spectacle d*uue ligne presque continue de flammes qui semblaient terminer l'horizon. » Besnard est un des commissaires envoyés à Nantes auprès des représentants Francaslel et Prieur de la Marne, pour les supplier de révoquer ce barbare arrêté.
Il décrit d'une façon piquante son entrevue avec Prieur « qui, prenant une chaise qu'il éleva en l'air en la tenant au-dessus de ma tête, s'écria qu'avec elle seule il aurait exterminé tous les Vendéens. Je crus bien qu'il allait en fournir la preuve, en la laissant tomber sur ma tête de toute la vigueur de son bras ; et ce citoyen était grand et fort. » l^nfin Prieur s'apaise et laisse
îQSensiblemeiU retomber la chaise sur le plancher. Besnard retourne aux Alleux, après avoir assez heureusement rempli sa mission, et reste dans le pays, où H les flammes lui présentaient qiiel<|uefois, surtout dans les ténèbres de la nuit, Tidéede la combustion, du globe. >• Il ne savait que devenir quand il reçut a de Tami Chevallier une lettre portant invitation pressante de revenir au Mans. »
« J'hésitai d'abord, parce que je savais avoir encouru rinimilié d'un jeune homm^ nommé Bazin, tout puissant dans la Société populaire qui, comme on sait, décidait alors la mise en accusation et par conséquent la ^condamnation à mort des individus. 11 pouvait m'avoir oublié absent, mais présent dans une ville où tout le monde se connaissait, je craignais de rappeler des souvenirs mal éteints. Cependant je me déterminai sur une deuxième, dans laquelle il écrivait qu'il s'agissait do fonder une fabrique de mouchoirs de Gholet, par lo moyen d'une foule qui se grossissait tous> les jours d'ouvriers et d'ouvrières de celte Vendée que la loi obligeait de quitter leurs foyers et qui déclaraient vouloir se fixer au Mans, et cela en société avec le citoyen Juteau et lui.
« Outre que j'avais acquis quelques connaissances dans la fabrication, des loiles de Mamers et de Frcsnay, dont j'avais étudié et suivi les procédés pendant plus de deux aos, je compris qu'il serait facile de faire envisager cette entreprise par le club comme un acte public de patriotisme, . s'agissant de donner- dq travail et du pain à de malheureux patriotes chassés de leurs foyers et par là me soustraire à la rage des dénonciateurs, par conséquent de vivre et rester tranquille au milieu d'occupations philauthropiques. Je revins donc au Mans et j'y^ignai l'acte de société pour trois ans, avec mes amis Juteau et Chevallier.
(c Tgvit étaU^ créer, méliera, MS^ensUes^ matières ,
DANS LA SARTHlE. ttU
premières, teinturerie, blaQebisserie, et secondés par ces mômes réfugiés qui avaient hâte de gagnée quelque cbose par leur travail, nous en vînmes beaucoup plus tôt à bout que nous ne Tespêrions. Avant la fin du troisième mois, nous avions soixante-quinze métiers battants, quatre à cinq cents fileuses et près de mille individus occupés. »
Besnard explique ensuite (mais je ne puis tout citer) comment Garnier dé Saintes vint au Manspour mettre fin à l'abus des dénonciations perpétuelles de la Société populaire. Il raconte longuement la fameuse séance de la Couture, du 7 germinal, dans laquelle furent arrêtés les Bazinistes. Après le départ des agitateurs du club, les habi^^ tants redevenus tranquilles, grâce iu Garnier de Saintes, « purent se livrer en toute sécurité aux plaisirs de la société, pendant que Paris et la France entière manquoient de pain et gèmissoieat
sous le régime de la terreur La mort de
Robespierre ne modifia que bien peu cette situation, puisque depuis la mission de Garnier nous jouissions de presque tous les avantages qu'elle procura au reste de la France. »
Nous voici arrivés au 9 thermidor: je n'ai pas ici à poursuivre plus loin Tjntéressant récit de la vie de Besnard, qui allait bientôt, comme président de Tadministration départementale de la Sarthe, être appelé à jouer un rôle politique important, surtout par suite de ses relations intimes avec La Revellière-rLépaux. II était alors encore attaché à sa fabrique, et s'occupait de la gestion du dehors. Il avait rendu, dit^il, « un service réel aux réfugiés en leur procurant un gain journalier double et triple en valeur des secours qui leur étaient accordés, et même à la ville, en prenant gratis des apprentis qui pouvaient y créer et perpétuer un genre d'industrie qui {^yail jntrodviH h Çholet et
dans son arrondissement un si grand nombre de fortunes considérables. »
Cependant .la manufacture du Mans n'eut pas une longue existence ; Besnard, au lieu d'y trouver une source de gains, y rencoutra plutôt la perte de sa fortune et fut obligé de revendre la Visitation qu'il avait achetée pour y installer sa fabrique.
Il dit à ce propos qu'il refusa les offres qui lui fu~ rent faites par quelques-uns de ses amis, membres de la Société de la Forêt noire^ Leroux, Aubert,elc., de se mêler à leurs opérations, consistant à acheter en masse des biens nationaux, et à les revendre après avoir démoli les éditices, et abattu les bois de futaie. Ils se proposaient, de plus, d'obtenir la fourniture des armées de terre et de ther, grâce au crédit et à 1 influence de Tami de La Revellière- Lépaux. Besnard réfute aussi à sa manière les allégations du factum de Mortier- Duparc, dont j'ai parié et qu'il attribue à Tinstigation de Ménard- La Groie, d'Yzambartet mémedeBazin. Toute cette partie des Mémoires de Besnard n'est, au reste, autre chose que son apologie et la défense de sa gestion de président du directoire du département.
Ce n'est pas le lieu d'en parler à cette place. J'espère d'ailleurs que ces Mémoires ne seront pas longtemps, peut-être, sans être livrés à la publicité. Je suis heureux que l'obligeance toujours si courtoise de M. Port m'ait permis dès aujourd'hui d'en donner comme un avant-goât à mes •lecteurs. C'est grâce à elle que j'ai eu la bonne fortune de leur apporter encore, k la tin de ce livre, une précieuse description, faite par un téçnoin irréfragable, des scènes de deuil dont Le Mans fut le théâtre dans les jours qui suivirent la déroute vendéenne.
f\^ oy TBQisiç&fE; ET P^RNier vQi^yafç,