SCÈNE X
LOlET, MARIE-ANNE DEVERIQUE.
LOZET— Quoi ! toi ici ! d'où viens-tu ? où vas-tu ?
MARIE-ANNE.— D'où je viens ? De la ville. Où je vais ? je vais dans les bois . avec les sauvages.
LOZET. — Toujours des folies... pauvre Marie- Anne !
MARIE-ANNE.— Tu m'as dédaignée; tu n'as pas voulu m' épouser, je me suis jetée dans les plaisirs. Oh ! j'ai été bien recherchée, bien aimée.
LOZET— Sois donc sage, maintenant^ sois donc sage. Ta vieille mère a tant de chagrins.
MARIE-ANNE.— Du chagrin ? Ah bien !
qu'est-ce que cela me fait ? C'est aussi naturel d'avoir du chagrin quand on est vieux que du plaisir quand on est jeune. Vive la joie !
LOZET. — Pauvre Marie-Anne, un peu de réflexion et tu regretteras ta conduite.
MARIE-ANNE.— Tonkourou était ici:
est-il parti ?
LOZET.— Oui, il vient de partir.
MARIE-ANNE. — Ta femme est - elle bien ?
LOZET— Très bien. Elle vient de sortir.
Je pense qu'elle est allée chercher le petit chez François Boisvert.
MARIE-ANNE. — As-tu plusieurs enfants?
LOZET. — Je n'ai qu'un petit garçon.
MARIE-ANNE. — Quel âge a-t-il.
LOZET.— Il a 5 ans. Mais, assied-toi donc.
MARIE-ANNE. — Non, il faut que je voie Tonkourou. Je m'ennuie avec les blanc. Je vais essayer de vivre avec les peaux rouges. Vive la liberté ! Vive l'amour ! Bonsoir, Jean. Adieu ! Des amitiés à ta femme. (Elle sort.)