‹ Les vengeancesChapitre 11 sur 82 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

lozet seul.

LOZET. — (Marchant dans V appartement.) Pauvre Marie-Anne ! Je l'ai aimée

pourtant ! Oui, je l'ai aimée Mais elle

était si coquette. Elle amusait tant d'amoureux à la fois ! Et je n'étais pas d'humeur à me faire jouer. C'est heureux que je ne l'aie pas épousée. Sacristie ! Je crois qu'il y aurait eu du brouille dans le ménage. Elle est bien pervertie. C'est un peu la faute à sa mère. Oui sa mère l'a trop laissée sortir seule le soir, dans les veillées. Elle lui a trop dit qu'elle était belle et qu'elle épouserait un seigneur si elle le voulait. Il faut que les mères veillent sur leurs filles. Aujourd'hui la vieille regrette bien d'avoir été si aveugle et si négligente. Il est trop tard.. SCÈNE XII.

LOZET, BAPTISTE GAGNON.

GAG-NON. — Entre, une poche de sarrasin sur le dos. — Bonjour, Jean. Je viens de rencontrer la mère Bibaud. Elle m'a dit que tu demandais ton sarrasin.

LOZET. — C'est vrai. Quand je prête je ne donne pas. Si vous n'avez pas le moyen de rendre, demandez par charité.

GAGNON. — Tu n'as pas besoin de te fâcher, Jean, ça ne vaut pas la peine, pouf

un minot de méchant sarrasin. Tiens ! le voici ton sarrasin.

LOZET. — Comment, du méchant sarrasin ?.. .du sarrasin net comme ma main et qui fait des crêpes jaunes comme de l'or.

GAGNON. —On te connait, Jean, tu prêtes ce que tu as de plus mauvais, et il faut te rendre du meilleur. Tu ne t'enrichis pas de rien. Tiens ! regarde,le trourestu de ton goût? Je n'ai pas envie de passer mon temps à disputer. (Lozet examine le grain,)

LOZET.— Pas trop beau ! pas trop beau ! N'importe ? c'est mieux que rien. Le compte y est-il ?

GAGNON— Tu le mesureras et tu le sauras. Merci, bonsoir ! (Il sort à la porte il dit tout haut.) — Je lui ai joué un bon tour. C'est du sarrasin que je viens de prendre dans sa grange. (Mad. Lozet entre.)

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