SCÈNE IX
LOZET, RUZARD.
LOZET. — (dans la porte, parlant à ceux qui sont dehors : Allons ! vous n'entrez pas vous autres ?
LANGLOIS [dehors] Dans une minute, M. Lozet. On va ici chez Maxime, acheter de la pinparmane ( pepperminté) pour défrayer les filles.
LOZET, entrant. — Ces amoureux ! ces
amoureux ! ça dépense ! ça dépense !
RUZARD. — C'est avec des sous qu'on * fait des piastres
LOZET. — Oui, mon cher François, et c'est avec des piastres qu'on achète des propriétés.
RUZARD. — Ce n'est pas en gaspillant des sous que vous êtes devenu le plus riche habitant de la paroisse.
LOZET. — Pas le plus riche, mais
RUZARD. — Le plus riche, oui ! Lazé Leclerc a plus grand de terres mais il a des dettes ; Jos Bélanger a bâti une maison
qui va manger sa terre Et vous savez
cultiver, vous. Vous n'aimez pas la routine.
LOZET. — Pour cela, par exemple, je
m'en vante Tu sais cultiver, aussi
toi tu fais de l'argent Tu comprends bien que le père Lozet n'agit pas en aveugle quand (il tape sur V épaule de Ruzard) il te choisit pour son gendre.
RUZARD. — Ah ! quel bonheur !
LOZET. — Je te parle franchement, moi, pas de porte d'arrière ! Tu aimes Louise j tu l'auras
RUZARD.— Louise ! oh ! oui je l'aime ! . . . . Mais elle, m'aime-t-elle ? elle ne me l'a pas avoué encore ,
LOZET. — Ces choses-là se laissent deviner (les femmes entrent et s1 asseoient
autour de V appartement.)