SCÈNE V
TONKOUROU. — Oui je le hais ! je le connais bien, moi, ce capitaine ! quand il s'est démis un bras, c'est moi qui l'ai soigné. J'ai vu sur ce bras Ah ! qui
l'aurait jamais cru ! Et comment cela
peut-il se faire ? j'ai reconnu des
signes que personne ne connaissait
personne, si ce n'est le vieux chef Sioux à
qui j'ai vendu l'enfant il y a 20 ans
quel hazard singulier a rejeté C3t homme entre mes mains ? Tonkourou, tu es chanceux dans tes vengeances ! Et la jeune fille blanche, Lisette, oui Lisette, qui m'a méprisé il y a 25 ans a été bien punie de sa témérité. Je l'aimais cette jeune fille ; je voulais être son mari. J'étais jeune, fort, bon chasseur! Elle m'a donné un soufflet un jour que je lui disais mon amour.
Ah! l'indien sait se venger Il attend
longtemps quelquefois ; mais son heure arrive inévitablement. La jeune fille blanche s'est mariée à Lozet. Elle a eu un enfant, un beau petit garçon Ah ! elle
l'aimait bien son petit garçon... Un soir... Oh ! la belle vengeance, la belle vengeance ! Et puis l'on ne m'a jamais soupçonné. — Mes mesures étaient bien prises Aujourd'hui, le hazard rejette dans mes bras cet enfant devenu homme. Je me vengerai une seconde fois Alors seulement,
je révélerai tout Car il faut que l'on
sache que c'est moi qui ai fait tout le mal. Alors le désespoir de la mère Lozet sera terrible et ma joie sera grande ! Cachons-nous, le voici qui arrive. (Léon entre.)