PAUL LAPERCHE, LEON
LÉON. — Toi, ici ! qui cherches-tu ?
Viens-tu voir si le tour que tu m'as joué a bien réussi. Des tours comme celui-là tu peux m'en jouer tous les jours ; je n'en serai pas fâché. Et puis cela te paiera, car je te donnerai le double de la somme que te donneront Tonkourou et Ruzard ? Combien t'ont-ils donné ?
PAUL. — Ils ne m'ont rien donné !...
LÉON. — Combien t'ont-ils promis ?
PAUL. — Rien.
LÉON. — Ne mens pas, petit Paul, je sais tout je ne t'en veux pas ; au contraire, je suis bien aise Est-ce qu'ils
t'ont défendu d'en parler ?
PAUL. — Non.
LÉON. — Est-ce Ruzard qui t'a envoyé ?
PAUL.— Non.
LÉON. — Alors c'est Tonkourou Tu
ne parles pas Tu n'as pas besoin de
craindre.
PAUL. — Je savais bien que vous ne seriez pas fâché !..
LÉON. — Tu vas à la cabane de Tonkourou, hein ? Tu diras au sauvage que je le remercie beaucoup. Vas-tu chercher ta récompense ?
PAUL. — Non monsieur
LÉON. — Vas-tu prendre ses ordres pour une nouvelle farce ?
PAUL. — Je m'en vais, je suis pressé !... (Il s1 éloigne.)
LÉON. — Arrête ! arrête ! tiens 1 (Il lui
donne une pièce oV argent) tu vois que je suis content de toi.
PAUL. — Merci, monsieur !...
LÉON. — Es-tu bien pressé ?
PAUL.— Oui
LÉON. — Pourquoi donc ? (Paul ne répond pas.) Pourquoi ? réponds
PAUL. — Pour rien
LÉON — Ah ! par exemple, si tu veux te moquer de moi, ça ira mal. On est seul
ici et je te
PAUL. — Vous ne direz pas que je vous l'ai dit?...
LÉON . — Jamais !... sois tranquille
PALTL. — Les Anglais sont arrivés pour vous prendre.
LÉON, surpris. — Les Anglais ? les Anglais ? qui leur a dit de venir ? où sontils ? (Use frappe le front) Ah ! Ruzard et Tonkourou ont été à Québec la
semaine dernière ! je devine ! c'est
cela ! Les misérables ! Petit Paul, ce sont Ruzard et Tonkourou qui ont été leur
dire de venir me prendre
PAUL. — Us sont descendus en ville tous les deux en canot d'écorce.. . mais je ne sais pourquoi... seulement ils m'ont dit de les avertir si je voyais arri :er les
Anglais
LÉON . — Et tu vas avertir Tonkourou ?
(Paul ne répond pas.) Vas-y ! Tu ne
vaux pas mieux qu'eux! (Pa'd part
en courant.)