‹ Les vengeancesChapitre 45 sur 82 · PAUL LAPERCHE, LEON · texte numérisé non relu

PAUL LAPERCHE, LEON

LÉON. — Toi, ici ! qui cherches-tu ?

Viens-tu voir si le tour que tu m'as joué a bien réussi. Des tours comme celui-là tu peux m'en jouer tous les jours ; je n'en serai pas fâché. Et puis cela te paiera, car je te donnerai le double de la somme que te donneront Tonkourou et Ruzard ? Combien t'ont-ils donné ?

PAUL. — Ils ne m'ont rien donné !...

LÉON. — Combien t'ont-ils promis ?

PAUL. — Rien.

LÉON. — Ne mens pas, petit Paul, je sais tout je ne t'en veux pas ; au contraire, je suis bien aise Est-ce qu'ils

t'ont défendu d'en parler ?

PAUL. — Non.

LÉON. — Est-ce Ruzard qui t'a envoyé ?

PAUL.— Non.

LÉON. — Alors c'est Tonkourou Tu

ne parles pas Tu n'as pas besoin de

craindre.

PAUL. — Je savais bien que vous ne seriez pas fâché !..

LÉON. — Tu vas à la cabane de Tonkourou, hein ? Tu diras au sauvage que je le remercie beaucoup. Vas-tu chercher ta récompense ?

PAUL. — Non monsieur

LÉON. — Vas-tu prendre ses ordres pour une nouvelle farce ?

PAUL. — Je m'en vais, je suis pressé !... (Il s1 éloigne.)

LÉON. — Arrête ! arrête ! tiens 1 (Il lui

donne une pièce oV argent) tu vois que je suis content de toi.

PAUL. — Merci, monsieur !...

LÉON. — Es-tu bien pressé ?

PAUL.— Oui

LÉON. — Pourquoi donc ? (Paul ne répond pas.) Pourquoi ? réponds

PAUL. — Pour rien

LÉON — Ah ! par exemple, si tu veux te moquer de moi, ça ira mal. On est seul

ici et je te

PAUL. — Vous ne direz pas que je vous l'ai dit?...

LÉON . — Jamais !... sois tranquille

PALTL. — Les Anglais sont arrivés pour vous prendre.

LÉON, surpris. — Les Anglais ? les Anglais ? qui leur a dit de venir ? où sontils ? (Use frappe le front) Ah ! Ruzard et Tonkourou ont été à Québec la

semaine dernière ! je devine ! c'est

cela ! Les misérables ! Petit Paul, ce sont Ruzard et Tonkourou qui ont été leur

dire de venir me prendre

PAUL. — Us sont descendus en ville tous les deux en canot d'écorce.. . mais je ne sais pourquoi... seulement ils m'ont dit de les avertir si je voyais arri :er les

Anglais

LÉON . — Et tu vas avertir Tonkourou ?

(Paul ne répond pas.) Vas-y ! Tu ne

vaux pas mieux qu'eux! (Pa'd part

en courant.)

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