LE CAPITAINE LEON
LÉON, se portant la main au front. — Est-ce un rêve ? quelle scène ! Est-ce un
piège qu'on m'a tendu ? Ah ! Ruzard !
Ah! Tonkourou! je vous reconnais!
{Il marche.) Je ne soupçonnais pas toute
votre perversité ! Vous avez dit, je le
devine, que c'est moi qui ai brûlé la grange du père Lozet. Vous êtes capable de jurer que c'est moi ! Vous êtes capables de tout je ne me suis pas assez
défié de vous ô Ruzard ! je m'explique maintenant ton hypocrisie quand je
t'offris ma bourse pleine d'or ! Tu la
refusas après m'a voir fait promettre de te
la donner tu la refusas, parceque je te
l'offrais devant quelqu'un tu la fis
prendre par Tonkourou... ô hypocrite !... j'aurais dû te confondre alors !... Ah ! je suis fatigué {il s'arrête de temps en temps) de cette existence ! Je vais partir ! je vais m'éloigner de ce rivage !... j'ai perdu tout
ce que je possédais je n'ai plus rien
qui m'attache à la terre... Plus d'amis !
plus de famille ! j'irai mourir pour la
liberté! j'aiderai le* patriote* qui
ont jeté le cri d'alarme On se rassemble à St. Denys, à St. Charles ! j'irai à St. Denys! j'irai à St. Charles ! j'irai partout où la liberté a besoin d'un défenseur, je verserai mon sang pour la défense du peuple... Du moins si ma vie est inutile,
ma mort ne le sera point (Paul
Laperche arrive . )