LÉON, LA SORCIÈRE
LÉON. — Les traitres! les misérables !... (Il marche.)
LA SORCIERE, riant.— Ha ! ha ! ha !
je te le disais bien !... moi, je pourrais te sauver... je peux conjurer l'enfer.
LÉON. — Arrière ! laisse-moi ! laisse-moi !
(Il marche.) Trahi ! encore trahi !
Pourvu qu'ils ne livrent pas mes amis[!... Mais ils ne me prendront pas ! oh ! ils ne me prendront jamais !
LA SORCIÈRE. — Pourquoi refuses-tu mes services ? Ils m'ont maltraitée, je veux me venger
LÉON— Je te l'ai dit, je ne veux rien de toi... Laisse-moi tranquille !...
LA SORCIÈRE.— Prends garde!... toi aussi !
LÉON, s' adossant à un arbre. — Les traîtres ! les traîtres ! je ne leur ai pourtant jamais fait de malj... (il marche et s"1 arrête tout à coup) Les voilà qui partent en canot!... oh ! les imprudents!... dans l'état d'ivresse où ils sont!... Mon Dieu! ils vont verser !.. ils vont verser !... Ah !... les voilà à l'eau \ Ils vont se noyer ! ils se noient
LA SORCIÈRE.— C'est bon pour eux !
Vive la mort !
LÉON, paraissant lutter contre, une mauvaisé,pebsée. — Mon Dieu!. . . Arrière, mauvaise pensée !. . . Non ! non ! Il faut que je les bauve (Il ôte son habit.) ■ JiA SORCIÈRE, se cramponnant à lui. — "Non ! laisse-les périr !
LÉON, cherchant à se débarrasser. — Laisse-moi ! laisse-moi ! je veux les sauver !
LA SORCIÈRE— Tu ne • les sauveras pas !
LEON, repoussant la vieille qui tombe.
— Je les sauverai pour l'amour de Dieu. (Il s'élance vers le fleuve où Von voit les malheureux se débattre.)