‹ Les vengeancesChapitre 51 sur 82 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

TONKOUROU.

TONKOUROU, en guenilles ici, enfin ! c'est ioi ! Me voilà de retour: Quel voyage j'ai fait! Quelle marche!

Ah ! je ne puis me résoudre à entrer maintenant Non, je reviendrai quand la

nuit pourra cacher la rougeur de mon

front je me suis caché derrière la talle

d'aunes là-bas et j'ai entendu parler Ru-

zard et la sorcière Ruzard se marie —

Il épouse Louise ! Eh bien ! Malheur !

c'est mon ouvrage ! c'est mon ouvrage !... Non ! ce n'est pas possible ! il ne déshonorera pas cette innocente jeune fille

Je l'en empêcherai Je dirai tout !

oui, tout ! Mais, comment moi qui suis si coupable, comment reprocher aux autres

leurs fautes? Ah! Léon Léon!

c'était un ange ! Je lui ai fait bien du mal, il m'a toujours fait du bien. — Depuis qu'il m'a sauvé la vie quand je me noyais, il s'est opéré un changement extraordinaire dans mon âme... Mes yeux ont vu clair...

Auparavant, j'étais dans les ténèbres!

Ceux qui font le bien pour le mal ne se ■doutent pas de leur puissance Le sauvage est vindicatif ! il est reconnaissant

aussi ! Depuis que le capitaine m'a

vaincu par sa grande vertu, il n'a pas eu de plus fidèle ami que moi. — Mon espoir

était qu'il ne serait pas tué à St. Eustache. . . . Hélas ! j'aurais fait bien des heureux !■ . .

Maintenant je mourrai de désespoir

Et je ne dirai rien Il vaut mieux que

je me taise !

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