‹ Les vengeancesChapitre 55 sur 82 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LOZET sortant de sa maison. — Tu te trompes, Marie-Anne, tu te trompes : la miséricorde de Dieu est inépuisable.

LA SORCIÈRE.— Ah ! on meurt comme

on a vécu J'ai vécu dans le mal, j'y

mourrai ! c'est une fatalité

LOZET. — C'est mal de désespérer

LA SORCIÈRE. — Donne-moi quelques sous, cela me fera plus de bien que tes conseils

LOZET. — Tu sais bien que je n'aime pas à te donner des sous tu les gaspilles, tu les bois si tu a faim, entre

dans la maison. Il y a. toujours du pain pour eaux qui ont faim.

LA SORCIÈRE. — Ah ! je n'entre pas !

Je n'entre pas ! Je ne veux déranger

personne. Ils se préparent pour le mariage, je suppose

LOZET. — Les pauvres ne nous dérangent jamais... Tu peux entrer.

LA SORCIÈRE. — Quand on est riche, il n'est pas malaisé de donner.

LOZET. — Quand on est pauvre, on doit recevoir avec joie

LA SORCIÈRE.— Tu maries ta fille, Jean ?

LOZET.— Oui, demain

LA SORCIÈRE. — Demain ! i avec

Ruzard ?

LOZET.— Oui.... c'est un bon parti. . .. Excuse, je suis pressé. (Il sJ éloigne.) ', »

LA SORCIÈRE. — Tu ferais mieux de né' pas la marier ?

LOZET. (Sans se détourner.) — Tais-toi donc, vieille folle (Il disparaît.)

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