‹ Les vengeancesChapitre 56 sur 82 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LA SORCIÈRE, RUZARD, TONKOUROU. '

LA SORCIÈRE.— Oui ! il ferait mieux

de ne pas la donner à Ruzard, sa fille

Je le connais, moi, ce gibier-là, c'est mon

élève Il est digne de moi !

(Elle aperçoit Ruzard et Tonkourou et se retire un peu.)

RUZARD arrivant avec TonJcourou. — Tu parais bien mystérieux. Viens mon

vieux, tu seras des noces Ruzard est

toujours bon compagnon.

TONKOUROU.— Tu ne te marieras pas.

RUZARD. — Hein ? Je ne me marierai pas ?

TONKOUROU.— Non.

RUZARD. — Pourquoi?

TONKOURO U.— Parce que je ne le veux pas.

RUZARD. (prenant la main à Tonkourou.) — Tonkourou, mon ami, souviens-toi..

TONKOUROU.— Je ne me souviens que trop Tu ne te marieras pas

RUZARD. — Ah! si tu savais comme je l'aime !

TONKOUROU.— Tu l'aimes ?

RUZARD.— Je l'aime à la folie !. . . . Je la rendrai heureuse ! Et puis, elle m'aime !

TONKOUROU.— Elle t'aime ? En es-tu certain ?

RUZARD.— Oui.

TONKOUROU.— La pauvre enfant ! . . .

Tu la rendras heureuse ?

RUZARD. — Je le jure....

TONKOUROU.— Alors renonce à la dot, renonce au bien du père Lozet

RUZARD.— Hein ?

TONKOUROU, (lentement.) — Renonce

au bien du père Lozet

, • 'RUZARD. — Mais pourquoi

' 'TONKOUROU.— Parce que je le veux. . . Du reste, Lozet et Louise ne t'en estimeront que plus.

RUZARD. — Tes 100 louis. ... tu ne les veux donc plus ?

TONKQ/OIîOU.— Non !. . . .

RUZARD, (à part.) — Damnation !

TONKOUROU. — Veux-tu te marier quand même ? Tu ne réponds pas ?

RUZARD. — Oui, je le veux, (àpart.) Pourquoi est-il arrivé sitôt, le misérable !

TONKOUROU (5e retirant.)— Ruzard, prends garde !

RUZARD. (haïssant la tête et gardant un moment le silence.) — Tonkourou, prends garde !

LA SORCIÈRE (revenant.)— J'ai faim. .

il faut toujours bien mettre l'orgueil de

côté et ne pas se laisser mourir de faim

si j'avais un v^rre de rhum ! Entrons !

{Elle va vers la porte.)

RUZARD.— Aie ! la mère ! (La sorcière se détourne.)

LA SORCIÈRE.— Que me veux-tu ?

RUZARD.— Arrêtez donc un peu

Venez ici (La vieille vient vers lui.)

Personne ne nous écoute ? vous savez

qu'on vous craint comme le feu ?

LA SORCIÈRE.— Oui . . et avec raison . .

RUZARD. — Vous savez que la petite Bibaud m'a aimé. Je l'ai fréquentée un

peu Je i'aimais Et je lui ai fait des

promesses ça fait que vous savez !..

Elle veut tout déclarer cela pourrait

retarder mon mariage Voyez-la donc. . .

Faites-lui peur Dites-lui que si elle en

desserre les dents, vousjlui jetterez un sort..

LA SORCIÈRE.— Tu paies si bien, ce n'est pas de valeur de travailler pour toi.

RUZARD. (Mettant un écu dans la main de la sorcière.) — Tenez !. . . . et je vous en donnerai encore, si vous arrangez l'affaire..

au moins pour jusqu'à demain après le

mariage

LA SORCIÈRE. (Riant et regardant son écw.)-Deux pots de rhum ! Deux pots !..

J'arrangerai bien l'affaire (Elle entre

dans la maison.)

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