‹ Les vengeancesChapitre 75 sur 82 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LÉON, AUGER, TONKOUROU.

AUGER. — Bateau ! mon cher capitaine, je vous croyais bien mort.

LÉON.— Hélas ! j'aimerais autant l'être si Louise m'est ravie !

AUGER.— Bateau! on verra! Je

vais avertir le curé (On entend des

plaintes) qu'est-cela? des plaintes?

LÉON. — Oui ! oui, des plaintes

AUGER. — De ce côté, je crois. (Il indique le cap.)

LÉON. — Allons voir. (Ils se rendent au pied dit cap.)

AUGER et LÉON.— (apercevant Tonkourou) Ah !

LÉON— C'est Tonkourou!

AUGER— C'est Tonkourou!

LÉON, touchant le sauvage : Tonkourou ! Tan kourou ! . . . .

AUGER. — Sans connaissance! terriblement blessé !

LÉON. — 11 a tombé en bas du cap. . . .

AUGER. — Portons-le chez Lozet

En est-on capables ?

LÉON. — Essayons toujours.. . . (Ils soulèvent Tonkourou qui semble se ranimer un peu. Ils font quelques pas en le soutenant; Tonkourou balbutie des paroles inintelligibles : peu à peu il s'affaisse.)

LÉON. — N'essayons pas à le mener plus loin ; il va mourir.

AUGER. — faisons-lui un lit sur ces rameaux.

LÉON, — Pauvre Tonkourou ! pauvre ami !

AUGER. — N'avez-vous aucun soupçon, capitaine ?

LÉON, comme frappé d' une idée subite.

- -Hein ?

AUGER, couchant le mieux possible le vieux sauvage. — Il y a quelque choie làdessous

LÉON .—Je cours chercher quelqu'un...

AUGER.— Appelons Le* maisons

ne sont pas éloignées. On nous entendra. (On entend siffler, c'est le petit Paul qui passe au loin.)

LÉON.— Tiens ! Voici que l'on vient....

AUGER, regardant du côté où se trouve

Paul. — Oui, quelqu'un c'est un petit

garçon crions ! appelons

LÉON, regardant.— C'est petit Paul, {il crie) Petit Paul ! Petit Paul !

PETIT PAUL, loin, sans être vu.— Holà ! qu'est-ce que vous voulez ?

LEON. — Ici ! viens ici !

PETIT PAUL, toujours de loin.— Je n'ai

pas le temps ! je m'en vais aux no

ces

AUGER.— Viens vite ! vite ! vite !

PETIT PAUL.— Pourquoi ?

LÉON, s' 'impatientant. — Viens donc !

mais viens donc ! [à Auger] Avez-vous

jamais vu un gamin pareil ?

AUGER. — Le voici, le voici ! [Il regarde le sauvage] Pauvre homme !

quelles blessures !

LÉON, se baissant sur Tonkourou. — Tonkourou ! Tonkourou ! [à Auger] Il entend,

je crois Il entrouvre les yeux. [Paul

arrive en courant.]

Page 1