LES MÊMES, MOINS RUZARD
LÉON, qui s'est rapproché du malade. — Si vous voulez lui dire adieu, hâtez-vous ! il semble avoir un moment de connaissance... c'est la lampe qui va s'éteindre.... (Tonkourou fuit quelques mouvements.)
LOZET, comme épouvanté de ce qu'il a
vu. — Ah ! c'est affreux ! affreux !
Ruzard ! . . . Ruzard ! qu'as-tu fait
Tonkourou ! . . . Tonkourou ! . . . ne meure pas ! . . . Arrête ! . . . Tonkourou ! . . . ( Tonkourou se 1ère légèrement et enlroure les yeux. Léon lui prend et t erre la main.)
TONKOUROU, d'une voix forte.— Mon Dieu ! soyez béni ! Lozet ! Lozet ! — je te rends ton enfant ! .. Léon, c'est ton fils !... J'en atteste le ciel!... Je le jure par le Dieu qui va me juger ! . . . Léon ! . . . voici ton père... Lozet... Léon... je voUi rends l'un à l'autre . . Mon Dieu ! merci . . Pardon! (Il retombe et meurt. Un eri s'élève : Son fils ! c'est son fils !
LEON, se jelU dans les bras de Lozet. — Mon père ! ah ! mon père ! ne me rejetez pas !
LOZET, stupéfait, immobile. — Quoi !
Est-ce possible ! il l'a juré sur le nom de
Dieu ! mon fils ! c'est mon enfant !
Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! merci ! Mon fils ! mon Léon, mon enfant ! pardon ! pardon ! [Il tombe à genoux aux pitds de son fils.]
LA mère LOZET s'est jetée en même temps au cou de son fils qu'elle embrasse avec fureur.— Mon enfant !... c'est mon enfant ! . . , (Louise tombe à genoux.)
LEON.— Mon père ! mon père ! je vous en prie ! relevez-vous ! . . .
AUGER. — Bateau ! quel coup ! ... Ah ! mon capitaine ! mon capitaine ! ça me le disait ! . . .
LOZET, se levant, va d'un ami à l'autre traînant Léon par la main. — Ah! qui l'aurait cru?... qui l'aurait cru?... Moi qui le persécutais! moi qui le haïssais!... dites donc... pou vais je deviner?... mon Léon! mon enfant!.... Oh ! tu me pardonnes!
n'est-ce pas ? tu me pardonnes? Tonkourou, pauvre ami, dors en paix! dors en paix!... Il le disait bien, toute à l'heure, que je le bénirais ! que je serais heureux ! Pauvre
enfant . . . moi qui le maltraitais !..
dis donc! quel bonheur !... Ah ! < zard vienne donc, maintenant!, d'affaire ! Mon Léon, mon capitaii ma Louise ! Viens, Louise ! [Il va vers Louise] Viens ! embrassez-vous, mes enfants . . . embrassez-vous et pardonnez-moi l [Léon et Louise se tiennent embrassés un instant]
La Mère LOZET, donnant un baiser à Léon et à Louise. — Oh ! mes chers anges !
AUGER d'une voix effrayée.— Regardez donc !
PLUSIEURS . — Quoi ?
AUGER, montre la cime du cap, on y voit Ruzard debout. — Ecoutez ! écoutez ! bateau ! que va-t-il faire ?
RUZARD. — Viens, ô ma bien-aimée !
Viens dans mes bras ! Louise, tu
tardes trop ! La voici ! la voici !...
0 Louise, je t'aime ! Ah ! Louise
reçois-moi dans tes bras ! [Il se jette dans l'abîme.]
TOUS.— Ah !
AUGER— Le misérable !
Le pére BÉLANGER. — Quel exemple !..
LOZET, tombant à genoux. — Ah ! mon Dieu ! vos desseins sont impénétrables I..,