SCÈNE IX
Les mêmes, Ruzard.
' RUZARD, a'hève le couplet alors commencé, puis il dit : C'est le jour de mes •noces ! Vive le plaisir! Vive l'amour !. . . .
Où est la marine? La belle mariée?
{Il siffle et danse.)
LE PÈRE BÉLANGER. — Il est fou !
TOUS !— Mon Dieu ! il est fou !. . .c'est certain ....
LOZET, allant vers Ruzard Allons!
que fais-tu ! sois sage, mon garç®n ! . . . .
RUZARD.— Ah ! c'est le beau-père !....
Va donc chez le bonhomme, toi ! (Il
fait encore un tour en sifflant et dansant. Il aperçoit Louise) Ah ! voilà l'amante du soleil! Viens sur mon cœur !...(// s'avanct vers Louise qui pousse un cri et se jette dans les bras de son père. Léon s1 avance pour
%la défendt e) La fiancée viendra à son époux quand la couche sera dressée
{ {Il aperçoit Tonkourou, et il éclate de rire.) Te voilà, Tonkourou ! qui t'a ap-
; porté ici?. . . Je t'avais jeté dans le fond du torrent, sur les cailloux
TOUS.— Ah !
AUGER. — Bateau ! c'est lui qui l'a tué !.. (On entend un sourdmurmure.)
RUZARD, continue. — Ah! je n'ai plus peur de toi. Tu ne parleras plus maintenant. . Les morts ne parlent pas. . . (Il rit encore.) Tu ne diras pas que j'étais avec toi quand tu as mis le feu à la grange du père
Lozet !. . . Tu ne diras pas que je me mariais avec Louise pour avoir le bien du bonhomme ! . . . Tu ne diras pas que c'est toi qui m'as forcé ensuite à renoncer à la dot ! . . . Ah ! j'ai trouvé un bon moyen de te fermer la bouche ! . . . Parle donc, Tonkourou, parle donc si tu en es capable !.. . Je n'ai pas peur de toi. . . ni du capitaine (Il rit.) Le capitaine, il fera la culbute, lui aussi, un bon jour, en bas du cap ! . . . . [Il danse.] Dansons. . . c'est la noce ! . . . dansons. . . [Il s'arrête regardant encore le sauvage.'] Ah! retenez donc le sauvage!
retenez-le ! . . . Il me poigne ! il nrentraîne!. . . Il m'entraîne dans l'abîme !.. . Il me tient par la jambe ! . . . Ah ! Tonkourou ! laisse-moi ! laisse-moi ! . . . Défendez-moi ! sauvez moi ! il m'enveloppe dans son linceul !.. . [Il sort en cri'int.] il m'enveloppe dans son linceul ! . . . (Mouvem°nt de surprise et de tem ur. On entend encore crici : II m'enveloppe dan»
son linceuil !