L HOMME CRÉDULE
Je vous le disais bien... j'en étais sûr.
LA PAYSANNE, aliurie.
Ben quoi ? On est encore riche, alors?
CARRIER, qui est dans le groupe.
Vous voilà rassurés, hein? Alors sortez! Laissez-nous travailler.
Oui... allez-vous-en... passez dans le hall. [Des (jarçona de bureau font sortir les obli'jalaires.)
l'qomme crédule, au commerçant.
Les cours vont remonter sans arrêt.
LE COMMERÇANT
Croyez- vous?
l'homme CRÉDULE
Parbleu I Et quand le Gouvernement aura déclaré qu'il nousprend sous sa protection, ils arriveront à quinze cents francs ou à deux mille.
le commerçant Dites donc, il y aurait peut-être un bon coup à faire 1
l'domme crédule En achetant dès aujourd'hui de la « Nouvelle Afrique » ? J'y pensais... Je file à la Bourse.
LE commerçant
Attendez-moi, je vais avec vous. {Ils sortent. Tous les obligataires sont sortis.)
CHAUVELOT, les ref/ardant sortir.
Les braves gens 1 Cette joie fait plaisir à voir 1
CARRIER
Le triomphe ! Je respire I Je vis ! Je renais ! Mon cœur s'élargit.
VERNIÈRES, qui serre les mains au baron. Ah 1 mon ami !... mon bon ami 1...
D AM'.ERVILLE
Mais, quelle émotion !
ClIAUVELOT
La fièvre du jeu !...
CARlilER
Vous souriez? Chauvelot sourit 1... Le premier sourire de Chauvelot, messieurs !
KLOBB, à Vernières.
Eh bien ! Que dites-vous deçà?
VERNIÈRES
Vous aviez raison... c'étaitle seul moyen... AhJ si j'avais su !... {Au Ixiron.) Âvez-vousvu le baron d'Urth?
LE BARON
En arrivant à la Bourse. Il était livide.
VERNIÈRES
Le gueux !
CARRIER^ se froUanl les mains.
Je gagne la forte somme... oui... comptant sur leffet de la décision prise hier, j'ai donné des ordres ce matin à mon agent de change.
DANGER VILLE
Moi aussi !
KLOBB
Moi aussi !... (A Vernières et au baron.) Dites donc... cette foule.. . tout à l'heure... j'avaispeur qu'ils ne démolissent le cofifre-fort... Les lettres de notre premier ingénieur... ses rapports con-
LES VENTRES DORÉS iâ§
fidentiels..'. et les... autres pièces... Il faudrait brûler ça 1
VERMÈRES
Diable!... détruire!... Ënfia!.., nous verrons... (// tire sa mo)itre.)De\is. heures et demie. Et la Bourse ne ferme qu'à trois heures !
CARRIER
On montera jusqu'à la clôture.
KLOBR
il n'y a plus rien à redouter.
D'A^GERVILLE
Ils ont épuisé leurs munitions. [Silence. Coup de téléphone. Ils se regardent interloqués. Le baron se meta rappareil.)
LE BARON
Allù!... Ah !... Salomon... oui, c'est moi... {Il écoute). Tonnerre]... Pourquoi?... 11 m'assassine !... {Aux adminisiraleur.s.) La Banque anglobelge vend... ses trente mille titres !,.. .
KLOBB
Trente mille titres !...
VERMÈRES
C'étaient nos alliés.
CUAUVELOT
Ils veulent devenir nos successeurs là-bas 1
CARRIER
Reprenons ces titres !
KLOBB
Tous!
d'angerville Ils les livreront après-demain, le lo.
CHAUVELOT
Nous les payerons.
CARRIER
Nous avons de l'argent en caisse.
VERMÈRES
Au moins vingt millions !
CARRIER
Oui... vingt millions. (/4m baron.) Rachetons I
CDAUVELOT
Rachetons !
LE BARON, à rnppay^eil.
Salomon !... Faites racheter le paquet!... Achetez ! Tout ce qu'on offrira... Achetez sans arrêt jusqu'à ce que les cours remontent... Achetez !... (// continue à passe?' des ordres, et tous les administrateurs, fiévreux, a^ient avec lui dans V appareil: « Achetez ! »]