‹ Les ventres dorés; pièce en cinq actesChapitre 14 sur 25 · L HOMME CRÉDULE · texte numérisé non relu

L HOMME CRÉDULE

Je vous le disais bien... j'en étais sûr.

LA PAYSANNE, aliurie.

Ben quoi ? On est encore riche, alors?

CARRIER, qui est dans le groupe.

Vous voilà rassurés, hein? Alors sortez! Laissez-nous travailler.

Oui... allez-vous-en... passez dans le hall. [Des (jarçona de bureau font sortir les obli'jalaires.)

l'qomme crédule, au commerçant.

Les cours vont remonter sans arrêt.

LE COMMERÇANT

Croyez- vous?

l'homme CRÉDULE

Parbleu I Et quand le Gouvernement aura déclaré qu'il nousprend sous sa protection, ils arriveront à quinze cents francs ou à deux mille.

le commerçant Dites donc, il y aurait peut-être un bon coup à faire 1

l'domme crédule En achetant dès aujourd'hui de la « Nouvelle Afrique » ? J'y pensais... Je file à la Bourse.

LE commerçant

Attendez-moi, je vais avec vous. {Ils sortent. Tous les obligataires sont sortis.)

CHAUVELOT, les ref/ardant sortir.

Les braves gens 1 Cette joie fait plaisir à voir 1

CARRIER

Le triomphe ! Je respire I Je vis ! Je renais ! Mon cœur s'élargit.

VERNIÈRES, qui serre les mains au baron. Ah 1 mon ami !... mon bon ami 1...

D AM'.ERVILLE

Mais, quelle émotion !

ClIAUVELOT

La fièvre du jeu !...

CARlilER

Vous souriez? Chauvelot sourit 1... Le premier sourire de Chauvelot, messieurs !

KLOBB, à Vernières.

Eh bien ! Que dites-vous deçà?

VERNIÈRES

Vous aviez raison... c'étaitle seul moyen... AhJ si j'avais su !... {Au Ixiron.) Âvez-vousvu le baron d'Urth?

LE BARON

En arrivant à la Bourse. Il était livide.

VERNIÈRES

Le gueux !

CARRIER^ se froUanl les mains.

Je gagne la forte somme... oui... comptant sur leffet de la décision prise hier, j'ai donné des ordres ce matin à mon agent de change.

DANGER VILLE

Moi aussi !

KLOBB

Moi aussi !... (A Vernières et au baron.) Dites donc... cette foule.. . tout à l'heure... j'avaispeur qu'ils ne démolissent le cofifre-fort... Les lettres de notre premier ingénieur... ses rapports con-

LES VENTRES DORÉS iâ§

fidentiels..'. et les... autres pièces... Il faudrait brûler ça 1

VERMÈRES

Diable!... détruire!... Ënfia!.., nous verrons... (// tire sa mo)itre.)De\is. heures et demie. Et la Bourse ne ferme qu'à trois heures !

CARRIER

On montera jusqu'à la clôture.

KLOBR

il n'y a plus rien à redouter.

D'A^GERVILLE

Ils ont épuisé leurs munitions. [Silence. Coup de téléphone. Ils se regardent interloqués. Le baron se meta rappareil.)

LE BARON

Allù!... Ah !... Salomon... oui, c'est moi... {Il écoute). Tonnerre]... Pourquoi?... 11 m'assassine !... {Aux adminisiraleur.s.) La Banque anglobelge vend... ses trente mille titres !,.. .

KLOBB

Trente mille titres !...

VERMÈRES

C'étaient nos alliés.

CUAUVELOT

Ils veulent devenir nos successeurs là-bas 1

CARRIER

Reprenons ces titres !

KLOBB

Tous!

d'angerville Ils les livreront après-demain, le lo.

CHAUVELOT

Nous les payerons.

CARRIER

Nous avons de l'argent en caisse.

VERMÈRES

Au moins vingt millions !

CARRIER

Oui... vingt millions. (/4m baron.) Rachetons I

CDAUVELOT

Rachetons !

LE BARON, à rnppay^eil.

Salomon !... Faites racheter le paquet!... Achetez ! Tout ce qu'on offrira... Achetez sans arrêt jusqu'à ce que les cours remontent... Achetez !... (// continue à passe?' des ordres, et tous les administrateurs, fiévreux, a^ient avec lui dans V appareil: « Achetez ! »]

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