‹ Les vepres siciliennes, tragedie en cinq actes, précédée du Discours d'ouverture du second théatre françaisChapitre 14 sur 59 · ACTE 1 , SCÈNE ty · texte numérisé non relu

ACTE 1 , SCÈNE ty

Je le sais... Est-il vrai? l'ignorez-vous encore?

En proie à la fureur de mes soupçons jaloux.

Je tremblais que Moritfort... Madame, qu’avez-vous?

AMÉLIE

Moi , seigneur î

LORÉDAN

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A ce nom Vous changez de visage !

AMÉLIE

Ah! c’est trop ra’abaisscr à souffrir un outrage;

J’ai honte du reproche où vous vous emportez ,

Je dois me l’épargner, et je veux... ,i.

LORÉDAN. -s 11 r. i , ; .

Qu’aujourd’hui,qu’àl’instant,si mon malheur vous touche, L’arrêt de mon rival sorte de votré bouche !

Il le faut; c’est de vous qu'il doit le recevoir,

Vous seule vous pouvez lui ravir tout espoir.

Blessez , pour le guérir , sa fierté trop sensible - Un amour dédaigné cesse; d’être invincible.

Madame , dites-lui qu'il prétendrait en vain S’armer contre mes droits du pouvoir souverain , M’arracher votre main à la mienne enchaînée; Nommez-lui votre époux , hâtez notre hyménée.

AMÉLIE

Qu’ordonnez-vous,grand Dieu? Moi lui dire... Ah seigneur! Qu’attendez-vous de moi ?

LORÉDAN

Mon repos, mon bonheur Vous détournez les yeux , vous gardez le silence...

Et vous voyez Montfort avec indifférence?

Je n’examine plus pourquoi vous hésitez ,

Je n’exige plus rien; je vous laisse... Ecoutez:

Vous savez quel empire il a pris sur mon âme;

A l’ardente amitié qui tous deux nous enflamme Je puis tout immoler sans regret, sans effort,

Tout , hors ce bien suprême où j’attache mon sort. Je le chéris lui seul après vous et mon père;

C’est l’ami de mon choix, c’est mon hôte et mon frère; Mais si dans mon ami je dois craindre un rival , Tremblez qu’à l’un de nous ce jour ne soit fatal.

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