‹ Les vepres siciliennes, tragedie en cinq actes, précédée du Discours d'ouverture du second théatre françaisChapitre 25 sur 59 · MONTFORT, LORÉDAN · texte numérisé non relu

MONTFORT, LORÉDAN

LORÉDAN

La princesse vous quitte et s’enfuit éperdue ; Qu’avez-vous? quel transport vous saisit à ma vue?

MONTFORT

Se jouer à ce point de ma crédulité 1

3a VÊPRES SICILIENNES,

( A Lore'dau. )

Jamais ressentiment ne fut mieux mérité.

Pouvez-vous feindre encor d'ignorer mon ipjure?-

LORÉDAN

Qui vous a fait outrage?...

MONTFORT. ‘

Un perfide, un parjure, Un infidèle ami, que j’avais mal jugé;

Qui déchire la main dont il fut protégé.

Qui sous de faux dehors à mes yeux se déguise , Abu^e des secrets surpris à ma franchise.,

Qui me perce le sein des plus sensibles coups,

Qui me tral^t, me tue; et cet ami 4 c’est vous!

Moi!

LOREDAN.

MONTFORT

Vous , ingrat , oui , vous ; votre audace est extr Vous attaquer à moi ! me ravir ce que j’aime !

LORÉDAN

Je devrais mépriser cette aveugle fureur ;

Mais je veux bien descendre à vous tirer d’erreur. Que me reprochez-vous? un amour légitime, Que je pouvais nourrir, et vous cacher sans crime. Avant de déclarer vos projets et vos feux, Aviez-vous mis, seigneur, un prix à ces aveux? Les ai-je provoqués par quelque lâche adresse?

' Cet ami , dont Montfort méconnaît la tendresse , Profondément blessé , ne se plaint qu’à regret ; Mais vous trahissait-il en gardant son secret ?

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