MONTFORT, LORÉDAN
LORÉDAN
La princesse vous quitte et s’enfuit éperdue ; Qu’avez-vous? quel transport vous saisit à ma vue?
MONTFORT
Se jouer à ce point de ma crédulité 1
3a VÊPRES SICILIENNES,
( A Lore'dau. )
Jamais ressentiment ne fut mieux mérité.
Pouvez-vous feindre encor d'ignorer mon ipjure?-
LORÉDAN
Qui vous a fait outrage?...
MONTFORT. ‘
Un perfide, un parjure, Un infidèle ami, que j’avais mal jugé;
Qui déchire la main dont il fut protégé.
Qui sous de faux dehors à mes yeux se déguise , Abu^e des secrets surpris à ma franchise.,
Qui me perce le sein des plus sensibles coups,
Qui me tral^t, me tue; et cet ami 4 c’est vous!
Moi!
LOREDAN.
MONTFORT
Vous , ingrat , oui , vous ; votre audace est extr Vous attaquer à moi ! me ravir ce que j’aime !
LORÉDAN
Je devrais mépriser cette aveugle fureur ;
Mais je veux bien descendre à vous tirer d’erreur. Que me reprochez-vous? un amour légitime, Que je pouvais nourrir, et vous cacher sans crime. Avant de déclarer vos projets et vos feux, Aviez-vous mis, seigneur, un prix à ces aveux? Les ai-je provoqués par quelque lâche adresse?
' Cet ami , dont Montfort méconnaît la tendresse , Profondément blessé , ne se plaint qu’à regret ; Mais vous trahissait-il en gardant son secret ?