ACTE III, SCÈNE V. 5y
Ce soir, Sur ün éSquif abandonnant ces bords. Dérobez votre tête à ses premiers transports.
( A Procida.)
Vous suivre* votre fils. Je sais qu’on vous Soupçonne , Et, quel qu’eft sOit le but, ce prompt retour m’étonne. Gardez de murmurer quand ma sévérité Assure mon repos et Votre liberté.
Par cet ordre envers Vous ma faveur se déclare.
Tous mes torts, Lorédan, ce moment les répare;
Je suis quitte avec toi, je ne suis point clément.
Ah! quand on est heureux, qu’on pardonne aisément!
LORÉDAN
Moi, de votre pitié j’accepterai ma grâce!
Ma faute m’avilit si mon sang he l'effacé....
PROCIDA
Vivez pour m’obéir et pour la réparer.
MONTFORT
Je puis hâter l’instant qui vous doit délivrer,
Mais non vous affranchir d’un reste de contrainte : De ces murs, pour prison, je vous donne l’enceinte.
( A Gaston. )
Qu’une garde nombreuse entoure le palais;
De nos remparts peut-être on Veut troubler la paix; Parcourez-les, Gaston; s’il est quelque rebelle,
Que votre seul aspect au devoir le rappelle.
Qu’on rassemble les chefk dès plus nobles maisons; Je veux me dégager du poids de mes soupçons ^ M’appuyer du secours de leur expérience :
Ils attendront ici mon ordre ou ma présence.
( A Lorédan et Procida. )
Croyez-moi , près du trône il vous reste un ami ,
Et le temps prouvera s'il pardonne à demi'.
Votre danger commun plus que moi vous exile;
Puisse votre retour au sein de la Sicile
Nous unir par des noeuds plus sacrés désormais !
Lorédan, c’est ainsi que se venge un Français.