ACTE IV, SCÈNE III
LORÉDAN
Ils viendront assez tôt pour fléchir sous un maître. Nous allons de Montfort embrasser les genoux!
PROCIDA
Peut-être....
LORÉDAN
Contre lui que peut notre courroux?
Gaston veille en ces lieux; le tromper, le séduire. Vous ne l’espérez pas.
PROCIDA
Il ne peut plus me nuire.
LORÉDAN
Comment?...
Nous parcourions ces portiques déserts, Qui des murs du palais dominent sur les mers. J’observe, il était seul. Soudain je prends ce glaive, . Je me retourne et frappe ; il tombe, je l’enlève, L'abîme l’engloutit, et sa mourante voix M’accuse au sein des flots pour la dernière fois.
LORÉDAN
Mais ne craignez-vous pas que bientôt son absence?..,
PROCIDA
Il est de ces instans où l’audace est prudence.... Montfort pour reposer vient d’éloigner sa cour; 11 sommeille, accablé par la chaleur du jour.,..
LdRÉDAN.
Qu’osez-vous méditer?
PROCIDA-
• Nos amis vont m’entendre.
Malheur à l’imprudent qui nous viendrait surprendre!
( D descend au fond du théâtre , d’où l'on découvre la cathédrale et les principaux moaumens de Païenne. )
O berceau d’un grand peuple! 6 cité que mes yeux Ont vu libre en s’ouvrant à la clarté des cieux!
Dans tes remparts sacrés j’ai reçu la naissance; Reçois la liberté de ma reconnaissance!
LORÉDAN
Vous me rendez l’espoir.
PROCIDA
• Toi, qui nous as trahis.
Je te crois digne encor de sauver ton pays.
Ta faute inspire à tous un mépris légitime ;
Choisis pour l’expier quelque grande victime.
Ils viennent, je les vois.