‹ Les vepres siciliennes, tragedie en cinq actes, précédée du Discours d'ouverture du second théatre françaisChapitre 47 sur 59 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

LORÉDAN

Ils viendront assez tôt pour fléchir sous un maître. Nous allons de Montfort embrasser les genoux!

PROCIDA

Peut-être....

LORÉDAN

Contre lui que peut notre courroux?

Gaston veille en ces lieux; le tromper, le séduire. Vous ne l’espérez pas.

PROCIDA

Il ne peut plus me nuire.

LORÉDAN

Comment?...

Nous parcourions ces portiques déserts, Qui des murs du palais dominent sur les mers. J’observe, il était seul. Soudain je prends ce glaive, . Je me retourne et frappe ; il tombe, je l’enlève, L'abîme l’engloutit, et sa mourante voix M’accuse au sein des flots pour la dernière fois.

LORÉDAN

Mais ne craignez-vous pas que bientôt son absence?..,

PROCIDA

Il est de ces instans où l’audace est prudence.... Montfort pour reposer vient d’éloigner sa cour; 11 sommeille, accablé par la chaleur du jour.,..

LdRÉDAN.

Qu’osez-vous méditer?

PROCIDA-

• Nos amis vont m’entendre.

Malheur à l’imprudent qui nous viendrait surprendre!

( D descend au fond du théâtre , d’où l'on découvre la cathédrale et les principaux moaumens de Païenne. )

O berceau d’un grand peuple! 6 cité que mes yeux Ont vu libre en s’ouvrant à la clarté des cieux!

Dans tes remparts sacrés j’ai reçu la naissance; Reçois la liberté de ma reconnaissance!

LORÉDAN

Vous me rendez l’espoir.

PROCIDA

• Toi, qui nous as trahis.

Je te crois digne encor de sauver ton pays.

Ta faute inspire à tous un mépris légitime ;

Choisis pour l’expier quelque grande victime.

Ils viennent, je les vois.

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