‹ Les vepres siciliennes, tragedie en cinq actes, précédée du Discours d'ouverture du second théatre françaisChapitre 58 sur 59 · SCÈNE Y et dernière · texte numérisé non relu

SCÈNE Y et dernière

Iæs précédens , PROCIDA, 1 epée à la main , conjurés portant des flambeaux.

PROCIDA. ( Au fond du théâtre. )

Nos tyrans ne sont plus , et la Sicile est libre :

Que Charle èn frémissant l’apprenne au bord du Tibre. Païenne pour ses droits jure de tout braver;

Qu. les a reconquis saura les conserver.

Quel spectacle! Montfort, que Lorédan embrasse!

A ses pieds prosterné, tu lui demandais grâce! Quand ton pays respire après tant de malheurs.

Une indigne pitié peut t’arracher des pleurs!

De Montfort à jamais périsse la mémoire!

U succomba sot \s toi, respecte ta victoire.

LORÉDAN

Arrêtez, ma victoire est un assassinat;

Vêpres Sicii , 3*. édit K G*

Je vois avec horreur vos maximes d’état.

Croyez-vous m’abuser ? Couverts de noms sublimes. Ces crimes consacres en sont-ils moins des crimes? Mon pays, dites-vous, me defend de pleurer;

Eh! m’a-t-il défendu de me deshonorer?

A ma rage insensee, à vous, à la patrie,

J immolai les objets de mon idolâtrie:

Amant, ami cruel , honteux de mes fureurs,

J arrive par l’opprobre au comble des douleurs.

Vous m’avez entraîné dans ce complot funeste •

J’ai tout perdu par vous, le remords seul me reste. Farouche liberté, que me demandes-tu ?

Laisse-moi mes remords ou rends-moi la vertu.

Ton premier pas est fait, règne sur ce rivage.

Puisse mon père un jour, couronnant son ouvrage , Laisser un grand exemple aux siècles â venir!

( Il se frappe. )

Tu m’abscus de mon crime et je dois m’en punir.

procjda.

Quel transport! Qu’as-tu fait?

LORÉDAN

t Montfort, je vais te suivre.

D’un reproche importun mon trépas vous délivre;

soyez heureux.. .. Que ce digne guerrier

Repose dans la tombe avec son meurtrier.

( A la princesse. )

Des larmes que sur lui vos yeux doivent répandre,

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