SCÈNE Y et dernière
Iæs précédens , PROCIDA, 1 epée à la main , conjurés portant des flambeaux.
PROCIDA. ( Au fond du théâtre. )
Nos tyrans ne sont plus , et la Sicile est libre :
Que Charle èn frémissant l’apprenne au bord du Tibre. Païenne pour ses droits jure de tout braver;
Qu. les a reconquis saura les conserver.
Quel spectacle! Montfort, que Lorédan embrasse!
A ses pieds prosterné, tu lui demandais grâce! Quand ton pays respire après tant de malheurs.
Une indigne pitié peut t’arracher des pleurs!
De Montfort à jamais périsse la mémoire!
U succomba sot \s toi, respecte ta victoire.
LORÉDAN
Arrêtez, ma victoire est un assassinat;
Vêpres Sicii , 3*. édit K G*
Je vois avec horreur vos maximes d’état.
Croyez-vous m’abuser ? Couverts de noms sublimes. Ces crimes consacres en sont-ils moins des crimes? Mon pays, dites-vous, me defend de pleurer;
Eh! m’a-t-il défendu de me deshonorer?
A ma rage insensee, à vous, à la patrie,
J immolai les objets de mon idolâtrie:
Amant, ami cruel , honteux de mes fureurs,
J arrive par l’opprobre au comble des douleurs.
Vous m’avez entraîné dans ce complot funeste •
J’ai tout perdu par vous, le remords seul me reste. Farouche liberté, que me demandes-tu ?
Laisse-moi mes remords ou rends-moi la vertu.
Ton premier pas est fait, règne sur ce rivage.
Puisse mon père un jour, couronnant son ouvrage , Laisser un grand exemple aux siècles â venir!
( Il se frappe. )
Tu m’abscus de mon crime et je dois m’en punir.
procjda.
Quel transport! Qu’as-tu fait?
LORÉDAN
t Montfort, je vais te suivre.
D’un reproche importun mon trépas vous délivre;
soyez heureux.. .. Que ce digne guerrier
Repose dans la tombe avec son meurtrier.
( A la princesse. )
Des larmes que sur lui vos yeux doivent répandre,