SCÈNE IV
UIÉLIE, LORÉDAN, MONTFORT, ELFRIDÇ.
MONTFORT
Aux portes du palais, dans la foule abattu.
De la lumière enfin j’ai recouvré l’usage.
Ils avaient disparu, fatigués de carnage.
LORÉDAN
Ah! c’est lui!
' MONTFORT
Par degrés j’ai rappelé mes sens; L’amour a soutenu mes efforts languissans;
En m’approchant de vous, hélas! j’ai cru renaître.
AMELIE.
Nos soins et nos secours vous sauveront peut-être.
LORÉDAN
O terre! engloutis-moi!
MONTFORT, à Amélie.
Vous, mon guide! 6 destin!
Tu m'avais épargné, Lorédan, mais en vain.
Je poursuivais le chef de ce peuple rebelle;
Je suis tombé, pereé d’une atteinte mortelle: Du meurtrier la nuit m’a dérobé les traits.
LORÉDAN
Va, tu seras vengé.
MONTFORT
Quoi! tu le connaîtrais?
AMÉLIE
Vous!...
LORÊDAN.
Tu vas me maudire, et déjà je m’abhorre; Je suis bien criminel..... plus misérable encore.
Mon père allait périr; troublé, désespéré,
J’ai couru le défendre, et mon glaive égaré
Pardonne-moi, Montfort, ô mon compagnon d’armes! Par ces mains que je baise en les. baignant de larmes, Au nom de cet amour si fatal à tous deux,
Par cet objet sacré qui partage tes feux;
J’affermirai ton bras que la force abandonne;
Frappe, voilà mon sein, veuge-toi, mais pardonne!
MONTFORT
•Te fus le seul coupable, et je devais mourir;
Trop d’orgueil m’aveuglait. C’est peu de conquérir. Vous ne régnez qu'un jour, tout vainqueurs que vous êtes, Si l’amour des vaincus n’assure vos conquêtes. Approche.... viens.... je touche à mesdemiersmomens. Viens, reçois mes adieux et mes embrasseme?is,