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II, RUE DE LA CHAUSSÉE-D*ANTIN, II

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L'Appel des flots qui chantent

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A Monsieur Georges Destrée^

When King Cophetua loved the beggar-maid.

Shakespeare*

Le bras droit sur le bord de la croisée ouverte, Le roi nègre Cophetua, l'air attristé, Regarde sans la voir l'automnale beauté Delà mer qui déroule au loin sa masse verte.

Tel il rêve au hasard de sa pensée inerte ; Aucun amour n'émeut sa curiosité; Aucun remords aucun souvenir suscité Ne hante le loisir de son âme déserte.

Il n'entend pas le chant mélancolique et doux De celles qui mendient devant lui, ni la toux Des chétives enfants que dessèche le jeûne ;

Et sans même y songer, inconscient, voici

Qu'il sent naître une flamme en son cœur endurci

Et se brûle les yeux aux yeux de la plus jeune.

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l'appel des flots qui chantent

Oui, je sais qu'au lointain de cette nuit, la Teire Jette d'un grand éclat l'insulite mystère.

Stéphane Mallarmé.

Sous le diadème de perles ruisselantes

Et de saphirs en leurs griffes d'or.

Parmi de blonds cheveux qui se déroulent et ondulent

Sur son col pâle et ses épaules lentes

En un manteau de pourpre où le brocart exulte,.

La princesse des Jeux et des Joies du manoir.

Et dans la joie et le tumulte, Fleuves d'éclairs de flamme et d'or, La torche en pourpre riche exulte Dans la nuit ruisselle et se tord.

La princesse de la Joie en le manoir

Lève en aubes d'améthystes

Ses regards attendris et plus tristes

Que les crépuscules sur l'eau lunaire des lacs,

Et de ses lèvres où le vain sourire persiste

Elle jette un appel dans les brumes du soir.

Malgré les présages sinistres, Par les cours et par le manoir Les fifres, les tambours, les sistres Mènent les danses dans le soir.

Roil nos fêtes à présent pareilles à des deuils.

Nos fêtes, tu les désertes 1

Tu t'exiles de nos bras et tu fuis nos caresses.

En Tain autour de toi nos caresses s'empressent.

Tu as fui 1 tu as fui ï

Et j'élève dans la nuit

L'appel de m'es sanglots et de mes cris,

Mais nos fêtes resteront désertes

Et semblables à des deuils !

Mes doigts ne joueront plus avec les boucles blondes

De ta chevelure de velours ;

Je n'enlacerai plus ton cou de mes bras lourds

D'une désireuse étreinte

Que chargent les pierreries de bracelets d'orgueil !

Les farandoles et les rondes Et les chansons folles d'orgueil Se gonflent en soudaines ondes Par les salles et- sur le seuil.

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