‹ Les vergers illusoiresChapitre 6 sur 6 · LE RETOUR AU MAKÔIR · texte numérisé non relu

LE RETOUR AU MAKÔIR

La princesse en deuil étendue auprès de l'àtre . Entend parler les voix obscures. Elle se hâte Vers l'étranger et ceux qui, groupés sur le seuil L'insultaient avec les rires de leur accueil..

i8 LES VERGERS ILLUSOIRES

Loin de la montagne d'orgueil jadis gravie J'ai fui le mirage de ces prestiges vers I^ torpeur bienveillante et l'oubli des d^erts Par les plaines aventureuses de la vie

Les fleurs de chair de femme ont tari leurs parfums. Et tous ces vergers d'or, ces jardins de mes fièvres Où nul fruit doux ne s'offre aux ardeurs de mes lèvres Sont clos, mornes tombeaux sur mes orgueils défunts.

A présent, urne vide à ma soif éphémère

S'est épuisé l'espoir par quoi je fus tenté,

Et mon angoisse implore au seuil longtemps quitté

Celle qui fut l'Amante et que je veux la Mère.

Et te voici, l'Epouse grave en ton accueil - -

Avec ton geste lent d'oubli qui me pardonne Et je comprends devant ta vie simple et bonne Que toute gloire n'est qu'un leurre de l'orgueil.

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