‹ Les vergers illusoiresChapitre 5 sur 6 · LE RETOUR AU HANOIR · texte numérisé non relu

LE RETOUR AU HANOIR

L'étranger gravissait la côte où le manoir Dresse à l'azur clément ses massives tourelles Et son donjon carré gloussant de tourterelles Dont vigilants les cris sont gardiens du manoir.

Il s'arrêta longtemps aux barreaux de la grille, Aspira les parfums suaves des jasmins.

Et, l'ébranlant du soudain choc de ses deux mains, Les yeux droit au manoir, grave il franchît la grille.

11 entra par le val sinueux du jardin, Suivant le lac fleuri de nénuphars et d'herbes Où les cygnes aux cols héraldiques superbes Nagent lents, gloire candide du clair jardin.

Et le long des taillis en fleurs par les allées Que bordent les troncs des frênes et des ormeaux, Sous la mousse sur les pierres chantaient leseaux, Et des souvenirs chers surgissaient aux allées.

XE RETOUR AU MANOIR 5l

-#c Étranger attardé sur le seuil de la porte,

<2ue tardes-tu à reprendre ta route

Vers quelque seuil du village où sans doute

Pour toi s'apprête

Le lustral repas de ton retour

Et brillent les flambeaux de fête

En la salle enfumée où ton fils tout le jour

S'obstine à sa tâche et s'entête

Pour quelque pauvre écu qui pourvoie à sa vie.

Dis, de quel démon poursuivie

Ta destinée a-t-elle ici conduit tes pas ?

D'où viens-tu ? Quoi te chasse à peu de jours de ton trépas

Par les portes et les grilles

Où par pitié

Les mains des enfants, les doigts des jeunes filles

Te partagent leur pain par moitié ?

Dis, quel vent mauvais te pourchasse

Vers la colline où ce manoir

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