LE RETOUR AU HANOIR
L'étranger gravissait la côte où le manoir Dresse à l'azur clément ses massives tourelles Et son donjon carré gloussant de tourterelles Dont vigilants les cris sont gardiens du manoir.
Il s'arrêta longtemps aux barreaux de la grille, Aspira les parfums suaves des jasmins.
Et, l'ébranlant du soudain choc de ses deux mains, Les yeux droit au manoir, grave il franchît la grille.
11 entra par le val sinueux du jardin, Suivant le lac fleuri de nénuphars et d'herbes Où les cygnes aux cols héraldiques superbes Nagent lents, gloire candide du clair jardin.
Et le long des taillis en fleurs par les allées Que bordent les troncs des frênes et des ormeaux, Sous la mousse sur les pierres chantaient leseaux, Et des souvenirs chers surgissaient aux allées.
XE RETOUR AU MANOIR 5l
-#c Étranger attardé sur le seuil de la porte,
<2ue tardes-tu à reprendre ta route
Vers quelque seuil du village où sans doute
Pour toi s'apprête
Le lustral repas de ton retour
Et brillent les flambeaux de fête
En la salle enfumée où ton fils tout le jour
S'obstine à sa tâche et s'entête
Pour quelque pauvre écu qui pourvoie à sa vie.
Dis, de quel démon poursuivie
Ta destinée a-t-elle ici conduit tes pas ?
D'où viens-tu ? Quoi te chasse à peu de jours de ton trépas
Par les portes et les grilles
Où par pitié
Les mains des enfants, les doigts des jeunes filles
Te partagent leur pain par moitié ?
Dis, quel vent mauvais te pourchasse
Vers la colline où ce manoir