‹ Les véritables origines du chant grégorienChapitre 7 sur 22 · V. — Walafrid Strabon · texte numérisé non relu

V. — Walafrid Strabon

Walafrid mentionne à deux reprises l'œuvre musicale de saint Grégoire le Grand dans son traité De ecclesiasticaj'um rerum exordiis et incrementis, composé peu après 840. Inutile de s'attarder dans la discussion de son témoignage : M. Gevaert l'admet, il (( atteste l'existence de la tradition vers 840 ».

Seulement on le trouve « trop récent pour avoir beaucoup de poids ». Soit, nous ne l'écouterons pas sur le fait de savoir si Grégoire I^r a, oui ou non, composé l'Antiphonaire. Ce que nous voulons uniquement retenir de lui, c'est le fait sur lequel se basait cette tradition au milieu du 'IX^ siècle. Il le dit en toutes lettres, et il

parait-il, ba.sé ma thèse sur un rapprochement «entre le Codex Fiddensis de lan 546 et V Antiphonaire Grégorien ». Il suffira à l'auteur de la note de jeter un rapide coup d'œil sur m<m article, pour reconnaître que je n'ai pas eu la moindre idée d'établir un rapprochement aussi fantastique, mais bien de signaler certains rapports réels entre le Codex Fuldensis et les autres monuments liturgiques, antérieurs à saint Grégoire.

(i) Expositio Regitlae ab Ilildemarotradita, et mine primum typis mandata,

p. 3ii. Ratisbonae, Pustet, 1S80.

faut l'en croire : c'est qu'il y avait en tête de l'Antiphonaire une mention d'après laquelle saint Grégoire avait organisé le chant liturgique, tel qu'on continuait à l'exécuter du temps de Walafrid.

« Traditur denique beatum « Gregoriiim, sicut ordinationem « missarum et consecratiomim, « itaetiamcantilenaedisciplinam « maxima ex parte in eam, qiice « hactemis quasi decentissima ob- « servatur. dispositionem per- « duxisse, sicut et in capite Anti- « phonarii commemoratur «.(Op.

cit. cap. XXI, ap. Migne Patr.

lat. CXIV, 948).

« On rapporte que saint Grégoire, « de même qu'il régla l'ordre des « messes et des consécrations (le Sacc cramentaire et le Rituel pontifical), « eut aussi la plus grande part dans « l'arrangement des cantilènes litur- « giques suivant l'ordre observé au- « jourd'hui encore comme le plus « convenable : c'est ce que rappelle « l'inscription qui se trouve en tète « de l'Antiphonaire ».

Ce premier endroit pourrait à la rigueur s'entendre exclusivement de l'Antiphonaire contenant les chants de la messe. En voici un autre qui a trait directement aux chants de l'office renfermés dans le Responsorial :

« Ordinem autem cantilenae « diurnis seu nocturnis horis di- « cendae beatus Gregorius plena- « ria creditur ordinatione distri- « buisse, sicut et supra de Sacra- « tnentorum diximus lib)'0».{Op.

cit., cap. XXV, Patr. lat. CXIV,

« Quant aux chants à exécuter aux « différentes heures tant du jour que « de la nuit, on croit que ce fut saint « Grégoire qui leur assigna leur « arrangement complet et définitif, « comme il l'avait déjà fait, nous c< l'avons dit, pour le Sacramentaire » .

Dans ces deux passages, l'érudit abbé de Reichenau emploie encore la formule, ojî croit, on rapporte. Il s'agit d'une simple tradition. Mais cette tradition est déjà attestée par un fait dont Walafrid est le témoin oculaire : la teneur de l'inscription mise en tête de l'Antiphonaire.

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