‹ Les véritables origines du chant grégorienChapitre 8 sur 22 · VI. — Agobard de Lyon · texte numérisé non relu

VI. — Agobard de Lyon

Agobard n'est pas précisément un chaud témoin de la tradition grégorienne. Au contraire, défenseur acharné du chant lyonnais contre les efforts trop ultramontains d'Amalaire, il voudrait bien plutôt enlever au liturgiste messin l'autorité de saint Grégoire. Mais il s'y prend de manière à nous permettre d'identifier à l'aide de son témoignage, rapproché de celui de Walafrid cité plus haut,

l'inscription qui se trouvait alors en tête de l'Antiphonaire romain, avec un document que nous retrouverons plus loin. Voici ces paroles :

« Verutn quia Gregorii prsesu- « De ce que l'inscription servant

« lis nomen titulus praefatis libelli « de titre au livre en question (l'An-

i<. praetendit^ethincopinione siim- « tiphonaire) met en avant le nom

« pta putant eiun quidam a beato « d'unGregorius praesul, une. ma.n-

« Gregorio Romano pontifice et « que pas de gens qui là-dessus s'ima-

« illustrissimo doctore composi- « ginent que l'ouvrage a été com-

« tum, etc. ». (Liber de Correc- « posé par le bienheureux Grégoire

tione Antiphonarii. cap. XV, « pontife de Rome et Docteur très

Patr. lat. CIV, 336). « illustre ».

Sur quoi Agobard s'engage dans une discussion fort aventureuse, dans laquelle il s'efforce de prouver que l'Antiphonaire défendu par Amalaire ne saurait être de saint Grégoire, parce que, d'après lui, le grand Pape avait prohibé toute lecture et tout chant dont les paroles ne seraient pas textuellement extraites de l'Écriture.

Nous ne le suivrons pas : retenons seulement que l'Antiphonaire, •objet des critiques d'Agobard, portait en tête la mention d'un Gregorius pi'aesul. On verra par la suite, que réellement ce Grégoriiis praesiil ne pouvait désigner que Grégoire I^r.

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