‹ Les vermoulures [microforme]Chapitre 16 sur 29 · SA DER CUMES · texte numérisé non relu

SA DER CUMES

SéipuS

entend la voix des anges, clamant du Il est toujours de bonne ‘hum ciel à la terre l'Hosanna de la Ré. Lavoie ?

+ demption. —Toujours ; je ne l'ai jamais vu Et quand arrive l'élévation, il ploie, trement, courbé par un soufie irrésistible. —Me non Plus... C'est un éve 11 se ressaisit peu à peu; il sort de ment que la journée de Noël; il a cette ivresse, faite de musique et d'é- Un temps où j'étais bien content de motion. voir arriver, ns À la communion, il va à la sainte ta. —Je suis sûr que tu l’aimes RCOI ble; ses pensées se tournent alors vers —Pas pour les mêmes raisons. = la maison; il songe à son père, à sa —Ce n'est plus Santa Claus qui mère, à sa chère petite Marie-Louise; fascine ? ee c'est pour eux qu'il prie et c'est sur —Non; mais c'est eux qu'il appelle les bénédictions. coup le petit Jésus. aintenant, le mystère est dissipé: Pas trop?

l'Enfant, dont les anges annonçaient —Non : il y a assurément, dans cet la venue, repose dans la crèche et ce fête, des souvenirs et une Célébratic sont les hommes qui crient jusques aux Qui méritent bien d'ar rêter l'espr cieux leur allégresse : les vieux noëls et de toucher le cœur. s'élèvent, joyeux et entraînants, par- —Et puis, il lant d'allégresses anciennes et con- Moindres considérations. C est la de viant tous ceux qui sont ]à et tous ceux tente et le repos dans la vie et les ai qui n'y sont pas, À la réjouissanc: nou. faires, les r éunions de famie «1 velle. resserrement des liens de l'amitié € Quelle poésie se dégage de ces de la parenté. Ça fait du

encore et besz Ça ne t'éton

Y a encore d'autr

bien de s i j Chants vieillots et, Pourtant si beaux, "€Poser de cette manière, de temps ; Que de bouches les ont chantés, ——.

Et des siècles les ont entendus. ee sorte que... En vérité

» il est bien grand Je rro- Si Noël n’e . Ë narque pol: qui retentit, à travers les l'inventer. Le jour de l'An, ce un temps, une telle acclamat: Sn Jour de fête plus factice et auquel:les gens sérieux s'arrêtent moins.

+ —C'était pourtant le plus important, quand nous étions petits.

Eh bien, mon vieil Edouard, qu'est. —Oui, pour les étrennes et aussi ce que tu as fait de ta journée, hier, parce que nous comprenions moins ; lui demandait Ricard, le lendemain de mais, maintenant. ÈS Noël ? —C'est autre chose, —Je l'ai passée meilleure que je ne Il était déjà huit heures et demie: l'aurais cru. Vers les dix heures, La- icard s’interrompit de causer et ; voie est venu me réveiller ; il venait me dit: nous allons travailler un peu ? Prendre pour dîner avec lui. J'y —Volontiers. suis allé et nous avons passé la jour- Ricard resta Plusieurs minutes la née ensemble : nous nous sommes pro- tête baissée cherchant l'endroit où l’o menés, toute 1 ’après-midi ; dans la soi. s'était arrêté Ja dernière fois, et feuil rée, il a fait faire de la musique à ses letant ses notes ; il ne vit donc pas le Sœurs; bref, si ç’avait ét

changer.ent extraordinaire qui S’ac.

j'aurais été complètement heureux. COmplit tout À

Coup sur Ja. figure

xistait pas, je voudrais

é chez nous,

les chagrins..., Ah! qu'est-ce que le

Ses yeux s'agrandirent démesuré- bonheur, puisqu'il faut qu'il finisse si t, ses traits se creusèrent et il mit misérablement.

main sur son cœur, Il jui semblait ‘Maman !’’ fait la

jeune fille, ‘‘ma-

Lun événe&.. quelque chose s', rachait de lui; man!” et elle tombe en sanglotant el; il a ét@] souffrait intolérablement, sans en dans ses bras. tent de laEonnaître la cause et sans pourtant re

‘étonner, Il éprouvait une sensa- Quand Ricard releva les yeux, Edoues encore ion de mort. ard était revenu à lui et ne gardait de isons. CR ce qu'il venait d'éprouver qu'un peu aus qui te

de pâleur. Pour je ne sais quelle rai-

Sur un lit bouleversé, un homme se son, il ne dit rien à son ami; et ils se

débat, dans l’agonie. mirent au travail.

Il est fort et grand: l'approche de la Ils jetaient, en ce moment un coup ort n'en est que plus impression- d'œil sur le droit romain et suivaient ante et le combat, entre le froid qui avec intérêt ce que les données de la onte au cœur et la vie qu’il garde en- science et les conjectures des histoore, est acharné. riens nous ont appris de cette législa-

Tout se passe sans grands mouve- tion et Ja Part toujours plus grande ents et sans grandes secousses, ce- que le peuple romain y prit, jusqu'à ce st la dé, dant ; il se débat un peu lentement, que les dictateurs l’eussent asservi

d'une manière qui atteste l'impuis- pour en faire un instrument de règne sance, et de conquête.

Aucune connaissance : seul l'instinct Ils étaient si vivement intéressés animal survit. C'est l'impulsion ac- qu'ils revirent toute la matière dans quise qui le fait vivre encore. Ilest leur soirée et que onze heures sondéjà mort à lui-même: dans quelques naient quand Ricard prit congé. minutes, il le sera pour tous. Il n'était pas sorti depuis plus d’une

Le médecin est 1à, témoin impuis- minute, quand le timbre de la porte sant et impassible. d'entrée résonna.

L'agonie dure déjà depuis quelques Edouard crut que c'était lui, qui

inutes. avait oublié quelque chose, et qui re- Au pied du lit, une jeune fille et une montait. Il courut ouvrir.

emme prient et pleurent. Monsieur Leblanc, baragouina une Leur douleur est de celles quinese voix.

disent pas. —Oui :

Comme toujours, en pareil cas, elles —Telegram !

nt des espoirs fous : ‘“S’i] recouvrait

Edouard signa son nom dans le lidemie ; ‘connaissance... et ouvrait les yeux, vre que lui tendait le messager. Il r et au moins, nous Pourrions lui dire referma la

porte; puis, tremblant, fut s'appuyer au Mur, un instant, avant de pouvoir remonter.

Pauvre femme, il ne les ouvrira plus Aussitôt rendu à la lumière, dans sa

es Yeux, ton mari, pas même pour Chambre, il brisa le cachet et vit : toi, sur qui il les fixait si tendrement, St-Germain, 26 décembre 190... un beau matin d’il y a trente-cinq ans. Votre père mort subitement, ce soir, Tu étais jeune et heureuse alors; tu huit heures : Sincères condoléances. n'avais connu ni les inquiétudes, ni Dr Bouillon.

‘‘comme nous l'avons aimé, lui dire obligé de ‘'adieu...,,,7°

“à dun DUB URSS ut te

CHAPITRE XIII, avait fait du bien à ce Pauvre Edo Au revoir Edouard, Dies amara vaide

—Au revoir: nous nous reve

Edouard ne dormit pas cette auit-Jà. aux examens.

D'abord giacé et insensibilisé par —Bon courage, la nouvelle, ;] Pleura ensuite abon- — Merci,

ment,—mais pas longtemps, car Il en avait besoin de courage,

il ne songeait Pas uniquement à Jui: En mettant pied à terre, à S il souffrait Sncore plus pour sa mère Germain, il se rappela le voyage et pour sa sœur, que pour lui-même. Y avait fait quelques semaines à

Au jour venu,—détail d’une NAVrAN- ravant, et les larmes Jui vinrent dut courir les magasins yeux.

Pour se revêtir de noir. Personne à la gare, Il trouva tout ce QU'il lui fallait, fit Il eut un serrement de cœur en CT envoyer le paquet à sa Chambre et se cevant le crêpe à ja porte, et en rendit chez Ricard, vinant la Chambre dans laquelle €

Celui-ci se Préparait à monter chez exposé le corps. lui; aussi fut-il Surpris de l'apercevoir. L'horreur de et plus effrayé encore Ue ses trai *” Maison : tous les faits et de son air accablé, tis et les conver

—Qu'est-ce que tu as

la mort pesait sur bruits y étaient am

sations s'y tenaient » Mon cher? voix basse.

— Une mauvaise nouvelle, ‘' Marie-Louise, quittant une jeune fi — Personne n’est malade, chez toi ? qui lui tenait discrètement compagni —Mon père est mort. i

vint en pleurant embrasser son frèr —Monsieur Leblanc ! Jui qui était si bien! comment cela est-il arrivé ?

—-Il est mort subitement, hier soir,

Pendant que nous travaillions ensemble, toi et moi.

J'ai reçu un tèlégram-

et demanda : où est maman ?

me du docteur, juste comme tu venais Un geste Jui fit comprendre qu'‘ell le partir, était dans la chambre Mmortuaire, —Pas possible ! Tu es rudement é- l y entra.

Prouvé, mon cher, j

et je comprends

Il alla à elle ; ton chagrin. Tu pa

elle ne le vit pas.

rs à midi, je sup- l se tint quelques instants, en con. pose ? templation devant le corps inerte et la — Oui. J'étais venu te voir, avant de figure figée et s’agenouilla à côté du Partir. cercueil.

—Je te remercie de ce

Alors, il Pleura.

confiance; tu Peux être sûr que j'ap- Les

deux premières nuits, il ne vou ta perte et cue ;’ lut pas dormir et veilla toute Ja nuit, compatis entièrement, S; je puis t'& I] serai tre utile à quelque chos

t toujours assez tôt séparé ded

e et te rendre

restes de son Père.

quelques services, tu sais... La troisième nuit, il n'y tint pas et —Merci. Au revoir, dut se coucher.

—Je vais aller te reconduire aux Il semble, au chars. :

premier moment, que

la douleur doive abolir toutes les f:

A midi, Edouard partait : SON ami cultés et Permettre de se désoler indé l'avait 4CCOmpagné et sa Conversation finiment : mais, la nature humaine es

'oyage qu'i aines aupa vinrent aux

ient amor tenaient ;

là, qui apporte l'oubli, dans le sommeil.

11 dormit mal et fut obligé de prendre sur lui, POur ne pas verser de nouvelles larmes, quand il se réveilla, brisé, et qu'il se retrouva de nouveau dans la chambre mortuaire.

On avait usé d'autorité pour forcer madame Leblanc à prendre du repos.

Elle refusait, disant : ‘Qu'est-ce que Ça fait que je me fatigue : je suis vieille et je ne suis plus bonne à rien. "’ Les supplications de Marie-Louise eurent raison de son obstination; et pendant que les autres priaient dans la chambre mortuaire, Marie-Louise, elle, en compagnie de Blanche Coutu, veilla sur le sommeil de sa mère.

Sa douce influence fut heureuse ; et, le matin des funérailles, madame Leblanc était plus calme et plus cvurageuse.

Le cortège funè..e se forma.

Edouard marchait en tête, avec les autres parents.

Sur son passage, on disait : ‘‘monsieur Leblanc a laissé un garçon qui ne lui fera pas déshonneur.

Inconscient de l'attention dont il était l'objet, il marchait gravement der.

rière les chevaux Caparaçonnés de noir, qui emportaient, dans la longue boîte Carrée, aux poignées d'argent, ce qui avait été son père,

Le prêtre vint recevoir le corps et lui donner l'accueil que l'Eglise accorde à la dépouille de ses enfants.

Edouard fondit en larmes, quand résonna le chant pathétique du Dies ire.

Tout le reste du service funèbre, il

fut secoué par les sanglots : il y a quelque chose que nous ne pouvons Supporter sans révolte dans le fait d’une personne aimée, couchée et clouée entre quatre planches pour toujours; les chants liturgiques viennent faire fondre en larmes et en prières notre impuissance à faire revivre celui

qui, couché là, amobile, n'entend pas les pleurs versés sur jui,

On reconduisait le corps au charnier, où il allait passer l'hiver, chose inerte et gelée.

Edouard s'en retournait, le froid du Charnier au cœur, quand le curé l'arrêta et lui dit : viens avec moi, Edouard, je voudrais te parler.

L'acte de décès avait été dressé et signé; ils se rendirent au presbytère.

Le curé fit entrer Edouard dans sa chambre.

Elle était propre, grande et bien éclairée, Beaucoup de désordre, par exemple, résultant du nombre incroyable de livres et de meubles. Deux grands fauteuils s'y faisaient vis-à-vis.

Le curé en prit un et invita Edouard à s'asseoir dans l'autre.

J'ai pensé, Edouard, que tu aimerais à avoir des détails sur la mort de ton père.

—Vous avez bien pensé, monsieur le Curé, je vous en suis très reconnaissant,

—Ton père a été pris d’un malaise subit, vers les deux heures, le lendemain de Noël. I] venait justement de se rendre à son bureau; il est retourné chez vous et il a dit à ta mère qu'il ne se sentait Pas bien. 1] s'est tout de suite trouvé plus mal; on a appelé le médecin, qui m'a fait demander sans retard. Ton père n’a pas beaucoup souffert, mais ses forces baissaient rapidement. Je l'ai admisnistré; il s’est confessé et a communié avec beaucoup de dévotion, avec une piété rare. . C'était un brave homme, ton père; j'espère que tu lui ressembleras. Je suis demeuré avec lui, quelque temps.

du connaissance : juste à ce moment, on est venu me chercher pour un autre Malade; je ne l’ai Pas revu, mais ;i] n'est pas revenu À Jui jusqu’à la fin.

—Pensait-il qu’il allait mourir ?

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eusement, l’elle veut

te petite lle, C est e, à Pr éu Songé sses un et à ta

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mettait à table,

Le dîner fut triste, leur possible Pour garder jeur calme et contenir leur c que” instant, Je Courage leur faisait défaut : ils se levaient, étouffaient un sanglot, et se retiraient Pour passer un

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