TRÉMATODES
Longtemps considérés comme exceptionnels, les Trématodes
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de l'intestin sont au contraire relativement fréquents dans certaines régions, par exemple en Indo-Chine (Barrois et Noc).
Nous nous bornerons à signaler ici divers genres observés chez l'enfant : Fasciola, Fasciolopsis, Watsonius (Cladorchis), Hetero- Phyes et Dicrocælium, renvoyant aux documents qui se trouvent à la fin de cet ouvrage. Mentionnons cependant d'une façon particulière la bilharziose intestinale, parfois associée à la bilharziose vésicale, mais souvent pure et plus bénigne que celle-ci.
Il est difficile, d’ailleurs, au point de vue clinique, de faire la part de la Bilharzie (Schistosoma Mansoni) dans la production des troubles constatés, car ce parasite coexiste habituellement avec divers autres : Protozoaires, Trichocéphales, Ascarides, et surtout avec les Ankylostomes, dont le mode d’infestation paraît être le même; aussi peut-on trouver en pareil cas des symptômes d’anémie associés aux troubles dysentériformes.
Quant aux symptômes produits par les Douves intestinales, dit Guiart, ils sont des plus variables. Si certaines d’entre elles, particulièrement petites, semblent inoffensives, la plupart provoquent une diarrhée intense pouvant entraîner la mort. Les selles diarrhéiques sont parfois striées de sang. Les Douves, se nourrissant de sang, déterminent de petites plaies susceptibles d'ouvrir la porte à diverses infections [fièvre typhoïde, choléra, appendicite (?)] (Guiart).
Dans la plupart des cas, la présence des Trématodes n’a été qu'une trouvaille d’autopsie; un examen Systématique des selles ou l’emploi du thymol chez les individus suspects permettraient de la reconnaître plus souvent.
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Ascaris lumbricoides.
Éliologie. — Parasite cosmopolite, l’Ascaride lombricoïde, dit à tort Lombric, se développe directement, d'une façon très rapide, surtout dansles milieux chauds et humides (paystropicaux, mines). Ce développement direct augmente beaucoup les chances d'infestation : pour que celle-ci se réalise, il suffit que des œufs embryonnés pénètrent dans le tube digestif. Or ces œufs proviennent soit des matières des sujets infestés, soit des vers expulsés.
On concoit que l'infestation sera d'autant plus fréquente que les plus élémentaires notions d'hygiène seront moins observées : dans les campagnes, par exemple, où les matières sont disséminées un peu partout, où les enfants se traînent sur le sol, mangent sans $e laver les mains, où même mangent de la terre : la géophagie, pratique répandue dans de nombreux pays, est responsable d'innombrables infestations.
Ces conditions hygiéniques et ces pratiques dangereuses étant moins habituelles dans les villes, on comprend que les Ascarides ÿ soient plus rares; leur fréquence à beaucoup diminué depuis l'emploi des filtres. Néanmoins les petits citadins (exception faite de ceux qui sont exposés à se contaminer pendant leurs séjours à la campagne, en nourrice ou en vacances) trouvent encore des causes d'infestation dans leur alimentation journalière : fruits et légumes souillés d'engrais humain ou arrosés d'une eau contenant des œufs, usage d’une eau de boisson également contaminée.
Le mode d'alimentation, le genre de vie communs expliquent les soi-disant épidémies de maisons, de casernes, etc., et de pays.
Une condition étiologique encore mal élucidée est la contamination possible par l’Ascaride du porc ; l'identité de ce parasite et de celui de l’homme n'est pas bien établie; cependant l'observation de Lutz plaide en sa faveur.
Fréquence (Voy. les Statistiques). — En France, la fréquence de l'Ascaride est actuellement très variable suivant les régions. A Paris, nous n'avons trouvé que 13 fois des œufs sur 187 examens de selles d’enfants de deux à quinze ans. Si nous ajoutons à ce chiffre deux malades qui avaient expulsé chacun un Ascaride sans que nous ayons découvert d'œufs dans les selles, cela nous donne une moyenne de 8,02 p. 100. La proportion est certainement beaucoup plus élevée dans les campagnes.
La plupart des enfants que nous avons el l'occasion de voir dans la banlieue de Melun étaient porteurs d'Ascarides et en souffraient. Le D' Arrault (de Rogny) nous écrit que les Ascarides sont très répandus en Bourgogne et en Puisaye. Dans certains villages de la Meuse, ils sont d’une telle banalité que À. Henry a vu un enfant expulser un Ascaride par la bouche, au milieu de ses jeux, sans s'interrompre pour si peu; cet enfant se contenta de l'écraser en constatant que c'était un de moins.
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Garin a trouvé, chez les petits Lyonnais hospitalisés à Giens, une moyenne de 5 p. 100.
Age. — L'Ascaride a été vu chez des enfants en bas âge et même chez des nourrissons au sein. Miller en a vu un chez un enfant de trois semaines exclusivement au sein depuis le troisième jour après la naissance. Il pense que l'infection s’est faite par l’eau qui a dû servir à diluer le lait avant cette date.
Weill et Mouriquand ont observé un cas d'ascaridiose chez un nourrisson de treize mois. Dreyer en cite un de quinze mois.
Néanmoins, c'est surtout après trois ans que ce ver devient commun. Guersant dit qu'à Paris 1 ou 2 p. 100 des enfants de zéro à trois ans hébergent des Ascarides, tandis que de trois à dix ans la proportion atteint 1 p. 20.
Personnellement, nous n'avons pas trouvé d'œufs d'Ascarides dans les selles des enfants âgés de zéro à deux ans. Par contre, sur 20 enfants ayant expulsé des Ascarides, spontanément ou après traitement, 1 était âgé de dix-neuf mois, 1 de vingt et un mois, 2 de deux ans et { de vingt-huit mois.
Sexe. — Il ne paraît avoir aucune importance. Saison. — Même remarque.
Constitution. — Il est classique de répéter que les Ascarides se
développent surtout chez les sujets lymphatiques, faibles, scrofuleux. La vérité est que ces états sont grandement favorisés par les mêmes causes qu'on retrouve à l’origine de l’infestation vermineuse : mauvaise alimentation, hygiène défectueuse.
Épidémie el endémie. — Ce chapitre d'historique ne s'est enrichi d'aucun fait notable depuis la publication de l'ouvrage de Davaine ; nous renvoyons à la thèse de Julien Raspail, où il est remarquablement exposé.
Signalons seulement les faits rapportés par Müller de la Fuente : apparition subite, en masse, des Ascarides dans une circonscrip: üon limitée; dans un village, presque tous les enfants tombérent malades dans l'espace de trois jours et présentèrent les phénomènes les plus graves; deux même moururent dans le collapsus. Une autre fois, tous les écoliers d’une bourgade furent atteints en quelques jours de signes menaçants, alors que rien auparavant n'avait pu faire songer chez eux à la présence des vers intestinaux.
Nombre. — Il est habituel d'observer plusieurs Ascarides chez le même individu.
Parfois, en particulier dans les régions tropicales, on en constate un nombre considérable, voire extraordinaire.
Levacher, cité par Gallier, dit qu'il est commun de voir, aux Antilles, des enfants encore en bas âge, rendre en quelques jours par la bouche et par l'anus jusqu’à 400 et 600 lombrics.
La littérature helminthologique contient diverses observations publiées à ce titre exclusif [Haumann, Martin {D.-T.), Nevermann, Rülliet, Pole, etc.] Bouchut se demande comment 203 Ascarides ont pu tenir dans l'intestin d'une fille de deux ans : il y a défaut de proportions, dit-il, entre le volume de ces vers et la cavité du tube digestif. Ce chiffre est pourtant négligeable à côté de ceux, partout cités, de Petit (2 000 vers en cinq mois) et de Fauconneau-Dufresne (5000 vers en trois ans, dont 600 le même jour). Notons d’ailleurs que le nombre est un facteur insignifiant dans l'intensité des accidents.
Inversement, un sujet peut n'héberger qu'un seul Ascaride; chez trois enfants qui avaient expulsé chacun un ver, l'examen des selles, plusieurs fois répété à la suite de cette expulsion, étant resté négatif et le traitement anthelminthique sans effet, nous croyons pouvoir affirmer qu'il n'y avait qu'un seul parasite (1).
Habitat. — L'Ascaride siège normalement dans l'intestin grêle, mais nous verrons qu’il peut émigrer par les voies naturelles dans les diverses annexes du tube digestif et dans l'appareil respiratoire; dans des cas pathologiques, il peut franchir les parois intestinales et être retrouvé dans le péritoine.
Associations parasilaires. — C’est un fait courant de rencontrer l'Ascaride associé à d'autres parasites intestinaux, en particulier au plus banal de tous, le Trichocéphale. Sur les 13 cas où nous avons trouvé des œufs d’Ascarides dans les selles, une seule fois les œufs de Trichocéphales étaient absents. Cliniquement, sur 20 cas d'ascaridiose reconnue, nous avons constaté 2 fois l'association des Oxyures avec les Ascarides.
Symptômes. — À côté des cas où ils déterminent quelqu'une des nombreuses affections que nous étudions plus loin, il est
(1) Les selles de l’un d'eux, examinées avant l'expulsion du ver, contenaient des œufs.
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extrêmement fréquent que les Ascarides ne manifestent leur présence par aucun symptôme; du moins les troubles provoqués sont-ils si minimes qu’ils n’attirent point l'attention des parents. Baginsky déclare qu’il n’a jamais observé d’autres signes qu'un peu de pâleur, de faiblesse et d'apathie ; encore dit-il ne pouvoir affirmer qu'ils ne sont pas l'expression d'une dyspepsie concomitante.
C'est l'expulsion des vers par la bouche ou par l'anus qui le plus souvent révèle leur existence. Cependant, si on veut bien observer attentivement les faits, on verra que cette expulsion s'accompagne souvent de pelits malaises tels qu'un peu de diarrhée ou de fièvre, la santé redevenant d’ailleurs bien vite excellente après le rejet des vers. Nous pensons qu'une sémiotique en éveil doit toujours envisager la possibilité des Ascarides chez un enfant qui présente ces petits malaises insignifiants, vagues, déconcertants, pour lesquels on recourt souvent au médecin.
De quelques causes favorisant l'expulsion des Ascarides. — Souvent l'issue des vers, soit par la bouche, soit par l'anus, paraît absolument spontanée. Cependant une courte enquête permettrait, d'habitude, de découvrir quelque cause : absorption d'un aliment nocif, comme cela se verrait pour les Ténias; prise de médicaments également nuisibles, tels que les purgatifs et les vomitifs courants; lavement simple (nous l'avons observé trois fois); début de maladie infectieuse (nous l’avons constaté au commencement d’une rougeole chez un garçon de quatre ans); poussée fébrile (1); chloroformisation.
L'action nocive du chloroforme sur les helminthes est si bien connue que l’eau chloroformée figure sur la liste des anthelminthiques; mais, ce qui est moins signalé, c'est l’action du chloroforme employé comme anesthésique général. Il n’est pas exceptionnel, dans un service actif de chirurgie infantile, comme celui de notre maître, M. Broca, de voir plusieurs fois par an des enfants expulser, du deuxième au cinquième jour après une opération, un ou plusieurs Ascarides, soit vivants, soit morts, macérés, à demi digérés.
(1) Voy. Fièvre, p. 71.
: Note sur la présence du sang dans l'organisme de l'« Ascaris lombricoides ». — Askanazy,' traitant des Ascarides par le ferro cyanure de potassium et constatant la présence de fer, conclut que ce fer vient de l'hémoglobine. D'autres auteurs ont trouvé des globules rouges dans l'intestin de ces vers. Nous avons broyé des Ascarides et nous avons soumis le liquide obtenu au réactif de Meyer (phénolphtaléine) : nous avons toujours obtenu une réaction positive, généralement intense. Nous nous étions assuré, bien entendu, que les selles où avaient été recueillis ces vers ne donnaient pas la réaction.
Ascaris marilima et Belascaris myslax.
Le premier de ces Nématodes n'a élé observé qu'une fois (vomi par un enfant, au Groenland); encore s’agit-il probablement d'un pseudo-parasite.
Quant au Belascaris mystlax, parasite commun du Chat domestique et de divers Félins sauvages, il se développe comme l'Ascaris lombricoides et se manifeste par les mêmes signes cliniques. La source d’infestation, pour l’homme, est représentée par le Chat domestique ; cette notion dominera la prophylaxie.
Oxyuris vermicularis.
L'étiologie de l’oxyurose est assez semblable à celle de l’ascaridiose. Cependant les embryons de l'Oxyure vivant peu dans l’eau. celle-ci n'aurait qu'un rôle secondaire. Les matières fécales sont toujours la principale source d'infestation, le transport des œufs jusqu’au tube digestif pouvant se faire par l'intermédiaire des mouches, des fruits, des légumes.
L'infestation familiale est très fréquente : nous avons vu un nourrisson de neuf mois nettement contaminé par sa mère.
Il en est de même de l’auto-infestation : l'enfant se gratte l'anus, puis mange sans se laver les mains ; c'est là une des raisons de la ténacité parfois extrême de ces parasites.
C'est sur ces considérations que sera fondée la prophylaxie de l’oxyurose.
Frœhlich rapporte un cas fort intéressant de contamination : le
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voisin de lit du petit malade à l’abcès périrectal(Voy. obs. 347), qui était lui-même porteur d'un anus contre nature, présenta des Oxyures sur sa plaie; or il avait aidé plusieurs fois au pansement de son camarade. La durée nécessaire à l'éclosion des œufs aurait été de huit jours au plus (Leuckart admet quatorze jours).
Fréquence. — La fréquence réelle de ce parasite ne peut être appréciée exactement, car ses œufs, nous l’avons dit, ne se rencontrent que très exceptionnellement dans les selles, quoi qu’en disent certains auteurs. Braun écrit qu'on trouve à peine quelques œufs, assertion que Schüppler considère comme invraisemblable; selon Jaksch, on en verrait presque toujours dans les fèces des enfants âgés.
Cette rareté des œufs dans les selles tiendrait-elle à ce que la ponte ne s'effectue pas dans l'intestin? Les constatations qu'a faites A. Henry (1) sur sa propre fillette tendraient à le prouver : après chaque selle, les vers expulsés s’entouraient bientôt d'un dépôt blanchâtre, qui n’était autre qu'un amas d'œufs.
On pourra se faire une opinion approximative de la fréquence des Oxyures à Paris d'après nos examens d'appendices (Voy. Supplément).
Sur 119 appendices d'enfants de deux ans et demi à quinze ans, 58 contenaient des Oxyures ; sur 81 enfants de zéro à quinze ans, morts d’affections diverses, 33 avaient des Oxyures dans l’appendice. Étant donné que la majorité des enfants du premier groupe étaient âgés de huit à treize ans, ceux du second de zéro à quatre ans, nous pouvons réunir ces deux statistiques, ce qui nous donne comme moyenne, de zéro à quinze ans, 45,5 p. 100 d'enfants porteurs d'Oxyures.
Sans doute les Oxyures sont-ils plus répandus dans la clientèle hospitalière et dans la classe moyenne, nous dit le Dr. E. Périer ; mais il yen a pourtant, même dans les familles les plus aisées, lorsque les enfants ne sont pas parfaitement tenus; « alors ils pullulent et font le tour de la maison après la nursery » !
Age. — L'Oxyure se voit à tout âge; Heller l’a signalé chez un enfant de cinq semaines. Nous l'avons rencontré chez des nourrissons de cinq et de neuf mois.
A l'examen de 22 appendices d'enfants de zéro à deux ans,
(1) À. Henry (d’Alfort), Communication orale.
prélevés à l'autopsie, nous avons rencontré 5 fois des Oxyures : 1 garçon de huit mois en montrait un très grand nombre ; les 4 autres cas concernent des garçons âgés de seize, dix-sept, dixhuit et vingt-trois mois. Sur six enfants de deux ans, nous l’avons vu 2 fois (1 G., 1 F.).
Sexe. — Il ne paraît pas avoir d'importance, au moins chez les enfants. Les femmes sont évidemment plus exposées à être contaminées par leurs enfants.
Habitat. — L'Oxyure a été longtemps considéré comme localisé à la partie terminale du gros intestin. Or sa fréquence dans l'appendice est bien connue aujourd'hui. Nous avons trouvé l’Oxyure dans près de la moitié des cas d'appendicite chez les enfants, et dans une proportion un peu moindre dans des appendices provenant d'autopsies quelconques.
Le séjour des vers dans l’appendice rend compte des difficultés qu'on éprouve à les faire disparaître complètement. Les premiers stades de leur développement s'effectuent plus haut encore, dans l'intestin grêle. Still a trouvé des jeunes à 45 pouces au-dessus de la valvule iléo-cæcale; plusieurs fois, cet auteur a vu des adultes juste au-dessus de la valvule ; dans l’appendice, nous avons rencontré surtout des adultes.
Fixation el pénétralion des Oxyures dans la paroi intestinale. — Il est aujourd’hui hors de contesle que les Oxyures peuvent se fixer dans la paroi intestinale ; nous possédons une pièce d'appendicite tout à fait démonstrative à cet égard (Voy. Supplément, obs. 117).
Les Oxyures ont été constatés dans la paroi même d'appendices malades (Voy. Appendicite); mais ce qui montre que leur rôle pathogène est purement contingent, c'est qu'on les a observés aussi avec la plus grande évidence dans la paroi intestinale parfaitement saine (Unterberger).
Wagener, puis Edens, avaient bien vu des Oxyures enkystés dans la sous-muqueuse, au milieu d’une masse calcifiée, Mais cela n'établissait pas que ces vers eussent perforé activement l’épithélium normal, car on pourrait objecter, comme le fit Wagener lui-même, que les parasites s'étaient enfoncés dans une plaque de Peyersuppurée. Ultérieurement, Wagener découvrit un Oxyure enfoncé dans la muqueuse d'un appendice qu'il considérait
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comme normal, en dépit d'une zone d'injection vasculaire, l'examen histologique n'ayant pas été fait.
Unterberger (1908) réussit à démontrer la réalité de la pénétration des Oxyures dans la paroi intestinale tout à fait intacte. Mais, comme il Le fait remarquer, il est nécessaire, pour cette recherche, que les pièces soient fixées aussi fraîches que possible, carles parasites semblent abandonner rapidement la muqueuse après la mort de l'hôte, ainsi qu'Askanazy l’avait montré pour le Trichocéphale.
Unterberger se demande ce qui pousse le parasite à pénétrer dans la muqueuse; cette pénétration lui semble justifier l'opinion d'après laquelle il tirerait ses aliments de la paroi intestinale. « Quels sont ces aliments? je ne puis le dire en vérité; cela ne paraît pas être du sang ; il ne semble pas que ce soit de l’hémoglobine, car la réaction du fer avec le ferrocyanure de potassium et l'acide chlorhydrique fait défaut. Cela a été déjà affirmé par Askanazy » (Unterberger).
De notre côté, nous avons traité par le réactif de Meyer des Oxyures broyés ; mais, contrairement à ce que nous avions constaté avec les Ascarides, nous n’avons obtenu que des résultats négatifs.
On pourrait aussi se demander si les parasites ne pénètrent pas dans la paroi pour y effectuer leur ponte (interprétation du cas de Ruffer concernant un adulte).
Migration des Oxyures à travers la paroi intestinale. — Elle n'est fondée que sur l'interprétation donnée par Vuillemin du cas
de Frœhlich.
Trichocephalus trichiurus.
Éliologie. — L'étioiogie de la trichocéphalose est de tous points semblable à celle de l'ascaridiose. La contamination par l'eau de boisson souillée devrait être très souvent incriminée, et Guïart cite le cas de Burckart, assez significatif à cet égard : cet auteur a observé une véritable épidémie d’affections causées par le Trichocéphale dans une pension où les citernes d'eau potable communiquaient par des infiltrations avec les latrines.
Age. — Wrisberg a vu le Trichocéphale chez des enfants de deux ans. Nous ne l'avons jamais rencontré avant cet âge, Pagliara
dit l'avoir vu chez 12,5 p. 100 des enfants alimentés artificiellement, et sur 8 nourrissons de plus d’un an, à l'allaitement mixte. Baravalle en a trouvé 3 fois : dans ces cas, la contamination par l’eau souillée ne paraît pas douteuse.
Fréquence. — Cosmopolite comme les précédents, ce parasite est, dans certains pays (Voy. les Statistiques), spécialement en France, le plus fréquent. À quoi cela tient-il ? L’explication que Guiart donne de ce fait est assez plausible : médecins et mères de famille s’attaquent volontiers à l'Oxyure et à l’Ascaride ; mais le Trichocéphale passe inaperçu et peut se disséminer à loisir. Dans un pays donné, cette fréquence même est très variable ; ainsi, en ce qui concerne la Russie, le Trichocéphale est tout à fait exceptionnel en Finlande; à Varsovie, au contraire, selon Prjevosky, on le trouve dans un liers des autopsies pratiquées à l'hôpital de l’'Enfant-Jésus (Stcherbak). À Paris, Brumpt, le recherchant dans le cæcum des enfants de un à quinze ans, le découvre dans 38 p. 100 des cas. Les examens de selles établissent que la fréquence des œufs ne descend pas, chez les enfants, au-dessous de 60 p. 100, bien que Garin, à Giens, ne trouve que 30 p. 100; il y a donc désaccord entre les résultats de ces examens et ceux de la recherche directe dans le cæcum. Il serait par conséquent d’un grandintérêt de multiplier, dans les divers pays et aux divers âges, les recherches statistiques minutieuses comme celle que vient de faire Balland chez les adultes morts dans les hôpitaux de Paris (typhiques exceptés). Si, de plus, concurremment à l'inspection nécropsique des cæcums et appendices, on pratiquait l'examen microscopique des matières prélevées à la partie terminale du rectum, on aboutirait peut-être à des résultats intéressants concernant la localisation des Trichocéphales et la valeur de l'examen des selles. On verrait, en effet, si les œufs font défaut alors qu'il existe des vers dans l'intestin, et inversement s'il existe des œufs alors que le cæcum ne contient pas de vers; il conviendrait alors de chercher ceux-ci ailleurs, dans l'intestin grêle par exemple.
Habilat. — En effet, s’il est classique d'admettre que le cæcum est l'habitat presque exclusif du parasite, Guiart, à l'appui de ses idées sur la pathogénie de la fièvre typhoïde (Voy. p. 76), admet que le Trichocéphale se tient également dans l'intestin grêle. Sans doute l'y a t-on parfois constaté ; Wrisberg l’a rencontré dans le
NÉMATODES. 7 duodénum ; mais, jusqu’à plus ample informé, nous devons considérer celte localisation comme non habituelle. De nouvelles recherches s'imposent.
Le Trichocéphale se rencontre parfois dans l'appendice. Nous l'avons trouvé 1 fois sur 119 dans les appendices opérés, 6 fois sur 81 dans des appendices d’autopsie.
Enfin on peut le voir dans le côlon. On ne l'a jamais signalé dans l'estomac.
Nombre. — Les Trichocéphales sont en général peu nombreux. Cependant Moosbrugger en a compté près de 900 (442 mâles et 447 femelles), et Cima 450 (223 mâles et 227 femelles). Le seul cæcum que nous ayons examiné, au hasard d’ailleurs, contenait 28 Trichocéphales (14 mâles et 14 femelles) (1). Il s'agissait d’une fillette morte de scarlatine grave.
Fixalion du Trichocéphale sur la muqueuse intestinale. — La pénétration de la partie antérieure du Trichocéphale dans la muqueuse intestinale est un fait bien établi et facile à constater, pourvu que l'examen soit fait peu de temps après la mort.
Dans le cas unique d’appendicite où nous avons trouvé un Trichocéphale, celui-ci n'offrit aucune résistance, il est vrai, mais la tête manquait : il en est peut-être souvent ainsi.
La tête s'implante donc bien dans la muqueuse.
Mais nous ne connaissons pas d'observation où un Trichocéphale ait pénétré entièrement dans la muqueuse, comme on le voit pour les Oxyures.
Pourquoi le parasite se fixe-t-il ainsi? Sans doute pour se nourrir de sang, comme l’ont montré Askanazy, Guiart et Garin (Voy. p. 124).
Symplomalologie. — Le Trichocéphale donne assez rarement lieu à des troubles sérieux; d’autre part, ceux qu'il provoque sont souvent méconnus. Néanmoins, on voit de temps à autre des cas d’anémie trichocéphalienne, des troubles digestifs plus ou moins graves qu'on a voulu individualiser sous le nom d’entérite trichocéphalienne; des troubles nerveux auxquels Stcherbak a consacré une étude impartiale, approfondie et prolongée, qui contraste avec bien des travaux hâüfs ou tendancieux.
(1) A noter, dans ces cas, lenombre sensiblement égal des mâles et des femelles.
Cet auteur estime que le nombre des Trichocéphales a une importance considérable dans la détermination des accidents, mais il ajoute qu'il faut tenir compte aussi de l’idiosyncrasie des sujets, et peut-être également des maladies des parasites eux-mêmes (?).
Ankylostoma duodenale.
Nous n’envisagerons guère ici que celte espèce, les documents relatifs au Necalor americanus étant encore très restreints.
Contrairement à la plupart des autres parasites intestinaux, l’Ankylostome est plus rare chez l'enfant que chez l'adulte; les individus les plus exposés à la contagion, par profession, sont en effet les hommes adultes.
Quelques chiffres donnent une idée de cette rareté relative. Mathis et Léger ont observé, au Tonkin, que les enfants élaient manifestement moins parasités que les adultes (27,19 p. 100); sur 62 Européens, 9 étaient porteurs d’Ankylostomes, dont 2 enfants de six et huit ans. À Cuba, toute la population serait atteinte (Ahsford, King et Gutierrez). Arslan, enquêtant dans les provinces de Padoue et de Venise, trouve 21 enfants parasités, dont 5 de deux à cinq ans, 10 de cinq à dix ans, 6 de dix à quinze ans. Tous appartenaient à la classe pauvre ou étaient entourés de porteurs d'Ankylostomes. Gobert et Catouillard, faisant des recherches en Tunisie, ne donnent pas de chiffre spécial pour les enfants, mais ils notent que 60 p. 100 des porteurs d'Ankylostomes étaient géophages dans leur enfance. Brimont, sur 6 enfants appartenant au personnel des îles du Salut, en trouve 2 (de deux ans et demi et de douze ans) parasités. Ajoutons que Galli-Valerio a observé à Lausanne le Necator americanus chez un enfant ayant séjourné au Brésil.
L'Ankylostome est souvent associé à d’autres parasites, mais, lorsqu'il détermine des troubles de la santé, il marque sa prépondérance clinique par l’anémie.
ACANTHOCÉPHALES.
Echinorhynchus hominis.
Sous ce nom, Lambl a décrit, en 1859, un parasite qu'il avait