‹ Les vers intestinaux dans la pathologie infantileChapitre 33 sur 108 · OEDÈME · texte numérisé non relu

OEDÈME

Le gonflement de la paupière inférieure circonscrit par un demi-cercle azuré, la tuméfaction des narines, l'apparence pâle et comme œdémateuse de la lèvre supérieure sont décrits par beaucoup d'auteurs.

Wintrebert a publié un cas singulier où un œdème dur atteignant la face, les cuisses et eurtout l'abdomen, céda après l'expulsion d'Ascarides. Guermonprez considère qu'il s’agit d'un œdème réflexe. Ce fait est unique jusqu’à ce jour.

ANASARQUE.

A côté de l'œdème, nous signalerons que l’anasarque a été attribuée un certain nombre de fois aux vers. Cette lésion serait due à l'irritation des tuniques vasculaires par les toxines vermineuses, irritation qui favoriserait la transsudation séreuse, peut-être en agissant sur les centres nerveux (G. Guidi ).

4 Troubles génitaux.

Les Oxyures surtout déterminent des troubles du côlédesorganes génitaux, soit par action locale, directe ou de voisinage, soit par action réflexe.

Chez les filles, les Oxyures constituent une des causes locales qui peuvent provoquer la vulvo-vaginile catarrhale pyodermique (Dalché).

Les phénomènes inflammatoires avec écoulement leucorrhéique peuvent êtreassez violents poursimuler une infection gonococcique consécutive au viol (Spitzer).

L'onanisme est souvent la conséquence de ces accidents.

Comme phénomènes réflexes, nous ne connaissons point chez l'enfant de cas d'aménorrhée ou de dysménorrhée, de nymphomanie, d'agalactie.

Sauf l'onanisme fréquent, nous n'avons pas davantage connaissance, chez les garçons, destroubles suivants signalés chez l'homme en général et consécutifs aux démangeaisons de lamarge de l'anus: érections, rèves érotiques, pertes séminales, élancements douloureux partant de la base de la verge et se terminant à l'extrémité du gland, calmés seulement par le tiraillement incessant du prépuce.

Signalons brièvement le passage possible, mais tout accidentel, des vers intestinaux dans les voies urinaires ; il s'agit en ce cas de fistule vésico-intestinale, se présentant avec ses symptômes habituels et relevant du traitement chirurgical, accompagné de l'administration d’anthelminthiques.

On aura soin de ne pas considérer comme appartenant à celte catégorie les faits dans lesquels des Oxyures, par exemple, ont été balayés par l'urine et trouvés dans le vase.

Nous n'avons pas trouvé, concernant l'enfant, de faits analogues à ceux de Simons (Oxyures dans le canal cervical), de Vix (œufs d'Oxyures dans l'utérus), de Marro (œufs dans unkyste de la

trompe).

5° Troubles digestifs.

Ascarides.

Les auteurs sont généralement très sobres de détails sur les troubles digestifs dus aux Ascarides. Nous devons reconnaître que ces maniféstations sont souvent légères ; certains points cependant méritent quelque développement.

Nous passons d’abord sur les troubles qui se produisent lors de la migration des vers dans l'estomac: crises gastralgiques, nausées, vomissements accompagnés parfois de phénomènes nerveux.

Lorsque les vers se tiennent dans leur habitat normal, ils déterminent parfois des perturbations de l'appétit ; en général, pourtant, celui-ci reste normal. Les vomissements sont rares; toutefois nous avons vu un cas où l’on avait songé à une forme fruste de vOmis-

sements périodiques. Par contre, les troubles intestinauxs'observent plus fréquemment : constipation, plus habituelle que la diarrhée; alternatives de constipation et de diarrhée, celle-ci survenant par débacles : il n'est pas très rare de noter des selles glaireuses ou muco-membraneuses et même sanglantes; à vrai dire, ce sontlàäles signes d'une entérite muco-membraneuse qui coexiste quelquefois avec les vers, sans qu’on puisse établir de relation certaineentre les parasites et le syndrome constaté. La diarrhée peut exceptionnellement revêtir une intensité suffisante pour prendre les allures de la dysenterie, du choléra (Marini, d'Alep). Davaine cite le cas de l'enfant de du Périer, qui serait mort de dysenterie causée par les vers (Bonet, 1608).

Selon Verdun, les symptômes observés rappellent ceux des dyspepsies et des gastralgies. Cet auteur distingue des symptômes fonctionnels affectant la motilité de l'estomac: accès d’éructation, de régurgitation, spasme de l'estomac ou incontinence de ses orifices, vomissements ; d'autres consistant en déviations de la sensibilité : boulimie, anorexie, hyperesthésie ou paresthésie de la muqueuse gastrique, sentiment de poids épigastrique avec sensation pénible de ballonnement ou douleurs plus où moins vives ; d'autres encore dus aux perversions des sécrétions : hyper-, hypo-, ou anachlorhydrie.

Il s'agit là d'un groupement de symptômes qu'on rencontre rarement, mème isolés.

T'énias.

Monti écrit que, chez les porteurs de Ténias, l'appétit, quelquefois diminué, est le plus souvent normal. Bouchut à noté des faits d'appétit dévorant. Descroizilles dit que la boulimie est peu fréquente. Il est certain que la perversion de l'appétit est habituelle. L'anorexie est relativement rare (2 fois sur 15 cas observés aux Enfants-Malades); elle peut être suivie d'amaigrissement. Une fois nous notons un appétit capricieux. Mais d'ordinaire il est exagéré, voire boulimique (7 cas); un de nos petits malades, sujet aux fringales, devait emporter du pain à l’école; d'un autre, ses voisins disaient qu'il n'y avait jamais assez à manger pour lui. Enfin 5 ne présentaient aucun trouble de ce côté. Dans les

observations d'Hymenolepis nana, nous relevons l’anorexie 5 fois, avec appétit dépravé 2 fois.

Les troubles gastriques sont variables. Sur nos 15 malades, 2 avaientexclusivement présenté des nausées. Les auteurs signalent aussi des vomissements, rares, le plus souvent en rapport avec un accès de colique (Monti), des régurgitations matutinales, des spasmes de l'estomac, des digestions pénibles avec éructations et pyrosis, du hoquet, tous phénomènes qui font penser à une dyspepsie ou à une gastralgie (Verdun). Les vomissements sont notés trois fois pour l'//. nana.

Les troubles intestinaux sont inconstants: ils faisaient défaut chez 8 de nos malades; 6 étaient constipés; 1 avait de la diarrhée: les deux symptômes peuvent alterner. La diarrhée peut s'accompagner de coliques intenses; on trouve souvent alors des chaînes entières d’anneaux ou des amas muqueux contenant des œufs de Ténia (Monti). Plusieurs auteurs insistent sur les selles promptes, impérieuses (Descroizilles, Monti).Ces divers troublessontsignalés chez 14 porteurs d'H. nana.

Les vomissements de sang etles hémorragies intestinales signalés par Bouchut n'ont été constatés ni par Monti ni par les autres auteurs.

Les douleurs abdominales, qui constituent pour Davaine le symptôme le plus fréquent du Ténia, affectent tantôtle caractère de coliques, tantôt celui degastralgie; elles siègent dans les diverses parties du ventre, dans les flancs (Davaine) ; pour Monti, il s'agit d'une entéralgie passagère, localisée surtout dans la région ombilicale. Ces douleurssont parfois très vives, transcruciantes(Monti); elles ne sont accompagnées ni suivies de diarrhée (Davaine). Monti ajoule qu'elles peuvent apparaître à la suite de l’ingestion de mets salés, aromatiques ou acides, et qu'elles sont calmées par le lait, les aliments gras ou huileux. D'autres fois, il s'agit d’une simple sensation désagréable dans l'abdomen, sensation de pincement, de chatouillement, de reptation, de boule qui se déplace. Nous relevons dans nos propres observations des douleurs épigastriques (2 fois), une sensation de chatouillement épigastrique (1 fois), des douleurs abdominales généralisées, non subites, durant plus d'une heure (1 fois). Nous n'avons vu qu'une fois les douleurs revêtir les caractères que nous décrivons à la colique vermineuse.

Le méléorisme existe à un degré variable (Monti) : il serait plus intense au moment des crises entéralgiques.

Troubles hépaliques. —- Les auteurs décrivent, comme rares du reste, des troubles hépatiques accompagnant parfois les troubles gastro-intestinaux, phénomènes d'ictère, de colique hépatique, ou désordres simulant un début de cirrhose ; nous n'avons rien relevé de semblable chez l'enfant.

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