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tout à une raison sévère, condamne l'ignorance, dissipe les préjugés et les erreurs. Ils élèvent le niveau intellectuel, le sentiment moral ; par eux, l’idée divine elle-même se répand et s'exalte. »
Quelques années plus tard, en 1876, se trouvant en Italie à un congrès 1l prononça des paroles mémorables : « De tous les peuples, celui-là sera toujours le premier qui marchera le premier par les travaux de la pensée et de l'intelligence... Nous, Francais, courbés sous la douleur de Ia patrie mutilée, montrons une fois de plus que les grandes douleurs peuvent faire surgir les grandes pensées et les grandes actions. »
À la fin de sa carrière scientifique, à l’inauguration de l'Institut Pasteur, le 14 novembre 1888, songeant toujours à l'Enseignement Supérieur, il fait entendre cette belle formule : « Si cet enseignement ne convient qu'à un petit nombre, c'est de ca petit nombre, de cette élite que dépendent la prospérité, la gloire et, en dernière analyse, la supériorité d’un peuple. »
Enfin, remerciant le Gouvernement, les Pouvoirs publics et son pays tout entier, il laissa déborder son cœur : « La France nous a donné à pleines mains... La voilà donc bâtie cette grande maison. Toutes les vertus se sont cotisées pour élever cette demeure du travail... » Et il conclut par ces lignes remplies d’une noble sérénité, que l’on peut considérer comme son testament spirituel : « Deux lois contraires semblent aujourd'hui
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en lutte : une loi de sang et de mort qui, en imaginant chaque jour de nouveaux moyens de combat, oblige les peuples à être toujours prêts pour le champ de bataille ; et une loi de paix, de travail, de salut, qui ne songe qu'à délivrer l’homme des fléaux qui l’assiègent. L'une ne cherche que les conquêtes violentes, l'autre que le soulagement de l'humanité. Celle-ci met une vie humaine audessus de toutes les victoires, celle-là sacrifierait des céntaines de mille d’existences à l'ambition d’un seul. La loi dont nous sommes les instruments cherche, même à travers le carnage, à guérir les maux sanglants de cette loi de guerre. Les pansements inspirés par nos méthodes antiseptiques peuvent préserver des milliers de soldats. Laquelle de ces deux lois l’emportera sur l’autre ? Dieu seul le sait. Maïs ce que nous pouvons assurer, c’est que la science française se sera efforcée, en obéissant à cette loi d'humanité, de reculer les frontières de la vie. »
Belles et réconfortantes pensées où se trouvent unies et confondues les deux préoccupations dominantes du grand Franc-Comtois : la recherche ardente et désintéressée du vrai, le développement et la gloire de la Patrie par la Science et le haut enseignement. Science et Patrie conduisant à la paix, à la concorde, aux sentiments d’humanité.
Quand donc, Messieurs, le Parlement et les Pouvoirs publics se préoccupent d'assurer à l’'En-
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seignement Supérieur ses moyens d'existence et de développement continu ; — quand cet enseienement a l'ambition d'être comme le foyer des énergies intellectuelles du pays, le réservoir des découvertes qui se répandent par mille canaux dans toutes les parties de l’activité nationale ; — quand les Universités régionales, it en particulier celle de Besancon que vous aimez à appeler avec raison l’Université Franc-Comtoise, se préoccupe, par des réalisations méthodiques, effectives et progressives, de s'adapter aux besoins locaux et régionaux, de prendre véritablement une physionomie Franc-Comtoise ; — quand enfin les pouvoirs locaux et régionaux, et en particulier les Assemblées Electives du Jura et du Doubs, soit publiques soit privées, accordent à l’Université de Besancon encouragements et subventions — tous, sans exception, tous, Messieurs, nous sommes guidés et inspirés par une seule et même pensée : celle du Grand Pasteur.
Dans une pensée d’admiration filiale et de solidarité spirituelle, l’Université Franc-Comtoise prend l'engagement de rester toujours fidèle aux grandes directions tracées par Pasteur qui à été et sera toujours notre guide. Nous nous placons avec respect sous sa haute et puissante tutelle.
Dôle, 27 décembre 1923.
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