CONCLUSION
La pauvreté, la chasteté , l'obéissance, la charité : telles sont donc les vertus propres et caractéristiques du religieux , dont nous avons essayé de tracer le tableau.
Dans toute communauté, on peut distinguer deux sortes de religieux : ceux qui montent et ceux qui descendent , ceux qui ont le visage tourné du coté de la perfection et ceux qui l'ont tourné du côté de la porte ; et parmi ces derniers, les uns sont peut-être déjà sur le seuil et n'ont plus qu'un pas à faire pour le franchir, les autres s'y acheminent et arriveront tôt ou tard, s'ils ne se hâtent de faire volte-face. Or l'on monte ou l'on descend, l'on s'affermit ou l'on se déracine, selon qu'on s'exerce à la pratique de ces quatre vertus ou qu'on les néglige.
Un ordre religieux, c'est l'aérostat qui, pour monter dans les nues aux applaudissements de la foule qui le suit des yeux , exige ces quatre choses : la raréfaction opérée par le feu dans l'air que contenait son enveloppe \ c'est l'office
- 286 — " au vœu ûe pauvreté qui fait le Vide dans h cœur plus encore que dans les mains , et substitue aux biens terrestres le désir et la possession des biens célestes : la rupture des cables qui le retenaient ; c'est l'effet du vœu de chasteté qui , en brisant toute attache humaine , permet de prendre vers Dieu un libre et rapide essor : la présence dans la nacelle d'un pilote qui modère la force ascensionnelle, et, en entretenant le foyer , répare la déperdition insensible du gaz 5 c'est le droit que le vœu d'obéissance donne au supérieur , d'alimenter le feu sacré , de diriger le mouvement sublime de l'âme et de prévenir ses écarts : l'indissoluble connexion des tissus fragiles qui le composent; c'est ce qu'opère la charité en ne faisant de tous les membres d'une communauté qu'un cœur et qu'une âme. A ce prix , un ordre religieux s'élève et plane dans les hauteurs de la perfection; une seule de ces conditions manquant, il rampe tristement, attaché à la terre, et, désormais incapable de faire usage de ses ailes , il n'est plus pour le peuple chrétien qu'il devait édifier, qu'un sujet de scandale et de risée.
Quand arrive la défection de quelques-uns, les religieux fidèles peuvent dire avec saint
ean : «Ils sont sortis du milieu de nous, mais' : ils n'étaient pas des nôtres, car s'ils eussent : été des nôtres, ils seraient demeurés au milieu ; de nous; leur apostasie montre ce qu'ils : étaient au fond, et permet de conclure que : tous ceux qui sont au milieu de nous ne sont : pas pour cela des nôtres, » (I. Joan. h.) Is paraissaient avoir les vertus religieuses, mais n réalité l'une d'elles leur manquait, etpeutstre toutes les quatre.
Mon Dieu , ne permettez pas <jue la tiédeur m une passion indomptée fassent jamais :hanceler ma vocation. A la vie, à la mort, je eux me tenir attaché à l'ordre qui m'a accueilli it dans lequel vous m'avez dit que je trouverais e salut en procurant votre gloire. Et comme c bon grain se fortifie à mesure qu'on -arrache 'ivraie, et que le corps devient plus robuste orsqu'on le purge des mauvaises humeurs, aites couler dans mon âme la grâce et la sève [ue d'autres refusent, afin que, pratiquant plus larfaitement de jour ep jour la pauvreté , la hasteté, l'obéissance» ls charité tel redoublant L'ardeur et de zèle jusqu'au bout de la carrière, e remporte la palme promise à ceux qui ont out quitté pour vous suivre. Amau Fia.