I.F.S VICTIMES DU I.AIT
mais dont le lait est exclus. Si on est à peu prés certain d'avoir du lait passable, provenant de vaches allant à la pâture, on peut, grâce à ces précautions, obtenir de bons résultats de la cure lactée, qui permet à l'estomac de se reposer, ainsi d'ailleurs qu'aux autres viscères (intestin, foie, reins, cœur même) qui ne sont traversés ou irrigués pendant quelques jours que par des produits moins irritants, qui n'entretiendront pas l'affection que l'on cherche à combattre. Le passage du lait dans ces organes leur servira, pour ainsi dire, d'émollient, de cataplasme liquide pour combattre leur irritation ou leur inflammation parenchymateuse.
Lorsque l'on croit en toute conscienee que la cure lactée est indiquée, on a parfois bien des difficultés pour la faire accepter d'une façon exclusive en dehors de tout autre aliment, mais c'est là un point essentiel sur lequel le médecin ne doit céder en aucune façon. En demandant au malade de se mettre au lait pendant deux ou trois jours seulement, jusqu'à ce qu'il ait obtenu le résultat désiré,
et qui logiquement démontre que le lait est bien toléré, on obtiendra facilement son adhésion, et s'il faut continuer plusieurs jours le traitement lacté, jusqu'à la guérison de l'affection que l'on combat, on ne rencontrera plus autant d'appréhension ou d'hésitation qu'au début.
Conclusions.
QuiVANT les lois de la nature, le lait est sécrété <J en vue d'alimenter le jeune enfant dés sa naissance, et pendant ses premiers mois. A cet âge de la vie, l'enfant ne sait que téter pour se nourrir, et c est le seul mode de préhension de sa nourriture qu'il connaisse. Si le tout petit bébé peut boire ou manger à la cuiller, ce n'est que par l'éducation ou l'habitude que l'on lui donne et non par instinct. La bouche manquant de dents, est chez le bébé un
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oi-frane àc succion et non de niasticalion. C'est pour le lait et le lait seul que la nature a créé celte manière de manger que l'on nomme téter.
2° Comme tout aliment, ce liquide, dont la composition chimique est des plus complexes, doit subir dans la bouche un commencement de digestion indispensable à la série normale et régulière des transformations chimico-biologiques qu'il subira dans le reste du tube digestit après sa déglutition. N'étant pas une boisson quelconque, il doit être mangé ou tété pour être digéré normalement. Si on le boit comme tout autre liquide (e'au, vin, tisane), on risque d'avoir de grands mécomptes.
3° Produit fermentescible au premier degré, le lait se charge trop facilement de germes pathogènes ou s'altère et se décompose si aisément, qu'il est sage de savoir s'en méirer et de bien connaître les méfaits dont il peut être capable dans notre organisme.
4° Le lait naturel, dit de la Belle Étoile, n'existe plus, ou au moins devient de plus en plus rare; celui que l'on trouve dans le commerce, surtout dans les
villes du Nord de la France, s'éloigne de plus en plus du lait naturel, à cause de la suralimentation que l'on donne aux vaches, dans le but d'avoir du lait toujours plus crémeux, La demande devenant tous les Jours supérieure à l'offre dans cette industrie du lait, la mauvaise qualité de ce liquide est en rapport avec l'enthousiasme des médecins et des malades pour le régime lacté.
5° Le régime lacté ne peut être en aucune façon. comparé à un autre régime (végétarien, azoté, etc.), par suite des conditions tout à fait spéciales et obligées auxquelles on doit se soumettre quand on foit usage du lait exclusivement. Ces régies et ces conditions d'administration du lait ne sont pas à la portée de tous, et ne peuvent être conseillées qu'avec beaucoup de précautions, au point qu'elles ne constituent plus dans leur ensemble une alimentation ou régime, mais bien une médication spéciale que l'on peut appeler : cure lactée.
6° Apprenons à nos malades à se méfier du lait et au besoin à savoir s'en servir, et nous aurons
fait œuvre utile à la société et à l'humanité souffrante.
70 Ne voyons pas toujours dans nos maladies, l'œuvre malfaisante et désorganisatrice des microbes du monde extérieur, mais rappelons-nous que notre organisme est lui-même, par suite des fermentations successives, une fabrique de microbes et de produits infectieux, s'il reçoit les éléments nécessaires à cette fabrication.
8° Les fanatiques du lait le considèrent comme une panacée universelle, un aliment complet , un contre-poison dans certains cas, un diurétique dans certaines maladies, mais ils n'oublient qu'une chose, c'est que pour avoir toutes ces qualités il ne faut pas qu'il subisse d'à-coups dans ses transformations successives qui constituent sa digestion normale, et continue depuis les lèvres jusqu'au rectum.
90 Les microbes étrangers que le lait non stérilisé peut contenir, n'auront pas le temps de pulluler dans le tube digestif, si la digestion est normale
dans toutes ses phases. L'infection d'origine digestive, source puissante d'auto-intoxication, ne se fera que très difficilement elle-même , s'il ne survient aucun arrêt, aucune stagnation dans un point quelconque du tube digestif.
10° Prévenons nos malades qu'il ne faut pas qu'ils absorbent à tort et à travers le lait, même privé de microbes, soit avec des aliments divers, soit avec des médicaments ; car absorbé ainsi sans méthode et sans précautions, il est capable de faire naître les plus grands désordres organiques, ou bien il peut annihiler toute thérapeutique ou toute médication des plus sages et des plus raisonnées.
11° Pour les bébés chez qui nous ne pouvons avoir recours qu'au lait pour leur nourriture, méfions-nous sérieusement du lait plutôt que d'avoir à combattre ses méfaits, dans un organisme aussi débile fait pour le lait, il est vrai, mais pour le lait de femme et non pour celui que l'on trouve aujourd'hui dans le commerce.
12° Les jeunes mères prévenues par leur médecin, n'auront jamais à regretter d'avoir été trop prudentes dans les services qu'elles attendent du lait si elles obéissent et se conforment avix volontés de la nature.
Bibliographie.
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Revue des iualadies de l'eujaiu-e.
Re^'ue des Hôpiiaux.
Abeille luédicale.
Indépeudauee niédieale.