I.F.S VICTIMES DU LAIT
eau d'orge, eau de riz, infusion de tilleul on de camomille légère. Au bout de deux ou trois jours il est bien rare que nous n'obtenions pas des selles normales, aussi bien comme coloration que comme consistance et odeur.
Nous calmons le flux intestinal et les tranchées non par des potions de bismuth, mais par un Jukp diacodé, additionné de quelques gouttes (5 à 20 suivant l'âge) d'élixir parégorique à base d'anis, de camphre et d'opium.
Nous évitons le plus possible les préparations an bismuth, parce que ce médicament arrête momentanément la diarrhée, sans éliminer les produits de la fermentation putride, quand toutefois il arrive à arrêter le flux diarrhéique. En outre, ses molécules, semblables à des parcelles de plâtre, s'agglutiner.t avec les mucosités et les glaires intestinales, les concrètcnt et augmentent ultérieurement l'irritation de l'intestin. C'est un antiseptique excellent, dira-t-on, tous les grands maîtres le prescrivent! Cela est possible, dans tous les cas
nous avons eu rarement à nous louer de ses services.
Sur le ventre, nous faisons appliquer de la flanelle chaude ou de l'ouate avec de l'huile opiacée, pas de cataplasme qui entretient le flux intestinal.
S'il y a de la tendance au refroidissement des extrémités comme dans les cas de choléra infantile, c'est par des enveloppements ouatés et des frictions sèches, que nous le combattons, tout en conseillant quelques cuillerées d'infusion chaude d'un bon café.
Enfin, si la muqueuse rectale est enflammée, nous revenons volontiers à l'antique lavement d'eau d'amidon cuit, non pas pour arrêter court le flux diarrhéique, mais pour diminuer la sensibilité de cette région rougie et enflammée par le passage des liquides acres et acides de la diarrhée. Semblable aux furoncles des ailes du nez qui font pleurer abondamment en provoquant la sécrétion lacrymale, l'irritation de cette partie de l'intestin provoque de la diarrhée , du téiïesme très fatigant ou au moins des besoins incessants, faux ou vrais, d'évacuer.
LES VICTIMP.S nu LAIT
Quand tous les phénomènes inflammatoires ou il riiatifs sont calmés, nous avons recours aux évacuants : la maonésie calcinée dans les cas bénins ou, au début, le calomel à faibles doses répétées trois fois (de 2 à lo centigrammes par paquet, suivant l'âge, donnés toutes les demi-heures jusqu'à évacuations plus complètes et plus odorantes, que ce qui existait avant notre première visite). Nous évitons toujours l'huile de ricin, qui agit beaucoup sur la muqueuse rectale en la boursoufflant et en augmentant le ténesme si douloureux pour les bébés.
Cure lactée.
COMME nous l'avons dit à maintes reprises, la diète lactée, qui n'est pas une diète à proprement parler, c'est-à-dire une abstinence, peut, alors même que le lait est parfaitement indiqué comme médication curative, occasionner de réels mécomptes si on n'y prend garde.
Dans les cas de gastrite rebelle à tout traitement, à tout régime hygiénique, dans les cas d'ictère avec congestion hépatique, dans les cas de néphrite
albnminurique, d'endocardite aiguë, ou de surexcitation cardiaque, et dans quelques rares maladies encore à température non exagérée, le la;t est absolument indiqué. Il y a lieu alors de le conseiller non pas comme diète ou comme régime pendant des semaines ou des mois entiers, mais comme médication toute spéciale pendant quelques jours seulement (huit à neuf au maximum).
La cure lactée consiste à prescrire au malade de ne prendre que du lait et rien que du lait, pendant quelques jours avec certaines précautions indispensables au succès de la méthode.
///(/;// loiilcs les trois heures absorber leulcinoil, en liilaiil à l'aide d'un chalumeau, une dose de lait de 200 grammes e)ivirou, lail froid, écrémé, non bouilli, aéré, salé ou aromalisé an besoin ; et tout cela, à l'exclusion pendant le temps voulu (trois jours an moins) de tout autre aliment on boiison. Dans l'intervalle des prises de lait, si on a soif, boire des tisanes anodines, on de Veau pure filtrée pour se laver la bouche au besoin .
1° Absorber toutes les trois heures (2 h. 1/2 au moins) une dose de lait. Ce laps de temps est en effet nécessaire pour la digestion complète du lait dans l'estomac et pour que toute la masse lactée ch3'mifiée soit passée à travers le pylore n'ayant laissé aucun reliquat capable de pouvoir faire tourner la dose suivante :
La dose moj'enne sera environ pour un adulte de 200 à 250 grammes, c'est-à-dire un 1/4 de litre.
Souvent nous nous trouvons bien de conseiller alternativement un grand bol, un petit, un grand, etc., pour éviter la distension toujours la même de l'estomac et surtout la chute ou mieux la pesée exercée sur ses fibres musculaires ou sur ses moyens d'attache avec les organes voisins (œsophage, épiploon gastro-hépatique, par exemple).
Par ce moyen, on évite les tiraillements des nerfs de la muqueuse, qui n'est pas chaque fois distendue jusqu'à son maximum.
2" L'absorption doit être fliite lentement. Nous recommandons de mettre toujours de quinze à
viCTiMP.s nu lait
vingt minutes au moins pour cliaque dose, chcrclier à se rnpprocliei- du temps que l'on mettrait à manger à l'aide d'une cuiller à café une crème glacée du même volume que la dose de lait et que l'on réchaufle dans la bouche avant d'avaler.
Le lait sera absorbé en buvant à l'aide d'un chalumeau, pour se rapprocher le plus possible du téter des bébés.
A défaut de fétu de paille, on peut prendre à cet usage un tube de macaroni, une queue de pipe, un tube de caoutchouc pour les malades alités. Celte recommandation a une importance capitale à nos yeux, car, par ce moyen, le lait séjourne un temps appréciable dans la bouche où il se réchauffe et se pénétre de salive, bien peu, il est vrai, mais beaucoup plus uéanmoins que lorsqu'on le boit au verre. L'effort d'aspiration aide à cette digestion buccale par la sécrétion salivaire qui se produit. 4° Le lait est pris froid.
Ce sera la bouche qui doit l'amener à la température du corps et non pas l'estomac, dont la mu-
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queusc est généralement irritable dans les cas de cure lactée. Par ce moyen, on évitera les coliques dues à un liquide trop froid ou les bouffées de chaleur consécutives à l'absorption d'un liquide très chaud et qui montent à la Hice après la déglutition d'un aliment gras liquide chaud (bouillon gras par exemple). Cette élévation de température, qui se fait dans la bouche, ne va pas sans une sécrétion plus abondante de ferment salivaire, ce qui diminuera encore la fatigue de la digestion gastrique.
5° Le lait sera écrémé, aéré et légèrement salé.
Nous demandons l'écrémage du lait, pour' toutes les raisons que nous avons exposées au cours de cette étude sur l'abus du lait et sur lesquelles nous ne reviendrons pas. Quand nous conseillons la cure lactée, c'est que nous avons affaire à des estomacs malades ou doués d'un pouvoir digestif momentanément affaibli.
A l'aide du chalumeau on peut aisément écrémer le lait en aspirant les couches inférieures qui con-
Lies VlCTIMl'S DU I.AIT
tiennent moins de crème et en s'arrêtant avant que le bol soit vide. L'aération qui s'obtient en le battant comme des œufs à la neige, facilite la division de la masse intime du lait qui se trouve plus dissociée par les bulles d'air qui séparent les globules de beurre. Ce lait mousseux rappelle le lait sortant du pis de la vache et que bien des personnes trouvent délicieux. Par cette aération, si le lait était prêt à tourner on s'en apercevrait immédiatement et on le remplacerait aussitôt.
Une petite pincée de sel aidera à la digestion buccale d'abord, par la sécrétion salivaire plus excitée par du sel que par du sucre, et ensuite à la digestion gastrique par la formation d'acide chlorhydrique dû à la décomposition du chlorure de sodium.
Aux nourrissons élevés au biberon, nous conseillons toujours de leur saler leur lait au lieu de le leur sucrer et nous n'avons jamais eu à regretter d'avoir donné ce conseil. Le sel dans le lait empêche les aigreurs et les acidités de l'estomac beaucoup [dus que le sucre.
6" Le lait sera pris cru ; si on a des doutes sur la vache laitière, il pourra être stérilisé ou mieux peptonisé. Mais nous préférons le lait naturel, à peine chauffé jusqu'à 60° ou 70° pour faciliter l'écrémage et détruire les germes pathogènes qui peuvent être tombés dans le lait depuis la traite jusqu'au moment de l'absorption.
70 Pour les personnes qui détestent le lait, à cause de son odeur ou de sa saveur, on peut conseiller de l'aromatiser légèrement, soit par de l'eau de fleurs d'oranger, soit par quelques cuillerées de café ou de thé, mais jamais par de l'alcool, cognac, rhum ou kirsch, surtout si nous avons affaire à des dyspeptiques ou des albuminuriques. Nous préférons, si un bol de lait semble lourd à l'estomac, conseiller après le bol, un demi-verre à liqueur de ces liquides pour aider à la digestion, mais pas en même temps, ou bien encore un peu de café noir.
8° Pour éviter la prise en masse du caséum malgré toutes ces précautions, nous conseillons
souvent de croquer entre deux tutées, une biscotte, un biscuit sec ou une croûte de pain grillée sans beurre. Les parcelles solides de la biscotte, mélangées au coagulum, en aident la dissociation, et par suite la digestion, sans demander de la part de l'estomac un travail chimique plus riche en acide que pour le lait.
9° Lorsque nous avons affliire à des dyspeptiques qui sont ceux à qui la cure lactée est la plus indiquée, et à qui on doit conseiller d'y revenir de temps en temps, tous les quatre ou cinq mois environ, nous nous trouvons bien de conseiller, tous les deux bols de lait, soit une pincée de magnésie calcinée comme laxatif et antiseptique, soit une petite quantité de poudre digestive à base de pepsine, pancréatine et magnésie.
10° Enfin, il faut à tout prix veiller à la constipation et recommander au malade de ne pas avoir peur de prendre tous les matins, un quart de lavement froid pour aider aux contractions vermiculaires de l'intestin, ou à défaut de lavement, ce qui n'est
pas toujours accepte facilement, de se servir des suppositoires à la g]3-cérine, ou de petites pilules purgatives anodines de cascara ou de podophyllin. La constipation consécutive à la cure lactée étant des plus opiniâtres, nous oserons dire, des plus dangereuses^ il est indispensable d'insister sur cette question auprès du malade, d'autant plus que la cure lactée prendra logiquement fin lorsque les selles auront l'aspect jaunâtre d'œufs brouillés, que l'on a chez les bébés bien portants qui tettent. Cette coloration caractéristique arrive au bout de deux ou trois jours généralement, alors le malade pourra reprendre avec prudence une alimentation plus riche et plus azotée sans cependant passer brusquement aux mets les plus indigestes.
Quand le malade se trouve bien de sa cure lactée, nous la lui conseillons encore pendant quelques jours (8 à lo), mais seulement dans la matinée, afin d'éviter l'affaiblissement général qui pourrait survenir en ne se nourrissant que de lait. Au repas du midi et du soir, on reprend une alimentation légère,