CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES 8l
à une petite chambre d'enfant, bien aérée, commun! quant avec la salle à manger et une cuisine vitrée.
Dès notre première visite, notre odorat fut péniblement impressionné par les odeurs du corridor donnant sur le cabinet. Ce cabinet à valve libre sans eau, dont l’aération devait se faire à la partie supérieure par un vasistas donnant sur une petite courette couverte et par une cheminée d’appel, de diamètre ridicule, mal installée et à tuyau perforé, n’était ventilé en réalité que par le corridor de l’appartement, la cage d’escalier, la cheminée ou les fenêtres de la chambre à coucher et de la salle à manger.
En même temps que mon confrère, le médecin traitant du premier et moi, nous signalions ces trois cas de fièvre typhoïde au bureau municipal d’hygiène qui avertissait la Commission des logements insalubres, nous commençions, pièce par pièce, une enquête dans la maison occupée par nos clients.
Disons de suite que le deuxième corps de bâtiment où se trouvaient ces trois malades, absolument neuf, n’ayant jamais été occupé par aucun typhique, communique avec l’aile antérieure de la maison principale par une grande cour pavée, avec trottoir bitumé, admirablement entretenue ; disons également que l’écoulement à l’égout se fait par deux drains distincts, l’un, celui du
premier corps, conduit directement à un égout public de grand diamètre, l’autre, à un égout particulier traversant la petite ruelle donnant sous les fenêtres de la chambre à coucher des époux M..., qui vient se brancher à i 5 o mètres de là, sur la canalisation publique.
Dans ce deuxième corps de logis, les cabinets d’appartement, à valve libre, sans eau, sont situés l’un audessus de l’autre aux deux étages : la colonne de chute est étanche, sans fuite ; elle est prolongée au-dessus de la toiture par un tuyau d’évent, étranglé à la hauteur du cabinet des époux M... : sa partie inférieure traversant un magasin et un sous-sol, aboutit à un drain neuf, parfaitement établi, avec siphon rectangulaire avant l’éjecteur et regards d’inspection de distance en distance. La pente de ce drain est à très peu près la pente exigée par les règlements municipaux, mais il n’est guère lavé que par les eaux des éviers, les eaux de pluie ou les rares seaux d’eau que les locataires veulent bien jeter dans les closets, aussi ce drain est-il, au moment de notre inspection, engorgé par des matières pâteuses et des cartonnages provenant des papiers des cabinets. Ajoutons que les éviers, communiquant avec le drain de la maison parle tuyau de décharge des eaux ménagères, et munis de bondes siphoïdes, généralement ouvertes — ce qui augmente l’infection du