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CHAPITRE PREMIER

douter. Quoi qu’il en soit, depuis de longues années on désignait sous le nom de miasme typhoïde un poison morbide humain, transmissible par diffusion, c’està-dire un poison qui, régénéré par l’individu affecté, allait plus ou moins loin contaminer les autres hommes par émanation, par l'intermédiaire de l’air. Aujourd’hui encore, cette étiologie n’est pas rejetée par tous les médecins, mais on tend à lui substituer avec trop d’exclusivisme, peut-être, la théorie de l'infection par l’eau.

Certains épidémiologistes, pour tout concilier, avaient même admis que la fièvre typhoïde pouvait se créer de toutes pièces, par les simples émanations de Fégout ou de la fosse d’aisances : pour ces derniers, la fièvre typhoïde rentrait dans les toxémies ou toxycohémies c’est-à-dire dans les empoisonnements par des gaz méphitiques, analogues à l’empoisonnement par l’oxyde de carbone, le gaz carbonique, etc. Il a fallu les récentes acquisitions de la bactériologie, pour nous fixer sur l’histoire naturelle, sur la biologie, sur les modes de reproduction de ce miasme typhoïde qui n’est autre chose qu’un infiniment petit dont la vitalité rappelle celle des animaux ressuscitants.

On sait aujourd’hui que ce bacille, est susceptible de se propager d’un individu malade à des personnes saines.

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non seulement par l’intermédiaire de l’eau (99 fois sur 100 d’après certains auteurs tels que MM. Brouardel et Barth) mais aussi par l’air, par les émanations, ou par diffusion dans l’atmosphère, dans l’air ambiant, des germes spéciaux provenant d’individus malades, respirés ou déglutis par des personnes saines.

La possibilité de la contagion de la fièvre typhoïde par l'air humide, pollué par des germes typhiques, — peut-être moins restreinte qu’on ne l’admet généralement (1) — est admise par tous les auteurs, cependant, si on en citait des exemples probables, incontestables, le critérium, c’est-à-dire l’examen bactériologique, a manqué jusqu’alors. A côté des faits rapportés par M. le professeur Bouchard, le 12 septembre 1877, au Congrès Médical International de Genève, il faut compter avec les faits de Gielt (2), de Budd, ( 3 ) de Liebermeister (4), de Murchison ( 5 ) qui ont pris rang dans la

(î) C’est une question que nous nous proposons d’étudier pour Nancy, en mettant à profit les matériaux malheureusement incomplets du Bureau d’hygiène et ceux de la Commission des logements insalubres.

( 2 ) Epidémie d’Ulm.

(3) Épidémie du couvent du Bon Pasteur.

: (4) Cas intérieur de l’hôpital de Bâle.

( 5 ) La fièvre typhoïde, traduction française. Paris 1878., p. 67 et suivantes : épidémies dans l’école des garçons attachée à la maison de charité de Colchester ; épidémie de Windsor, etc.

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