CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES i3y
science et avec les observations plus récentes des médecins de Bruxelles, de M. le D r Siegfried au Hâvre, finalement avec le fait de M. le D r Devalz à Pau et avec ceux de M. Landouzy, que M. le professeur Brouardel s’est chargé d’exposer au sixième Congrès International d’hygiène et de démographie, à Vienne, dans sa remarquable conférence sur les * modes de propagation de la fièvre typhoïde ».
Toutes ces observations successives établissant la présence du contage typhoïdique dans l’air donnent à la contagion de la fièvre typhoïde par la voie atmosphérique une consécration théorique évidente, que des faits de contamination par les cabinets mal installés, dans les villes où est pratiqué le tout à l’égout, avec 1 recherches bactériologiques, pourront démontrer scientifiquement.
Pour que le bacille de la fièvre typhoïde soit transmissible par l’intermédiaire de l’air, par les cabinets d’aisances, il faut que produit par un malade et jeté avec les selles dans le tuyau de chute ou dans l’égout, il puisse quitter l’un ou l’autre, être respiré ou dégluti par une personne saine qui devient malade à son tour.
Mais, dira-t-on, s’il en est ainsi, les cas de fièvre typhoïde par voie atmosphérique, dans les maisons à cabinets insalubres des grandes villes où l’on prati-
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que le tout à l’égout, doivent être plus fréquents qu’on ne le pense généralement.
A cette question nous répondrions affirmativement si nous osions invoquer notre expérience, basée sur les deux cas précédemment rapportés ; à son défaut, nous ferons appel à ce fait local que les bulletins hebdomadaires de statistique démographique et médicale du Bureau municipal d’hygiène de notre ville ont plus d’une fois, mis en lumière. Chaque fois qu’une épidémie de fièvre typhoïde a sévi dans un groupe de maisons, chaque fois dans un but d’assainissement, la municipalité a prescrit de violentes chasses d’eau, par barrages ou par jets à la lance dans l’égout public ou dans les branchements particuliers des maisons; chaque fois aussi on a vu la fièvre typhoïde se propager du quartier haut dans le quartier bas, des maisons affectées aux maisons saines et, sans nul doute, par le refoulement brusque de l’air humide de l’égout, chargé de microbes, dans les habitations à cabinets mal installés. Ce fait est malheureusement passé ici à l'état de vérité, à tel point qu’il y a quelques mois, dans une conversation particulière entre médecins municipaux, l’un de nous n’a pas craint d’affirmer, avec une certaine pointe d’ironie, que chaque fois que les médecins de Nancy désireraient une épidémie, ils n’auraient