‹ Les vidanges et les eaux ménagèresChapitre 49 sur 99 · CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES

siphon hydraulique sur l’expérience de Graham, se sont bien gardés de renoncer au flacon laveur pour débarrasser de leurs impuretés les gaz qui servent à leurs expériences de cours ou de laboratoire.

Les gaz de l’égout public ou particulier peuvent passer à travers la garde, d’eau du siphon et pénétrer dans nos habitations, mais ils n’ont d’action nocive sur l’homme qu’à un certain degré de concentration : quant au passage des microbes * leurs compagnons fidèles », quant au passage du bacille de la fièvre typhoïde, voire ■même probablement d’autres maladies infectio-contagieuses, de ces infiniment petits qui peuvent venir surprendre l’homme en santé, à travers une couche d’eau de plusieurs centimètres, c’est une autre question, •connexe de la première peut-être, mais en tout cas qu’il ne faut pas confondre, et qu’on ne pourra résoudre d’ailleurs que par des faits précis et par des expériences nombreuses.

C’est dans le but d’élucider cette question, si contro- • versée, de l’utilité du siphon hydraulique au point de vue prophylactique, que nous avions forcé l’air des cabinets à traverser non plus l’aéroscope,, mais un tube •à boules de Liebig, rempli d’eau distillée, qui a servi ensuite aux expériences négatives de pathologie expérimentale précédemment mentionnées.

Après avoir forcé l’air des cabinets des deux maisons suspectes, à traverser lentement et successivement, pendant plusieurs heures, trois petits tubes en U, formant siphon, à moitié remplis d’eau distillée et placés les uns à la suite des autres, les liquides ont été recueillis et soumis à l’examen de M. le Professeur d’hygiène qui nous a remis les résultats suivants : dans les deux premières eaux de barbotage, au milieu des germes nombreux et variés de la putréfaction déposés par le lavage de l’air, M. Poincaré a reconnu la présence de bâtonnets colorés par la fuchsine et par le bleu de méthylène, rappelant par leurs caractères ceux du bacille d’Eberth. L’examen bactériologique de l’eau du troisième siphon, malgré des recherches nombreuses et réitérées, n’a fourni aucun résultat précis au point de vue du bacille typhique, mais les germes multiples de la putréfaction y étaient tout aussi abondants que dans les deux eaux précédentes.

Ces expériences, que nous avons le regret de n’avoir pu multiplier, tendraient à prouver que, dans les conditions ordinaires d’installation du siphon hydraulique, l’air ou les gaz de l’égoût peuvent traverser la garde d’eau d’un siphon et entraîner des microbes, des bacilles pathogènes, capables de reproduire la fièvre typhoïde, le choléra, le croup, la dysenterie, s’ils

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