‹ Les vidanges et les eaux ménagèresChapitre 48 sur 99 · CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES l3ç · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES l3ç

qu’à demander à la municipalité des chasses d’eau dans les maisons contaminées, pour voir la fièvre typhoïde se propager dans le sens indiqué. L’expérience en a été répétée plusieurs fois, et c’est pour nous un devoir de citer le fait, sans plus amples commentaires. Mais ce n’est pas le tout à l’égout qu’il faut incriminer à Nancy : ce sont les obturations défectueuses des branchements particuliers, des tuyaux de chute des vidanges et de déversement des eaux ménagères dans les habitations, qu’il faut assurer; c’est aux installations insalubres des cabinets et des éviers qu’il faut faire une guerre acharnée, une guerre sans merci.

Une petite nappe d’eau, de quelques centimètres, interposée dans un siphon entre le tuyau de chute et la cuvette du water-closet, peut-elle suffire pour éviter cette propagation atmosphérique de la fièvre typhoïde?

Là est toute la question de l’assainissement intérieur des habitations au point de vue des vidanges.

Les avis sont bien partagés, il faut l’avouer, et on est encore loin de s’entendre avec les adversaires convaincus du tout à l’égout, sur cette question de prophylaxie et d’hygiène publiques.

Sans vouloir nous appesantir sur une question que la Société de Médecine Publique de Paris a longuement étudiée, il nous faut constater que si certains hygié-

nistes ont proclamé « inutile et illusoire » l’obturation siphoïde hydraulique des cabinets d’aisances « parce que l’humidité, qui fait partie intégrante des égouts y immobilise le microbe avec autant de succès que la nappe d’eau souterraine, dans les couches les plus superficielles du sol » ; (1) d’autres, au contraire, beaucoup moins hostiles, ont reconnu l’utilité et la nécessité du siphon hydraulique dont l’eau « cueillait * les microbes, sans retenir les gaz ; d’autres, enfin, — les irréconciliables probablement — se fondant sur une expérience de Graham sont allés plus loin encore, affirmant que les microbes et les gaz pouvaient passer ensemble à travers la garde d’eau du siphon hydraulique.

Nous ne nous refusons pas à admettre ce fait de Graham (2) que le siphon hydraulique laisse toujours passer des gaz ; mais entre le reflux des gaz de l’égout, du canal particulier, du tuyau de chute, et la pénétration des microbes dans l’habitation, il faut savoir distinguer, et nous sommes bien persuadé que les savants hygiénistes qui ont étayé leur théorie de l’inutilité du

(1) Consulter à ce sujet les Revues critiques que le regretté Zuber a consacré à « l’influence pathogénique des gaz d’égout » in Revue d'hygiène et de police sanitaire, 1882, et 2» articles, p. 410 et suivantes.

(2) In Congrès des sciences à Glasgow en 1872.

Page 1